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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Réaction de la branche AFP des syndicats (SNJ-CGT) à l'affaire Morel

Publié par siel sur 28 Novembre 2013, 17:03pm

Catégories : #AYITI ACTUALITES

AFFAIRE MOREL : NON A L’IMPUNITÉ , LA DIRECTION DOIT S’EXPLIQUER

 

Un scandale, un vrai scandale, pour le coup. Par la faute d’un haut responsable de l’agence, l’AFP va devoir débourser au bas mot 1,2 million de dollars pour indemniser un photographe spolié dans ses droits d’auteur. Non seulement il n’y a pas de sanction à l’encontre du fautif, mais il a été bombardé entretemps chef du département Sports. Vous savez, celui qui, comme par hasard, vient de présenter à la presse la nouvelle "offre Sports" de l’AFP. Au même moment, parce que ça coûterait trop cher, la direction bloque les salaires et veut supprimer des jours de congé.

 

Ainsi que le rapporte une dépêche AFP du 22 novembre datée de New York, un jury américain a accordé vendredi 1,22 million de dollars de dommages et intérêts à un photographe haïtien, Daniel Morel, après avoir estimé que l’AFP et Getty Images (distributeur des photos AFP aux États-Unis) avaient sciemment violé ses droits d’auteur en 2010. Et c’est sans compter les frais annexes (avocats, etc.). Pour l’ensemble de ces frais, certains avancent même un montant nettement plus important à partager entre l’AFP et son partenaire étasunien.

 

Cette condamnation va plomber les finances de l’Agence, qui n’en avaient pas besoin comme chacun sait. Mais aussi ternir son image (il suffit de surfer sur l’internet ou sur Twitter pour le mesurer).

 

En cause : huit photos du tremblement de terre en Haïti en janvier de cette année-là (250.000 morts) prises par Morel qui les avait mises ensuite sur son compte TwitPic. Les clichés avaient été d’abord retweetés par un certain Lisandro Suero, résident de la République dominicaine, puis diffusés sur les fils de l’AFP à l’initiative du coordinateur photo pour l’Amérique du nord.

 

Dès qu’un éditeur basé à Paris s’est rendu compte de la bévue, il a prévenu le coordinateur photo à Washington. A la demande de ce dernier, une correction de légende a été aussitôt transmise à l’ensemble des clients pour attribuer les photos à Morel. Mais sans pour autant les "tuer". Les images sont restées plusieurs heures sur les fils sans l’accord de Morel que le coordinateur photo tentait de joindre désespérément. "Pour l’aider" a-t-il plaidé lors de son audition.

 

L’HOMME QUI A MAL VU

La CGT a pu consulter les minutes du procès. Le principal témoin, qui a diffusé les photos sans le consentement de l’auteur, a été entendu par le tribunal de New-York le 15 novembre durant huit heures. L’homme a mal vu, dit-il. A mal vu les photos. A mal vu les règles. A mal vu les mails. A tout mal vu.

 

En réponse aux questions précises de l’avocat de Morel citant cinq points du guidelines de l’AFP sur la vérification des sources et l’utilisation des images en provenance des réseaux sociaux, notre homme, pourtant en charge de hautes responsabilités au service photo depuis plus de dix ans, reconnaît n’avoir pas respecté les règles de l’Agence avec pour seuls arguments, "J’étais trop occupé", "Je n’étais pas familier avec Twitter".

 

Et malgré "sa bonne connaissance d’Haïti" ("J’y suis allé deux fois en vacances"), il avoue même avoir diffusé délibérément le même jour une photo d’un tremblement de terre en Chine accompagné d’une légende affirmant qu’il s’agissait d’une photo d’Haïti. "C’était une faute", admet-il, "je me suis excusé pour cela" (sic). Oui mais auprès de qui ?

 

Suite : link

Sur le même sujet : The Guardian. Morel obtient $1.2m dans son procès contre l'AFP et Getty Images

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