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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Martelly,ses vrais/faux passeports. Etc. 2 articles sur le sujet.

Publié par siel sur 20 Mars 2012, 11:30am

Catégories : #AYITI ROSE RAKET

 

 

 

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1er article

"Martelly n’a pas le choix : faire son mea culpa au peuple et au parlement et attendre..’’, dixit Danton Léger

Emission de Jean Monard Metellus

 

Le député de Léogane qui avait présidé la commission d’enquête sur l’arrestation du député Arnel Bélizaire et qui est sur le point de remettre son rapport à son assemblée a conclu à l’entière responsabilité du chef de l’Etat dans cette affaire (il est celui qui avait ordonné que le parlementaire soit arrêté).

 

Me Danton Léger, sur le dossier de la double nationalité supposée du président Martelly, croit que la commission sénatoriale doit rapidement conclure son enquête et transférer l’affaire devant la Chambre des députés si nécessaire qui pourra prononcer la mise en accusation avant que le sénat ne reprenne charge pour le juger et éventuellement le destituer. « Je ne suis pas d’accord avec ceux qui pensent qu’il faut étouffer l’affaire ; cependant, l’on peut toujours éviter tout ça si le chef de l’Etat fait preuve de grandeur d’âme pour confesser son mal, si mal il y a eu, et attendre le pardon de la nation et du parlement ».


Le parlementaire a poursuivi en argumentant qu’il est pour toute formule de compromis dans cette affaire mais, s’oppose à toute compromission. Le Dr Dunois Eric Cantave qui estime que le show du 8 Mars dernier au palais national a compliqué la crise au lieu de la résoudre conseille au chef de l’Etat de s’asseoir sans intermédiaire avec les parlementaires pour vider son sac et dire vraiment toute la vérité. En aucun cas, l’on ne saurait accepter qu’un étranger s’asseye au palais national et continue à engager l’Etat. « A mon humble avis, il n’est pas normal que les sénateurs planchent sur le dossier de la ratification du premier ministre désigné (Laurent Lamothe) avant le dénouement de la crise sur la nationalité du chef de l’Etat », dit encore le Dr Cantave. Me Léger s’est opposé à cette idée arguant que les deux dossiers peuvent suivre leur cours normal et que la République ne peut être bloquée pour cette seule affaire.

 

Très acide, comme à son habitude, le juriste André Michel qui devra ce lundi être entendu par un conseil de sage du barreau de Port-au-Prince sur une plainte pour diffamation du président de la République portée devant ses instances a fustigé l’attitude du président Martelly qui cherche à reproduire, selon lui, les vieilles pratiques de la dictature en intimidant la presse et en essayant de réduire au silence des dirigeants politiques (il est lui-même responsable du groupe 77).


Me André Michel qui croit lui-même qu’il y a suffisamment d’indices (pour la nationalité) et même de preuves (pour usage de faux en écriture publique dans l’affaire des faux passeports) pour mettre en doute la qualité et la capacité du chef de l’Etat à continuer à diriger le pays ; il faudrait le mettre en accusation, selon Me Michel qui s’est questionné sur les hommes à moralité douteuse que le président choisit de manière systématique pour diriger ses gouvernements. « Allez en Afrique et particulièrement au Sénégal, vous verrez nombre de dossiers louches dans lesquels le ministre démissionnaire des Affaires Etrangères est impliqué ».

