Date: Wed, 3 Aug 2011 14:10:23 -0700 (PDT)
Réhabiliter le Paysan haïtien
Par Nicolas-L. Pauyo
"Le colonialisme qui a perdu le pouvoir en 1804 n’a pas renoncé à Haïti
et l’a reconquise par la corruption des élites afin qu’elles ne
s’identifient pas au peuple des cultivateurs, déstabilisant ainsi le
projet de construction nationale."- LESLIE PEAN
Le paysan haitien a trop souffert. La classe moyenne des villes et la
bourgeoisie haitienne ─ces deux classes soudées à une autorité abusive
de l’Etat et à une influence persistante des puissances étrangères─
sont responsables des plus de deux cents ans que le paysan a passé au
bas de l’échelle sociale haitienne en plus des trois cents ans
d’esclavage dans la géhenne de Saint Domingue. Et pourtant “les
classes paysannes” –pour le dire comme les sociologues néo-griots–
ont une importance stratégique de premier ordre, une importance telle
que ces mêmes sociologues se réfèrent aux paysans comme formant la
vraie nation haitienne.
Comme on le sait, une école a paru vers la fin des années quatre-vingt
où se sont illustrés le docteur Henri Robert Sterlin, Volny Augustin
et d’autres intellectuels haïtiens. L’écho se serait répercuté jusque
dans l’œuvre du grand universitaire haïtiano-américain Wolf Trouillot
qui voit dans son livre Silencing the Past que la vraie nation
haïtienne est la paysannerie.
Le docteur Sterlin écrit lui, dans Bonjour Haïti, que « la mission
des classes moyennes d’Haïti et du tiers-monde, au titre de réservoir
de cadres, de techniciens et de penseurs, est de concourir au
développement d’une stratégie politique reposant sur l’hégémonie des
classes paysannes. » Il fait l’apologie d’ « une Démocratie paysanne
progressiste fondée sur les grands principes du tiers-mondisme
radical. » Finalement et résolument Sterlin veut « poser tous les
problèmes nationaux en fonction de la prise en charge révolutionnaire
de la Paysannerie en tant que principal sujet historique ».
Volny Augustin intervient vite pour ajouter qu’en cela « il convient
de les éduquer pour qu’elles aient un destin à la dimension de leur
appel ».
Malgré le ton quelque peu gauchiste, extrémiste même, de cette
assertion, l’on pourrait dire que cette ascension de la paysannerie
dans le cadre de celle de la classe moyenne est une idée généreuse et
même méritoire surtout s’il est convenu d’éduquer adéquatement ladite
strate du « pays en dehors ». Mais elle fait trop penser à Evo Morales
et à sa suprématie bolivienne paysanne dont on attend de voir
l’évolution et surtout les résultats, (sans parler des postulats déjà
posés par Mao, par Mussolini et dans une certaine mesure par Marx à
propos de la strate paysanne.)
[Je ne sais pas si j’irais jusqu’à hisser la seule paysannerie à ces
hauteurs car j’ai peur de toutes les hégémonies et de toutes les
suprématies. Je ne veux pas, comme le disait Mandela, qu’on remplace
une suprématie blanche par une suprématie noire, (amérindienne pour
Morales), ou, dans le cas haïtien, une domination urbaine par une
domination paysanne, ni une hégémonie mulâtre par une hégémonie noire.
Il faut tout simplement récuser les hégémonies, les dominations, les
suprématies, et recourir à une démocratie haïtienne où tout mounn
jwen, où tout le monde, citadins ou ruraux, mulâtres, noirs, sacatras,
sang-mêlés, griffons ou marabouts, sortent plus ou moins satisfaits.]
Comme l’a montré Blancpain dans son livre La Condition du Paysan
Haïtien : Du Code Noir aux Codes Ruraux, depuis « ce Livre de la loi
esclavagiste » édicté par les soins de Colbert et renfermant les
instructions sur la condition, la discipline et la surveillance des
esclaves, jusqu'à ce jour, on n’a assisté qu’au règne d'une élite
dirigeante et d'une masse cultivatrice asservie.
