Suite à ces articles : 1980 Duvalier fils et les 16 millions de dollars empruntés au FMI et disparus en quelques semaines
Les 2 Duvalier et leurs 2 millions de dollars par an pour la vente des travailleurs haïtiens en RD
Voici le commentaire :
Oui Elsie, les Duvalier restavèk des USA ! Une gouvernance catastrophique etc...Tout ce qu'on sait sur les Duvalier. mais qu'est-ce que leurs successeurs de droite comme de gauche ont fait de positif ? Les Aristide-Préval ont-ils eu une autre politique vis-à-vis des USA ? J'entendais sur Métropole un défenseur des Droits Humains s'insurger contre la militarisation du pays sous Martelly par l'introduction de milices.Il citait en mauvais exmples les macoutes et les chimères mais suggérait comme politiquement correcte l'engagement de compagnies de sécurité américaines à l'instar du président Arisitide. Il oublie de préciser que la compagnie de protection US avait répondu à l'injonction de Bush de quitter le pays et de laisser Aristide sans protection dans les semaines qui ont précédé le coup d'état du 29 février 2004. Toujours la blancomanie légendaire de l'Haïtien : milice haïtienne pas bon, mercenaires blancs oui, bon là ! Quand à la gouvernance 1986-2011 parlons-en ! La mansuétude et l'amnésie de l'opinion sont certainement le résultat de l'incurie de ces gouvernements.
Voici ma réponse
Cher Monsieur, autant vous dire d'entrée de jeu que nous n'avons pas la même lecture de l'histoire politique haïtienne entre 1986 et 2011.
En 1986, les Duvalier et leur cour qui sont revenus aujourd'hui au pouvoir en Haïti à la faveur des USA, ont laissé les caisses du pays vides et avec énormément de dettes.
Ils ont été remplaçés par des militaro/civils (Cinéas, Manigat) dont les actions ont été pour quelques uns de semer le chaos, pour d’autres de massacrer et d’autres encore de s'enrichir (pas Manigat). Leur stratégie se résumant à empêcher l'avènement de la démocratie en Haïti.Point barre.
Les élections de 1991 ont quand même eu lieu. Aristide jusqu'au coup d'Etat de 1991 avait clamé sa confiance en l'armée de son pays qu'il croyait capable de défendre un président légitimement élu. Et son désir d'une réconciliation entre cette armée "kraze zo", connue pour ses exactions et la population.
Il n'y avait nul parfum de ce que vous appelez de la "blancophilie" dans l'air. Dans l'air circulait l'utopie de rallier toutes les composantes du pays pour sortir du trou où les duvaliéristes l'avaient mis.de manière naïve -parce qu'Aristide n'avait aucune idée de ce qu'était l'extrême droite haïtienne et des réseaux qu'elle avait créés avec d'autres pays du continent (RD, Panama, Colombie, Venezuela , Equateur, entre autres). Réseaux qui passent évidemment par le trafic de la drogue.
Malgré le fait que tous les documents des services de renseignements des USA - FBI, CIA- montrent sans ambiguïtés, l’implication des militaires, et de la police dans le trafic de la drogue depuis sous Duvalier-le père, les réactionnaires persistent à assimiler l'arrivée du narcotrafic à 1991.
Le fait est que ce trafic se trouvait menacé par l’arrivée d’un gouvernement plus ou moins démocratique . Sans compter que d’autres acteurs, issus de la mouvance lavalassienne, pouvaient avoir envie d’avoir leur part du gâteau.
Pour les militaires et les duvaliéristes, il n’était pas question de perdre ce monopole du trafic. De même que pour les commerçants il n’était pas question de perdre le leur.
Macouto/Militaro/duvaliéristes et commerçants s’étaient entendus, depuis 1957, comme les familles de la mafia pour avoir chacun leur territoire. Les banques privées qui ont poussé comme "djondjon", champignons après la pluie montrent l’existence de ce partenariat.
Tu trafiques. Je blanchis.
En 1991, avant le Coup d’Etat, autour d’Aristide s’étaient rassemblés des gens venant d’horizions divers, voire carrément opposés : anciens macoutes et gens ayant appartenu à l’extrême gauche. Cette plateforme dite démocratique du fait même de sa composition hétéroclite était extrèmement fragile. Néanmoins, dans les premiers et courts moments de sa présidence , Ariside et son gouvernenment ont eu pour tâche en priorité de payer les dettes laissées par les Duvalier. Parce que le diktat des bailleurs de fonds était clair, il nous faut un engagement et un calendrier de paiement de vos dettes sinon Rien. C’est-à-dire pas d’emprunts possibles pour faire redémarrer le pays et faire face aux frustrations de ceux qui vous ont élu en espérant un changement.