Le porte-parole de la présidence, Lucien Jura s’est inscrit en faux contre les accusations de Me Michel relatives à Laurent Lamothe et indiqué que le concerné est un homme d’ouverture et de compétence qui est animé de bonne volonté pour servir son pays. Lucien Jura qui a accusé Me Michel d’intoxication médiatique avec des accusations sans fondement contre l’équipe au pouvoir a eu aussi pour son compte quand le Dr Cantave lui a rétorqué que son accusation est injuste quant c’est le président qui fait placer des pancartes géantes et très couteuses à l’effigie de sa personne à chaque coin de rue pour faire croire qu’il a envoyé près d’un million d’enfants à l’école. ‘’Cela s’appelle culte de la personnalité et ceci est interdit par la constitution de 1987 », a déclaré le Dr Cantave appuyé par le Dr Frantz Large qui estime aussi que le peuple a doit à des explications, particulièrement la diaspora pour les taxes (sans lois) prélevées sur les appels et les transferts. Dr Large n’est pas partisan du départ précipité du pouvoir du président Martelly mais, il croit néanmoins que si celui-ci ne change pas d’attitude vis-à-vis de la presse et de la société et s’il continue à se croire au-dessus de tout le monde, il n’aura certainement pas d’autre issue que la sortie par la petite porte et la honte.

 

Agronome William Michel qui revendique son appartenance au clan Micky (le président Martelly) a essayé de défendre son chef mais, est souvent pris à parti par quelques invités du panel notamment lorsqu’il a essayé de trouver des excuses aux irrégularités relevées dans les passeports présentés à la presse par le président Martelly.

 

Le Dr Gérard Evans Beaubrun est lui sans équivoque, la situation est très grave et le président fait preuve de tellement de maladresses qui le rendent pratiquement inaptes à gouverner. « Certains sénateurs font preuve de lâcheté et refusent de signer le document final pour consacrer la forfaiture du président Martelly et l’envoyer devant la haute Cour de Justice et c’est pourtant la seule issue à cette crise », indique le No 2 du RDNP.

 

Le secrétaire d’Etat à la sécurité publique Réginald Delva était aussi là dans ce panel pour intervenir sur le climat d’insécurité inquiétant dans le pays et sur le rapport du RNDDH. Ses explications ont poussé le directeur exécutif de cet organisme de défense des droits de l’homme à débarquer en personne à la station pour toucher les plaies du doigt. « Il y a un problème de leadership et de commandement au sein de la police ; la vérité, elle est connue, Michel Martelly ne veut pas attendre l’expiration du mandat de Mario Andresol pour le remplacer », a dit Pierre Espérance. Auparavant, le sénateur Edo Zenny était intervenu par téléphone pour démentir un fait avancé par le député Danton Léger arguant avoir été accusé par le sénateur du Sud-est de vouloir ‘’arrêter le président Martelly’’.

 SOURCES link

 

2ème article

Double nationalité ! Encore et encore. Décidément, ce dossier ne veut pas mourir. À chaque accalmie, une goutte d’huile de plus vient attiser la flamme. Suite à la mise en scène du jeudi 8 mars, d’aucuns annonçaient la fin du scénario. Le Président croyait peut-être s’en tirer à bon compte. Ce fut trop tôt. Trop beau. La commission a été certes édentée, elle conserve toutefois sa capacité d’action et, plus encore, sa capacité de nuisance.

 

La réaction du Sénat dans son ensemble était attendue. Puisqu’il fut la risée de tous après cette exhibition émotive de passeports. En tout premier lieu, le remaniement de la commission d’enquête paraissait inéluctable. Selon le président du Grand Corps, Simon Dieuseul Desras, cette décision appartient à l’assemblée des sénateurs. Une assemblée qui bout. Les contradictions sont profondes. Certains jouent au ponce Pilate alors que d’autres jouent les victimes innocentes. Moïse Jean Charles et Steven Benoit ont menacé d’abandonner la commission alors qu’elle navigue en eau trouble. Les critiques offusquent les élus du peuple. La restructuration de cet organe d’enquête devra donc attendre. .

 

L’ambiance est devenue plutôt électrique au Sénat. Tout dérange. Les regards moqueurs et les sourires figés sur les visages de certains énervent d’autres qui disent travailler pour le bien de la population. Lambert et Latortue ont, paraît-il, eu leur revanche. Ils dégustent. Fièrement, M. Latortue a rejeté devant la presse les rumeurs qui annonçaient son éventuel retour au sein de la commission. De la nationalité, la commission se déroute vers l’identité du chef de l’État. Une identité double. Triple même. Connexité entre les affaires. Errements pour d’autres. N’empêche que les deux actes sont graves et constituent des violations de la loi. .

