Ainsi parle un "journaliste " haïtien
Nous sommes en 2011.
Quand tu lis ça, ton coeur fait boum, boum.
Tu ne penses plus. Tu es simplement face à l'horreur.
Et ça panique.
Ton coeur fait boum, boum.
Avant que tu ne reprennes tes esprits.
Tu imagines, ce que doit ressentir
un être qui subit la torture.
La douleur est telle que la pensée s'échappe.
Il n'y a plus que le coeur en état d'alerte accéléré
qui fait boum, boum.
Existe-t-il un autre pays au monde où un"journaliste"
souhaiterait une dictature de militaires
ou de gens de l'extrême droite au timon des affaires de son pays ?
Dites-moi.
Peut-être sous Pinochet, Somoza, Franco, Mussolini, Hitler et les autres ?
Peut-être sous la France occupée par les Nazis ?
Ce "journaliste" sait-il que le propre d'une dictature
c'est de mettre fin à la liberté d'expression ?
Ou bien ce "journaliste", pense que le métier de journaliste
consiste à diffuser la parole du pouvoir, être en somme un propagandiste
ou un mercenaire ?
Ce "journaliste" comprend t-il le tort qu'il fait à tous ses confrères
qui dans le monde entier luttent et parfois se font assassiner pour s'être exprimé sur des sujets
qui fâchent ?
Ce" journaliste" comprend t-il le tort qu'il fait à l'image du peuple haïtien
déjà pas mal salie à l'étranger,
avec ces histoires de macoutes, de vols et de violences
commis sous la dictature duvaliériste à l'encontre de sa propre population,
quand il lui impute à cette population
dans un "nous" collectif son propre souhait de retour à la dictature ?
Au cours des 5 années du gouvernement Préval ce journaliste
n'a pas cessé de dénoncer le gouvernement en des termes virulents,
allant même jusqu'à injurier le Président, le traitant de tous les noms,
sans avoir jamais été inquiété.
Aujourd'hui, ce "journaliste préfèrerait "mille fois"
que ceux qui critiquent
Martelly et son clan, soient sous une dictature.
Il appelle mille fois à ce que lui-même et ses confrères
soient muselés, embastillés, torturés, injuriés, forcés à l'exil
comme du temps des 2 Duvalier
au cas où ils ne fermeraient pas leur "grande gueule".
" fermer sa grande gueule" étant une expression empruntée
à ce même journaliste qui intimait à un internaute avec élégance
l'ordre de se taire.
Ce "journaliste " sait-il que s'il a pu mener une enquête avec succès contre un pédophile étranger
c'est que précisément aux USA, la justice a une relative indépendance ?
Ce journaliste sait-il, qu’en temps de dictature, son enquête n’aurait jamais été possible ?
Ce "journaliste" sait-il qu'au temps de la dictature duvaliériste et des militaires
des histoires de pépdophilie il y en avait plein
et même au sein du palais national.
Peut-il imaginer le sort qui lui aurait été réservé s'il s'était mis dans la tête, l'idée
de dénoncer les prédateurs hauts dignitaires du régime dictatorial?
Il aurait été porté "disparu" ou rapidement enfermé dans un coffre de
voiture pour terminer à Titianyen avec les autres victimes.
Ce "journaliste" qui appartient au mouvement grenn-nanbounda
par son cri d’amour pour la dictature,
démontre bien à quel point ce mouvement qui se prétendait démocrate
n'avait, à l'inverse, précisément a pour objectif que de mettre un frein à la
juste lutte pour la démocratie, la justice, le respect des citoyens dans un état de droit,
initiée en 1986 après la chute de la « queue du singe ».
Le cri d'amour pour la dictature de ce "journaliste " est un aveu
-aussi clair que le silence des
zentellectuels du "Collectif Non" à la commémoration
du bicentenaire de l'Indépendance- de son rejet de la justice.
Ton coeur fait boum, boum
parce que tu sais que ce "journaliste"
ne fait que répéter "la voix de son maître".
Et que tu sens, tu pressens, ce que celui-ci prépare.
Ton coeur fait boum, boum
parce que tu sais que ce "journaliste"
qui déclare haut et fort
"nous préférerions mille fois une dictature Duvaliériste ou de militaires… »
n'est pas responsable.
C'est un enfant du peuple auquel le système n'a pas procuré les moyens
de comprendre le monde dans lequel il vit.
Comme Guy Philippe et les autres, il lui a été offert
le mensonge, la cupidité, la violence comme modèles.
Le poisson pourrit par la tête.
Ce "journaliste" est une victime du status quo.
Comme l'enfant né à Cité Soleil, dans la misère et la crasse
qui deviendra peut-être un gangster à la solde de gangsters
en col blanc, ce journaliste est une victime d'un système d'apartheid
qui n'offre aux enfants du peuple qui veulent grimper dans l'échelle
sociale qu'une alternative,
celle d'être des garçons de cour, des mercenaires
au service du status quo
- tout comme devenir membre des macoutes aura permis à ceux qui sont aujourd'hui
au pouvoir d'avoir réussi leur transfert de classe, le relvover sur les genoux-
Ton coeur fait boum, boum
parce qu'il n'y a pas de mots pour décrire
l'assassinat des frères Jumelle, les vêpres de Jérémie,
ceux de la famille Benoit
les disparitions,
les listes noires,
les emprisonnements à vie et à mort,
les silences, cris, peurs et chuchotements,
les boat people,
le regard effrayé de cette femme,
face à la brute qui s'apprête à la bastonner
comme on le voit dans le papier de Haïtienhonèt1
VOIR Topic: Ouvertu lekol la, eske paran yo wè klè? Par Haitienhonet1
Ton coeur fait boum, boum
comme l'horloge dont les aiguilles s'affolent,
qui vont à reculons pour te ramener
aux heures de la plus grande catastrophe
qu'Haïti ait connue, celle du saccage total/capital
du pays, avec le retour des mêmes assassins
protégés par les USA qui possèdent un dossier
sur chacun d'eux et sont donc capables, à tout moment,
de les mettre à genoux.
Ton coeur fait boum, boum
parce qu'un "journaliste", dans le pays à l'envers,
dans le pays tête en bas
déclare publiquement
"« , nous préférerions mille fois une dictature Duvaliériste ou de militaires… »
faisant pratiquement acte de candidature comme un futur informateur
des services d'espionnage des médias que Martelly
souhaite créer pour piétiner encore plus un peuple déjà à terre.
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