Blancpain montre que le paysan est venu après le cultivateur, de ses
propres initiatives d'insoumission à la loi des législateurs; et que
le cultivateur des codes ruraux n'a point les caractéristiques du
paysan. Ces codes, au lieu d’amollir le paysan haïtien l’ont plutôt
endurci et acculé à la résistance. Après la Libération générale des
Esclaves, cette résistance de tous les instants a commencé avec
Toussaint et plus tard avec les généraux qui voulaient rétablir le
régime de la grande propriété où le paysan aurait à travailler pour le
compte des généraux propriétaires et grands planteurs. Les paysans ont
refusé ce projet et ce modèle de société fondé sur un caporalisme
agraire; ils ont préféré le marronnage vers des montagnes escarpées
au lieu d’être de nouveau asservis.
C’est ce que Jean Fouchard démontra dans Les marrons de la liberté
(1972) quand il a insisté sur l’importance du rôle des marrons dans
les luttes de l’indépendance d’Haïti. Il indiqua au dire de C.R. James
son préfacier, que « sans les marrons, il n’y aurait pas eu de
fondation solide pour un nouvel Etat; peut-être même pas un nouvel
Etat.» En effet ce marronnage économique a réussi à créer la pénurie
de la main-d’œuvre. Selon les vues de Franck Laraque, professeur
emeritus à la City College de New York, ce marronnage atteignit son
objectif politique en déstabilisant l’économie du système
esclavagiste et plus tard, celui du caporalisme agraire post
esclavagiste.
Dans la clémence des régions montagneuses, ces marrons initièrent la
culture vivrière de subsistance, modèle de l’agriculture haïtienne
jusqu'à ce jour. Ils voulaient avoir leurs propres terres même s’il
s’agissait de simples lopins. C’est la première fois en effet que le
nègre paysan allait être propriétaire de quelque chose. Ces structures
agraires injustes, ces législations foncières inadéquates et ces
conditions inégales expliquent le sort actuel du paysan. Pour toutes
ces raisons Edouard Francisque dans son livre Perspective du
développement économique en Haïti a eu raison d’écrire que « le
développement de l’agriculture a été inhibé par le pullulement des
petites exploitations ».
Mais pourquoi le paysan haïtien a-t-il été maintenu au bas de
l’échelle sociale pendant si longtemps ? Plusieurs réponses s’offrent
rapidement. L’une d’elle –et sans doute la plus importante– est la
pauvreté de son éducation jointe à la précarité de ses moyens de
réaction. Nous l’avons vu : toutes les fois qu’un paysan ou un de ses
fils a pu échapper aux affres de l’ignorance pour s’émanciper par
l’éducation, il a presque toujours changé sa manière de voir les
choses. Tous se sont ainsi émancipés d’une manière ou d’une autre mais
très peu, malheureusement, se sont montrés reconnaissants à l’égard
de la campagne. On connait en effet d’authentiques fils de paysans qui
sont devenus présidents de la République et n’ont jamais rien fait
pour réhabiliter leur lieu d’origine. Pas une école, pas un
dispensaire. Pas même quelques toilettes publiques !
Bien sûr, ce n’est pas un homme qui doit réhabiliter une région et il
ne doit guère réhabiliter qu’une seule région. On le sait. Un
président qui ne s’occuperait que de son lieu d’origine afficherait
un régionalisme égoïste et serait ainsi répréhensible aux yeux des
autres régions. Toutefois, un président, un sénateur, un quelconque
responsable de l’Etat, devrait toujours être l’avocat d’un mieux-être
pour sa région natale comme il l’est pour le reste de la nation. En
fait, le paysan n’aurait pas besoin d’émigrer vers la ville pour
trouver un mieux-être ; il devrait pouvoir le trouver chez lui.
Comme déjà dit, c’est par l’école qu’il faut commencer. Mais quelle
école? Non point une école anémiée, avec des instituteurs mal
entrainés, une école sans structure, sans livres, sans budget et
réunie souvent sous des tonnelles.. Mais plutôt une école viable
comme le système scolaire des grandes villes.
