Le CEP a validé la candidature de Martelly.
Ce qui veut dire que cet organisme officiel
l’a jugé digne de devenir chef d’Etat
au cas où il sortirait gagnant des joutes électorales.
Les soit-disant gens de bien s’en prennent à Martelly
parce qu'ils ne s'attendaient pas à que cette candidature soit pour de vrai.
Mais, encore une fois, qui a autorisé Martelly à faire partie de la course ?
Le CEP (Conseil électoral provisoire)
Ces gens du CEP auraient pu juger que,
compte tenu de son passé, de l'image qu'il diffusait sur scène ,
de ses propos sur la drogue, il n'était pas admissible
pour représenter la nation haïtienne.
Cela n'a pas été le cas.
Existe-t-il ce qu'on appelle une enquête de moralité en Haïti ?
Qui permettrait d'autoriser ou de refuser la candidature d'un quidam
à la présidence, à des postes dans le gouvernement,
au sein des assemblées, dans la fonction publique ?
Mainifestement non.
Parce que si c’était le cas, ce serait au moins la moitié du personnel de l’Etat qui serait envoyé en vacances pour une période illimitée, c'est-à-dire, à vie.
Youri Latortue, Beauplan, Rébu et consorts qui sont avec Mme Manigat, sont-ils plus "propres" que Sweet Micky ?
Et selon quels critères ?
Micky, l’artiste était le chouchou de ces messieurs et dames, ses frasques,
sa grivoiserie, ses provocations à connotations sexuelles ravissaient tout ce monde
qui, en cachette, fort souvent, ont des mœurs bien plus dépravées
que celles que l'on prête.
à Sweet Micky, qui à ce que je sache n’est pas pédophile.
Et que je sache ses amitiés avec les macoutes,
les gros chefs du Fraph,
d'autres personnes qui sont
du côté de Manigat les ont également partagées.
Ce n'est pas sous Gérard Latortue
grand ami des Manigat
que Jodel Chamblain a été lavé de toutes accusations
pour le meurtre de Izméry ?
Voici que Martelly, le candidat n'est soudain plus
ce charmant jeune homme avec lequel on prenait du bon temps
mais une bête à abattre.
A les entendre, ils auraient préféré un Chamblain ou un feu Ravix Rémissainthe
ou un Michel François.
L’artiste qui comptait justement Michel François
et les tortionnaires du Fraph parmi ses copains et
qui faisait danser tout ce beau monde au "Garage,"
une boite de nuit réservée à ces gens-là,
sur la Route des frères
à Port-au-Prince
est devenu soudain infréquentable
par ses anciens frères des soirées de fêtes.
La droite « s’enrage » (copyright l’homme qui regarde le doigt quand on lui montre la lune. »)
de se voir représenter par un de ses rejetons mal famé.
Parce que d’où vient Sweet Micky ?
Si ce n’est précisément de cette école
Jean-Claudiste, où les jeunes loups, les Chanoine, Achille, Estimé,
menaient grand train de vie,
où la classe moyenne prostituaient leurs fils et filles pour approcher les princes du pouvoir,
où les élites commerçantes et intellectuelles
étaient à tu et à toi avec les militaro/macoutes/duvaliéristes
où l’argent de l’Etat était volé par ces mêmes élites
serré dans des banques étrangères
ou partait en l’achat de grandes demeures à l’étranger.
C’était bamboche dictatoriale 7 jours sur 7
Konpa whisky et champagne sept jours sur 7
Pendant ce même temps, le peuple, la mort dans l’âme,
fuyait par tous les moyens de locomotion possibles,
l’eldorado exclusif, la "perle des Antilles" de ces messieurs et dames
formatés à exploiter, mépriser et violenter
par leur gourou Duvalier François
qui s'auto-proclament "gens de bien".
Sweet Micky n’est rien d’autre qu’un héritier du duvaliérisme,
du père et du fils,
et naturellement, de par cette affiliation,
un partisan des putschistes, un Gnbiste.
Itinéraire logique.
Il a pris sa carte de macoute à 16 ans, dit-on.
A l’époque ce document était un sauf-conduit
pour s’approcher des sphères du pouvoir.
Et puis, une fois qu’on y est, on fait des rencontres,
on a des connaissances
qui vous éduquent aux manières de ce monde-là.
Et si on est disponible et pas trop con
on comprend vite qui sont les"sauvés"
et qui sont les"damnés"
Sweet Micky a été un bon élève de l’école du monde à l’envers.
Et voici que les profs veulent faire la morale maintenant à ce bon élève
qui a trop bien suivi leur enseignement.
Mais attention !
Sweet Micky, comme Préval d'ailleurs,
connait suffisamment bien ces donneurs de leçons
pour ne pas s'en laisser conter.
Sweet Micky n’est que le fils et/ou le frère de ces gens-là,
qui se retrouvent face à leur propre fabrication.
Et cette image d'eux-mêmes,
soigneusement dissimulée à l’intérieur de belles demeures,
derrière les hautes grilles,
maintenant dévoilée au public leur paraît
un outrage fait à leur duplicité.
Ils « s’enragent » d’être mis à nus
par une de leurs créatures.
Sweet Micky me fait penser au personnage principal
du roman de Kettly Mars
"L'heure hybride"
dont l'action se déroule
pendant cette période du "Jean Claudisme" triomphant.
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