De toutes les façons les duvaliéristes en vidant les caisses du pays à leur départ, savaient bien qu'ils laissaient une bombe à retardement. Ils savaient parfaitement que sans argent le gouvernement progressiste aurait des difficultés à répondre aux attentes d'un peuple maintenu en quai-esclavage pendant plus de 30 ans.
On a le même scénario ici où vu les dégats commis par la droite, la gauche si elle arrive au pouvoir sera extrêmement paralysée. Obama aux USA subit un scénario similaire.
Dès cette époque, 1991, le gouvernement d’Aristide dans lequel l’OPL jouait un rôle de poids, de conseiller financier, avait accepté les mesures d’austérité réclamées par la BM et le FMI : privatisations, libre marché, etc.
A peine était–il question de commençer à essayer de remettre le pays sur des rails – ceux du néolibéralisme certes- que le Coup d’état survint.
Je ne vais pas vous faire l’historique des crimes commis par ces gens-là. Une documentattion existe qui se trouve à Washington et qui permet aux USA d’exercer des pressions et de soumettre tout ce monde là qui se trouve aujourd’hui au pouvoir.
L’histoire, un jour rendra justice aux victimes nombreuses, jeunes, dynamiques de ce coup d'Etat de 1991 dont l’objectif était purement et simplement de "déchouke" la démocratie, de détruire les organisations progressistes, de tuer leurs dirigeants ou de les envoyer en exil où jusqu’à présent ils sont nombreux à vivre.
La suite de l’histoire on peut la résumer brièvement :retour des duvaliéristes au gouvernement d'Aristide plus ou moins imposés par les USA qui, -comme je l’ai déjà dit- préfèrent avoir affaire à des fils de putes « mais ce sont nos fils de putes » dans les pays qui sont sous leur emprise.
Si Aristide a voulu un encadrement sécuritaire Blanc, c’est que "chat échaudé craint l’eau froide » c’est à dire qu’il préférait se fier à des personnes étrangères à la politique haïtienne plutôt qu’à ses compatriotes sachant comme dit Bob Marley que « ton meilleur amii peut être ton pire ennemi » ( Voir Sankara et Blaise Compaoré) Sankara qui d’ailleurs avait dit, quelques temps avant son assassinat, que seul quelqu’un très proche de lui pourrait le détruire. Donc à mon humble avis il ne s’agit pas ici d’une hsitoire de blancophilie mais plutôt dun choix pensé pour sa sécurité en tenant compte de l’expérience du Coup d’etat de 1991
.
Est-ce qu’il aurait mieux valu qu’Aristide s’entoure pour sa sécurité d’ex-militaires, de gens du Fraph et autres mercenaires locaux ? Ces gens-là lui aurient-ils été plus fidèles ?
Est-ce qu’il aurait fallu qu’il constitue sa propre milice ? Et donc retour au macoutisme ?
Le second mandat écourté comme le premier d’Aristide a été jalloné par une lutte violentei entre les réactionnaires de l’extrême droite , ceux au sein même de Lavalas et les « repentis » de la gauche convertis au néolibéralisme et à l'argent facile. Les dernières années, 2002, 2003, 2004 ont été terribles.
L’Etat haïtien ne pouvait faire autre chose que de payer ses dettes et l’intérêt de ses dettes. Tous les prêts ayant été bloqués grâce au lobby anti gouvernemental des G184. Même des fiancements pour purifier l’eau et la distribuer, comme le notait Paul Farmer, ont été bloqués
Ayant pour conséquences la mort de milliers d’Haïtiens.
En même temps ce qui est énorme - mais quel Haïtien sait-t'il cela ?- sur les prêts octroyés mais non versés, l'Etat haïtien devait continuer à payer les intérêts. Une sorte de gangstérisle qui se résume à "je ne vous file pas l'argent que vous empruntez mais j'exige que vous payez les intérêts de ce prêt.
C'est ainsi. Malheureusement quel est l'intelellectuel haïtien qui s'intéresse aux finances, pourtant le nerf de la guerre ?
En tous les cas pas ceux qui tiennent le haut du pavé, rétribués pour fermer les yeux, ne pas poser de questions, crier sur toutes les ondes à la "médiocrité" des Haïtiens, se répandre en zens et anecdotes afin d'aider à l'abrutissement systématique de la popultation commencée en 1957.
Malgré, cette attaque des média dominants et de leurs hommes à tout faire, malgré cet ample boycott financier généralisé, le gouvernement d’Aristide selon les documents des organisations internationales, a continué à maintenir à flot l’économie du pays.