Et quand on sait que le paysan vit de la culture de la terre, son
éducation devrait inclure le plus activement possible, un versant sur
les meilleures techniques agricoles, et le meilleur rendement. Qu’on
envoie donc à la campagne d’excellents instituteurs et professeurs,
d’excellents agronomes et techniciens agricoles. Et que ceux-ci soient
bien rémunérés pour être incités à accepter un poste en province et y
rester pour travailler dans la dignité. Qu’ils forment des pépinières
au sein desquelles sortiront demain leurs remplaçants qualifiés. Quand
les paysans pourront trouver chez eux tout ce qu’ils vont chercher en
ville aujourd‘hui, ils resteront chez eux et seront fiers de leur
milieu. En tout ce qui vient d’être dit, il faudra avoir les yeux
ouverts contre la corruption. Car l’Etat pourrait faire tout cela sans
que le bénéfice aille vraiment au paysan. Nous savons trop dans quel
pays nous vivons !
Comme nous l’avons souligné dans notre chapitre sur l’agriculture et
l’élevage, (activités qui représentent le fort du paysan), l’Etat
responsable doit pourvoir à l’aide technique nécessaire en mettant
des tracteurs et d’autres machines à la disposition des agronomes et
des paysans. L’Etat se doit d’inciter la société civile de l’endroit
à jouer sa partition de la même façon que cette société civile devra
être prompte à inciter l’Etat à jouer la sienne. Etat et société
civile en interaction permanente sont les piliers de l’émancipation
paysanne. Dans le même sens, les décideurs devront mettre dans les
villes de province l’infrastructure nécessaire (ressources humaines
qualifiées, routes, électricité, téléphone, Internet, eau potable,
etc.) et inviter les investisseurs étrangers à y installer leurs
compagnies, leurs usines, leurs entreprises agricoles, créant ainsi
des dizaines de milliers d’emplois dans l’avantage d’une paysannerie
enfin éduquée et bien entrainée.
Le Sort du Paysan Haïtien
Le paysan d’aujourd’hui a faim. Naguère il avait tant de produits
qu’il en faisait cadeau à ses visiteurs de la ville. La province était
un lieu de villégiature et une corne d’abondance où l’on allait pour
bien manger. Maintenant quiconque sort de la ville et va au pays « en
dehors » doit emporter sa propre nourriture pour lui-même et pour le
paysan et sa famille toujours nombreuse. Les champs sont clairsemés
parce qu’en beaucoup d’endroits il ne pleut pas. Les rivières et les
sources se dessèchent par suite du déboisement. L’érosion et la
déforestation et autres facteurs, font que le paysan ne peut plus
compter sur son lopin de terre pour produire. Il est acculé à la
décapitalisation. Il vit dans une coexistence « pacifique » avec le
grand don. Mais le grand don n’est pas un paysan, même s’il habite à
la campagne ; s’il travaille la terre il le fait indirectement, il
achète la force de travail du paysan ou organise des coumbites où il
distribue force bouillon-patate et clairin.
Le drame du paysan haïtien est que dans la plupart des cas il n’a pas
de terres, ou du moins pas suffisamment, alors que les grands dons eux
ou les bourgeois absentéistes en possèdent trop. L’on se rappelle ce
Mouvement de Revendication des Paysans sans Terre de Verrettes qui
est allé occuper 450 carreaux de terre appartenant à un seul bourgeois
de Port-au-Prince ; de son côté, le Mouvement des Petits Paysans Tèt
Kolé en a fait autant dans le Nord-Ouest, en y occupant plus de 800
carreaux.
Dans les endroits où le paysan peut encore travailler pour son
compte, il ne dispose que de ses muscles, de sa houe, de sa machette,
de sa serpette et de sa pelle. Aucune technologie. Pas d’engrais. Pas
de pesticide. Le rendement donc est toujours réduit. Comme le révèle –
chiffres à l’appui– une étude du Professeur Dufumier, le paysan
haïtien est obligé d’accepter une rémunération 100 fois moindre que
celle de l’agriculteur qui dispose de moyens de production
performants.