 

Les renforts escomptés ne viennent pas. « Ceux qui peuvent mener les enquêtes laissent la place à ceux qui ne peuvent le faire », Anick François Joseph, maître de ces mots, se rétracte. Il aidera de l’assemblée étant. Bizarre ! Pourtant, il a paru avoir des informations de première main et des pistes intéressantes. Les menaces de morts proférées contre sa personne l’ont probablement dissuadé. Les expertises manquent terriblement à la commission. Il faut les chercher. Partout. William Jeanty demande d’engager des experts comme cela se fait généralement pour les grands dossiers qui concernent la Chambre haute. .

 

Qui délivre les passeports en Haïti ?, La décision de M. Martelly de soumettre ses passeports, via Religions pour la paix, a été considérée comme un triomphe de la vérité par ses partisans. Les accusateurs paraissaient en mauvaise posture. Le silence pour certains fut une échappatoire viable. Mais, comme souvent, le dossier rebondit. Les passeports soumis ne seraient pas régulièrement émis. En tout cas, c’est ce qu’ont tenté de faire croire les membres de la Commission. .

 

Plusieurs irrégularités auraient été relevées sur ces documents qui devaient aider à dissiper les doutes sur la multiple nationalité de M. Martelly. Alors que les enquêteurs avaient rapporté avoir trouvé la trace de seulement quatre passeports émis au nom du président de la République, celui-ci a présenté huit livrets qui correspondent à huit passeports différents. Le premier présenté par la Commission a été délivré pour une durée de deux ans. Soit du 13 novembre 1986 au 7 décembre 1988. Une durée de deux ans. Son numéro est le 81124649. .

 

Le deuxième passeport, inscrit au numéro 81124649, a été délivré le 27 juin 1981 et a expiré le 30 Août 1993. La durée est donc de douze ans. Une histoire abracadabrante. De nombreuses hypothèses furent émises sur ce cas précis. La plus courante : « M. Martelly avait peut-être bénéficié d’une dérogation vu que depuis cette date la validité d’un passeport haïtien est toujours de cinq ans. »Aucun spécialiste n’est venu étayer cette thèse. Les organismes qui ont émis ces documents n’étaient peut-être pas au courant des lois haïtiennes traitant de l’émission des passeports. .

 

Les regards sont donc tournés vers le service de l’Immigration et de l’Émigration qui délivrent ces documents. Le troisième passeport numéroté 81124649, délivré le 5 avril 1994, a expiré le 9 septembre 1999. Le quatrième, FL 97 E 373, émis le 23 avril 1997 a, quant à lui, expiré le 22 avril 2002. Le cinquième, FL 97 E 373, émis le 14 mai 1998 a expiré le 22 avril 2002. Le sixième, FL 00 A 650, émis le 27 janvier 2000 et a expiré le 26 janvier 2005. Ces quatre ne souffriraient pas de contestation. Le huitième, FL 15 73103, émis le 17 janvier 2007, a expiré le 18 janvier 2012. .


L’attention a été attirée sur le septième passeport qui, bizarrement comporte 33 pages au lieu de 32. Son numéro est le FL 30 093. Ce passeport comporte deux numéros. L’autre qui est troué est le R 04 61 802. De nombreuses ratures ont également été trouvées sur ce passeport qui entretient à lui tout seul les suspicions sur la multiple nationalité du chef de l’État. Par ailleurs, avance-t-on, le Président a effectué des voyages aux États-Unis sans qu’aucun passeport ne les mentionne. .

 

Un seul État dans un seul pays. Des mots pleins de sens pour les nationalistes d’antan. Cependant, au regard des passeports présentés par le président de la République, il y aurait lieu de s’inquiéter. L’administration publique est elle une ? Y a-t-il d’autres organes compétents pour prendre des décisions qui concernent la souveraineté nationale ? Au Sénat de donner la réponse.

 

Lionel Edouard

doulion29@yahoo.fr

Source: Le Matin

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