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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Que penser d'une élite qui boycotte le bicentenaire de son indépendance !?

Publié par Elsie HAAS sur 6 Mai 2010, 09:46am

Catégories : #REFLEXIONS perso

Cette interrogation/exclamation d'un intellectuel de la RD, dont je ne citerai  pas le nom

pour ne pas l'embarasser, me trotte dans la tête depuis 2004.

Au delà de l'étonnement, de la nausée, reste l'incompréhension.

J'ai beau connaître le contexte de cette alliance entre les intellectuels

de la sphère franco-canado/haitienne avec les milieux les plus réactionnaires

d' Haïti et même avec les paramilitaires et autres Ninjas,

ça dépasse l'entendement humain.

 

Comme ça dépasse l'entendement humain, dans un registre plus atroce

que des Hutus se soient mis à massacrer  à la machette leurs voisins Tutsis

obéissant à une propagande sur fonds de ressentiment historique

initiée par des intellectuels.

 

J'avais pu observer cette nouvelle tendance des intellectuels français

à blamer la victime au nom d'une lutte contre le populisme;

à refuser de se confronter aux conséquences du colonialisme

au nom d'un refus du "fardeau de l'homme blanc".

 et à promouvoir la "colonisation positive".

 

"C'est pas nous," disent-ils "ce sont nos ancêtres.

Et puis, les Africains ont aussi vendu leurs frères.

Et puis, vous avez voulu votre indépendance, vous l'avez eu.

Nous ne sommes pas responsables du fait

que vous choisissiez de mettre des dictateurs à la tête de vos pays.

Et puis, la colonisation vous aura permis de sortir de la barbarie, etc."

 

Certainement que ces intellectuels n'ont pas de responsabilité personnelle dans les crimes

commis par leurs ancêtres;

pas plus que les jeunes Allemands d'aujourd'hui ne peuvent être

accusés des crimes commis par leurs grands -parents.

Mais, il n'empêche que l'on ne peut pas nier le génocide juif,

pas plus que celui des autochtones des Amériques

pas plus que celui des Africains.

 

De même que ces intellectuels français passent pour pertes et profits

le soutien des gouvernements de leurs pays aux dictatures,

et leur complicté dans les vols et les violences

de ces dictateurs sur leurs peuples;

de même, les intellectuels haïtiens de 2004

semblaient tout ignorer du dumping du riz Miyami

et de ses conséquences sur le paysannat haïtien,

des politiques du FMI et autres institutions internationales

de celle des commerçants spécialisés dans l'importation

et de leur confiscation par voie monopolistique de l'économie haïtienne

à leur profit et à celui de leurs familles.

Pour eux, la faillite de l'Etat haïtien à protéger sa population

était due exclusivement à l'anarcho-populisme, une terminologie qu'ils ont inventée

pour la circonstance,

et à son seul et unique représentant diabolique.

 

Cette nouvelle idéologie basée sur le déni

de l'influence de l'esclavage, de la colonisation

des politiques  néo-coloniales post-indépendances,

des dictatures soutenues par l'Occident

sur le présent des peuples des ex-colonies

a, bizarrement, séduit bon nombre d'intellectuels

des pays d'Afrique, qui eux également entonnent

le refrain du " Seuls nos dirigeants corrompus et incompétents sont responsables"

Pour un peu, ils en viendraient à culpabiliser les autochtones des Amériques

de s'être faits génocider à cause de l'incompétence de leurs chefs.

 

Ils ignorent tout bonnement qu'avec la mondialisation

l'économique supplante le politique

et que les choix économiques de leurs dirigeants

sont soumis au diktat de ceux qui leur prètent de l'argent.

Voyons, il suffit de regarder aujourd'hui, l'Islande, la Grèce,

la Lettonie et les autres, pour s'en rendre compte.

 

Et, bien sûr, les intellectuels d'Haïti qui se sont lancés dans

cette croisade anti-célébration du bicentenaire,

prenant en otage l'histoire d'un peuple,

au prétexte de refus de compromission avec un "dictateur",

c'est- à- dire l'ex-président Aristide, ont

sauté à pieds joints dans ce courant du déni

et du révisionisme qui permet

de regarder l'histoire avec les lunettes de celui qui tient le cordon de la bourse.

 

Ce qui n'a pas empêché, rappelons-le,

ces mêmes intellectuels

de ne montrer aucun scrupule

à se "macquer" avec des

personnes  comme Jodel Chamblain, meurtrier d'Izméry

et autres  individus de pareil acabit.

 

Mais le plus pathétique,

c'est, ce que cette affaire de boycott

a révèlé du niveau d'analyse socio/économique,

de conscientisation politique

d'empathie et simplement d'humanité

de ces intellectuels en question.

 

L'affaire ayant été rondement menée,

les voix dissidentes marginalisées ou

forcées au silence manu militari,

il aura fallu le séisme du 12 janvier 2010

pour que des  intellectuels du monde entier

apportent des analyses éclairantes

sur les raisons et causes de la

"malédiction" haïtienne,

loin de la vision

manichéenne en noir et blanc

véhiculée par les intellectuels haïtiens

et les média dominants.

AYITI SEISME

 

Leslie Péan a parlé d'un autre séisme, celui de 1957.

L.PEAN chronique

Il aurait fallu également mentionné, celui de 2004

qui aura vu, la coalition entre les éléments les plus réactionnaires

de la société haïtienne et celle des intellectuels, artistes et autres

foulant  au pied la dignité de tout un peuple,

méprisant un symbole qui n'appartient pas

seulement aux Haïtiens,

mais aux peuples du monde entier,

comme l'avaient pensé les fondateurs du pays.

 

Cette collaboration des intellectuels

avec le parti de l'argent et des armes

assez inédite, il me semble, de par son unanimisme  dans l'histoire d'Haïti

marque un tournant,

dont nul

n'en a encore pris la mesure

sur l'avenir d'Haïti.

 

 

 

 

 

 

 

 

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