Le paysan est alors réduit à dépendre de l’importation des produits
que pourtant il faisait et exportait avant. En raison de cette
dépendance, sa culture de résistance, sur laquelle d’ailleurs la
nationalité haïtienne était fondée, est en train de s’évanouir. Après
quelques années d’un travail musculaire éreintant et ingrat, le
paysan haïtien, si preste et si avenant dans sa brève jeunesse est vu
le visage racorni, la bouche édentée, les muscles rabougris quand il
ne projette pas plutôt un portrait émacié de zombi. Il ne faut plus
que cela continue ainsi !
Le paysan d’aujourd’hui ne peut guère envoyer ses enfants à l’école.
Longtemps il ne savait peut-être pas l’importance de l’école.
Maintenant il en a pris conscience mais le sol qui ne produit rien le
laisse au chômage et incapable d’endosser efficacement ses
responsabilités. Mais malgré son incapacité réelle, le paysan tâchera
de sauver au moins un de ses fils en investissant dans son éducation.
Il ne pourra peut-être pas en sauver deux. Ou, s’il le fait, un
troisième n’aura sans doute aucune chance. Le paysan espère qu’un
jour, l’éducation scolaire d’un de ses enfants servira comme
institution familiale de sécurité sociale. Cette épargne pour
l’éducation est préférée à l’épargne destinée à l’acquisition de biens
de production.
Quant aux autres enfants, les infortunés du sort, ils grandiront sans
instruction et iront grossir la foule déjà innombrable des
demandeurs d’emplois en ville, ceux qui constituent le
lumpenprolétariat ; ils feront le petit commerce des coins de rue,
deviendront gérants-lakou, servantes, brouettiers, chagnes (cireurs de
chaussures), domestiques, laveurs de voitures, porteurs des rues,
mendiants, voleurs, « brasseurs » racketteurs, kokoratts etc.. Il
arrivera même que quelques jeunes filles se laisseront sexuellement
abuser pour pouvoir survivre. Ainsi exposées à l’émigration paysanne,
les villes haïtiennes, sont devenues des guêpiers bourdonnants et la
capitale une ville immaitrisable, ingérable…
Le paysan d’aujourd’hui est malade Il n’a pas d’argent pour se faire
soigner mais aussi il n’y a pas assez d’hôpitaux de dispensaires et
autres dans sa zone. Seul Port-au-Prince est doté d’un Hôpital
général. Les villes moyennes ne disposent souvent que d’un maigre
dispensaire qui ferme à 2h de l’après-midi. Dans beaucoup d’endroits
la femme enceinte en état de travail ne trouvera aucun service de
maternité dans sa zone. Une brave matrone du quartier est celle qui
sauvera cette femme. Si celle-ci présente des complications…on sait
déjà ce qui arrivera.
Les femmes paysannes souffrent d’inanition ne pouvant se donner qu’un
seul repas par jour. Et quels repas puisqu’elles doivent presque tout
servir à leurs maris d’abord (la part du lion) et aux enfants ensuite.
Souvent ces mères ne trouvent que le gratin ! Quant à l’eau potable,
le paysan, en de trop nombreux endroits, est forcé de boire un
liquide pollué que des petites filles innocentes vont chercher
parfois de très loin quand on n’habite pas près de la source ou de la
rivière. Ainsi le paysan est la proie de maladies infectieuses et
diarrhéiques importantes comme la typhoïde et la dysenterie qui sont
parfois mortelles surtout dans le cas des tout-petits. Le choléra qui
a surgi vers 2011 dans le fleuve Artibonite a trouvé ainsi un cadre
favorable pour se reproduire.
La paysanne haïtienne, femme vaillante et d’une beauté plutôt
éteinte par la misère, travaille très dur dans les champs (quand
ceux-ci existent encore) ; elle s’exténue dans son petit commerce au
marché. En plus, elle est soumise à l’oppression constante d’un homme
chômeur souvent aux nerfs à fleur de peau, qui la roue de coups,
impunément.
Le paysan haïtien est un de ces damnés de la terre, de ces forçats de
la faim, un homme exilé dans son propre pays !