Vous pouvez pour vous en informer consulter les sources du FMI, de la BM, des gouvernement canadien et des s USA.
Je ne vous apparendrai rien en vous disant que cette résistance a exaspérér plarticulièrement les hommes d'affaires, qui n’ont vu qu’un seul moyen d’en finir qui était de financer et d’organiser le chaos. Guy Phillippe s’est expliqué sur ses actions de sabordage du gouvenrment constitutionnel et des dons de ses financiers. Attendons les cables de Wikileaks liés à cette période.
L’histoire encore une fois, apportera son complément d’informations sur l’ensemble de ces bmaneuvres qui par l’usage systématique des mensonges et de la terreur ont ramené les duvaliéristes aujourd’hui à la tête de l’Etat.
C’est une honte pour Haïti et un crime contre le peuple.
Les deux mandats de Préval, au contraire de ce que l’on dit, ont été marqués par une stricte obéissance aux consignes de la « communauté internationale » à savoir démanteler l’Etat en respectant les lois du libre marché( sans concurrence) octroyer aux plus riches plus d’avantages et faire des coupes sombres dans le personnel des fonctionnaires, au nom de ce qu’ils appellent « la bonne gouvernance ».
Préval n’a rien d’un anarcho-populiste, mot à la mode chez les réactionnaires. Sous son allure décontractée et non protocolaire; genre petit peuple-, il s’est contenté d’appliquer, de gré ou de force, la politique qui lui était autorisée et de s' allier aux duvaliéristes qui font aujourd'hui parti de ses proches. Point barre. D’ailleurs comme chacun a pu le constater à travers les cables de Wikileaks, l’administration de USA le considérait comme un excellent partenaire.
Finalement, cher monsieur, cette rengaine qui sert à légitimer le retour des militaro/macouto/duvaliéristes/Fraph au prétexte que de 1986 à 2011 la situation d’Haïti ne s’est pas améliorée, ne tient aucunement compte du fait que de 1986 à 2011, ceux qui sont au pouvoir en Haïti aujourd'hui, ont utilisé avec succès, tous les moyens qui vont de l’assassinat ciblé, en passant par l'achat des repentis de gauche jusqu' au Coup d’etat, pour miner l’expérience de démocratie entreprise non pas en 1986 où règnent les militaires, comme beaucoup faussement le répètent, mais en 1991.
Le duvaliérisme, tout comme les Talibans l’ont été en Afghanistan, est une option pour la communauté internationale et ses alliés locaux préférable à la démocratie réelle, je veux dire celle qui permet à un peuple de défendre ses intérêts et non pas de se soumettre à ceux des grandes puissances.
Vous voyez donc cher Monsieur, que nos points de vue sur l’histoire de ces « vingt-cinq dernières années" divergent. Vous partez du principe que le système avait changé, avec le départ de Duvalier Jean Claude en 1986.
A l’inverse, je considère, comme l’avait fait remarquer dans son livre prémonitoire Barthelemy, que le retour du duvaliérisme en Haïti est dû au fait qu’il n’est jamais parti et qu’il a systématiquement, avec l’appui de la communauté internationale, des élites, des zentellectules infantiles et des journalistes embedded , par toutes sortes de coups fourrés, attaqué les justes revendications de justice, de paix et de prospérité du peuple haïtien .
Nous en sommes là aujourd’hui, au retour voulu, concerté et financé de la queue du singe qui a commençé royalement par un « kadejak » sur l’argent de la diapora, comme le veut sa culture de prédation.
Et nous ne sommes qu’au début d’une histoire qui marche à reculons, le temps de "la bêtise qui pense "et qui autorisera-vous mêmes- comme les étrangers à dire, par la suite ,qu’Haïti et les Haïtiens ne valent rien.
Pour conclure , Aristide n'est que le prétexte. Il n'est ni le mal incarné, ni le prophète inspiré . C'est un mec comme un autre, comme Fignolé qui a essayé de sortir Haïti de la gueule du loup. Il a raté son coup, comme bien d'autres avant lui dans notre histoire.
Le fond de l'histoire, c'est la volonté du peuple haïtien à se libérer de ses oprresseurs et à vivre dans la dignité qui est visée et contre laquelle lutte les macouto/militaro/duvaliéristes/Fraph leurs alliés locaux et internationaux. Pas la peine de chercher midi à quatorze heures.
Pour comprendre ce qui s'est passé en Haïti de 1991 à aujourd'hui où les duvaliéristes sont de retour, il faut, à mon avis, avant tout analyser les relations entre Haïti et la " communauté internationale".
Voici en résumé, cher Monsieur, la teneur de mes réflexions sur ce sujet.
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