Le paysan haïtien est physiquement opprimé.- En plus d’être maintenu
dans l’ignorance pendant cinq cents ans, le paysan haïtien a toujours
été opprimé dans sa chair et sa personne même. Opprimé par le chef-
section, le choukett-larouzé, le gendarme, le policier et autres
bourreaux toujours prêts à le matraquer ou même le tuer. Cela aussi
doit cesser. Certes, le système CASEC qu’on a mis en place est de
loin moins inhumain que les modèles anciens mais on doit aller plus
loin dans le processus de réhabilitation du paysan. Il est question
maintenant de lui faire justice en le restaurant dans l’éminente
dignité de son être.
On doit aussi cesser de voir dans le paysan un cheval de bataille
qu’on va seller toutes les fois qu’on en a besoin.
Très jeune, nous étions témoins des méga manifestations de F.
Duvalier en face du Palais, et de ces masses humaines qu’il faisait
charrier des provinces vers le palais pour crier « Vive ! »,
Ces malheureux paysans arrachés à leurs champs ou de la corde de
leurs bêtes pour venir à Port- au-Prince, faire la foule et être
photographiés par les plus grandes chaînes de télévision du monde, –
oui ces hommes baignés de sueur, sentant la feuille et l’ail, et
dépourvus de tout…ont été forcés de rester dans la capitale car la
bascule est retournée sans eux. C’est cette population qui a posé la
première pierre de nos bidonvilles cruels. Tout cela pour un simple
cri : « A Vie ! ».
Aujourd’hui, toutes les fois qu’on a désespérément besoin de votes à
l’occasion des élections, les candidats vont de recoin en recoin
dépister les paysans leur offrant bouillons populaires, clairin à
gogo et quelques gourdes pour qu’ils aillent voter pour eux et gagner
les rues quand le candidat risque de perdre. Après les élections –
comme dans Le Renard et le Bouc– le gagnant va son chemin oubliant et
même vouant à l’anathème toute la classe paysanne. Cette situation a
perduré dans la périphérie du territoire haïtien simplement parce
que le centre, détenteur du pouvoir et des richesses, s’est ingénié à
maintenir les masses paysannes dans l’obscurité épaisse de
l’ignorance. La déchéance paysanne a donc été programmée,
institutionnalisée. Il faut aujourd’hui une déconstruction du système
anti paysan.
Le cheval de bataille en quoi on transforme le paysan n’est pas tout
simplement sellé pour aller aux votes ou faire la foule devant le
Palais. Il est aussi sellé et baboukété pour payer de lourds
impôts. Dans le système fiscal haïtien le paysan est celui qui
contribue le plus, en y étant forcé.
Tout ceci ayant été dit, l’émancipation paysanne est aujourd’hui une
urgence. Elle requiert l’apport fécondant de tout l’Etat haïtien et
de la société civile. Seul l’Etat, en effet, a le pouvoir de faire
passer les vœux ici exprimés au stade de réalité. Il le fera en
faisant passer au Parlement toute une législation visant ladite
émancipation.. Un tel cadre légal soutenu par l’Exécutif et défendu
par le Judiciaire permettra à la société civile (les groupements
paysans structurés et autres instances) d’écrire, de faire passer
leurs projets et leurs revendications et en assurer le suivi.
Depuis The Haitian People de James Leyburn,1941 ; depuis Paul Moral
dans Le Paysan Haïtien 1961 ; depuis Peasants and Poverty de Mats
Lundahl, 1979, le paysan de chez nous est resté le même. Il est
aujourd’hui temps qu’il soit réhabilité. Qu’on le fasse vite car le
cheval de bataille sait aussi se fâcher, lancer en l’air sa docilité
coutumière, se mettre à pomper, à tirer les pattes arrière et tout
renverser. On l’a vu avec les Piquets, les Cacos, les Jean-Jacques
Acaau, les Charlemagne Péralte, les Benoit Batraville et tant d’autres
ayant vécu avant ou après ces illustres va-nu-pieds tout le long des
cinq cents ans de notre histoire.
Dr Nicolas-L. Pauyo
voir : La Vallée de l’Artibonite, quel développement? Par Éternel Victor. Rediff.
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