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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Situation catastrophique en Haïti, l'aide internationale n'est pas distribuée

Publié par Elsie HAAS sur 22 Janvier 2010, 10:02am

Catégories : #AYITI SEISME


L'article qui suit  a été publié dans le journal britannique "The Guardian"

Mezanmi, l'auteur d'emblée annonce la couleur.
Pour lui, la situation d'Haïti est une punition infligée par le monde extérieur (il faut entendre le monde occidental).
Pas de repos pour le peuple haïtien,dit-il. Et il montre que + d'une semaine après l'annonce de l'armada d'aides annoncées par le monde extérieur,  à l'inverse,  ce que le peuple haïtien a eu ce sont les milliers de militaires US qui se sont déversés sur l'aéroport de Port-au-Prince alors que des milliers de survivants sont en train de mourir de leurs blessures et de faim.

Plus scandaleux, les militaires américains, ont détourné des vols qui apportaient du matériel médical comme ceux des organisations, World Food Programme et Médecins Sans Frontières, pour donner la priorité aux avions qui déchargent des soldats.

En dépit de la remarquable patience, de la solidarité et du relativement bas niveau des pillages, le but de cette opération, disent-ils,  serait d'assurer la sécurité et d'éviter une "autre Somalie", une référence à l'echec militaire humiliant des troupes US en 1993 en Somalie.
Depuis les 2 derniers jours, une autre motivation apparait clairement, les USA ont organisé un blocus naval autour d'Haïti, pour éviter un exode de la population, suite aux conséquences du tremblement de terre.
Ainsi, alors que des médecins cubains et écossais étaient occupés à sauver des vies pendant toute la semaine, la 82ième division Airbone, elle, s'occupait de parachuter ses hommes dans les ruines du Palais présidentiel.

Puis, il fait le récit de l'histoire d'Haïti, de sa lutte pour l'Indépendance, de l'indépendance déclarée en 1804,  de la dette à la France, de la reconnaissance tardive de son indépendance par les USA en 1862, et montre comment l'histoire du pays a été une longue lutte contre les convoitises des Américains et leur volonté de l'empêcher de se développer en forçant des politiques comme, par exemple, l'extermination des cochons noirs, le dumping des denrées importées, notamment le riz US dont Haïti est devenu le 3ème acheteur au monde, la politique imposée par le FMI et tous les autres plans désastreux élaborés par les institutions internationales, qui n'ont fait qu'enfoncer Haïti dans la pauvreté et dont seuls ont bénficié  la  poignée habituelle de "clients"  locaux qui depuis 1957 s'engraissent sur le dos de la population haïtienne. (Et, c'est vrai qu' ils sont vraiment tous physiquement plein de graisse.
(Ca c'est moi bibi qui le dit)

Il rappelle l'analyse de Naomi Klein -dont nous avons souvent parlé ici de manière quasiment prémonitoire sans savoir qu'Haïti connaîtrait également son tsunami ou son Katrina- qui démontre que le dernier truc trouvé par les capitalistes c'est d'utiliser une catastrophe, de profiter du moment où une population est totalement affaiblie, désemparée et n'a plus de repères pour imposer l'agenda des corporations qui est de s'emparer des ressources du pays en question.

Je ne sais pas si le Président Préval a lu le livre de Naomi Klein- on dit que depuis son alliance collé/serré avec les militaro/macoutes, il ne s'intéresserait plus du tout aux livres, ni aux intellectuels, mais au pragmatisme. On aura vu où cette "folie" du  pragmatisme aura mené le pays et sa population ! En fait, si on comprend bien le pragmatisme pour M. Préval, version duvaliériste, ce serait de ne pas s'opposer à la loi du plus fort. Donc de laisser les puissants et les dominants imposer leur politique au dépens des intérêts des Haïtiens.

Bref, pour faire court, l'auteur de l'article, M. Seumas Mine, pense que c'est le scénario du Sri-Lanka et de la Nouvelle Orléans qui est en train de se mettre en place. A savoir l'expropriation forcée des pauvres du bord de mer, Carrefour, Cité Soleil et de la classe moyenne celle qui habite Paco, la Fleur du Chêne, Delmas, etc., par les corporations comme ils ont récupéré au Sri-Lanka les terres des pêcheurs, les repoussant vers l'intérieur, où sans travail, ils crèvent de faim, en dehors de la minorité employée dans les hôtels de luxe qui se sont construits sur leurs propres terres dont ils ont été dépossédés.

Mezanmi, ca fait un moment dans ce blog que j'aborde ce probème de la menace d'expropriation qui pèse sur les pauvres en échange de rien du tout. J'en avais été alarmée en suivant le projet de l'ex-Première ministre Mme Duvivier Michèle Pierre-Louis, de privatisation de l'habitation Leclerc sous le prétexte de rénovation.

J'avais posé un certain nombre de questions: comment l'Etat, le gouvernement haïtien peut-il se permettre d'allouer à FOKAL, la réhabilitation de cet espace? A quel titre l'association FOKAL est-elle abilitée à passer un contrat avec le gouvernement pour cette réhabilitation ? L'association FOKAL avait-elle vocation de faire de l'urbanisme ? Est-ce que c'était écrit dans les statuts de l'association ? Pourquoi n'y avait-il pas eu un appel d'offre international pour un projet historique qui concernait l'Unesco ? J'avais vu un reportage dans lequel une voyait une jeune dame européenne nous raconter qu'elle était chargée de faire les plans de la rénovation du quartier. Kimafoutiésa ! Ca sentait le hold up, le dap piyan sur un bien national, commun, collectif. D'ici qu'on apprenne que dans les 196 millions disparus de PetroCaribe une partie est allée au projet de FOKAL, ça ne me surprendrait pas. Derrière FOKAL, on le sait, il y a Soros. Tiens, c'est bizarre on ne l'entend pas enore. Mais soyez en sûr, ça viendra.

Bref, l'auteur, nous dit que M.Clinton - qui aime tant Haïti, qu'il  nous ferait pleurer -La bonne blague !- mais les Haïtiens de la classe moyenne sont tellement cu-cus, et peu au fait des questions économiques qu'ils avalent toules les couleuvres, surtout quand elles sont de couleur blanche- a son plan, qui comme d'hab est de transformer Haïti en une plantation de sweatshops -rêve des commerçants de l'importationet des anciens colons. Ils y tiennent, ces gens-là, à leur plantation de sweatshops et de mangos !
Ala moun ki renmen sweatshop ak mango,papa !

Il faut dire que les Haïtiens de la classe moyenne qui ont été appauvris par la politique du FMI, mais sauvés des eaux par les 10 000 ONG qu'on leur a balancé dans le pays comme béquilles, sont aujourd'hui devenus tellement serviles, qu'ils se trouvent dans l'incapacité de penser autrement que leurs patrons. Comme déjà, l'éducation haïtienne, à la jacorépète, ne favorise pas l'analyse, les cadres de la classe moyenne, employés des ONG, n'ont pas eu de grandes difficultés à mettre leurs cerveaux sur le mode pause.

De plus, la propagande des gens de droite, à base de "kokorat, Nul, Kongo", "ne fêtons pas notre indépendance, on ne vaut rien, etc, " comme je l'ai mille fois dit, les conditionne à avoir du mépris pour leurs propres têtes et celles de leurs concitoyens, à être complexés, et à intégrer, dans leurs cerveaux aussi peu  limpides qu'un jellyfish, une méduse,  la pseudo supériorité "génétique" de l'autre, le Blanc qui arrive chez eux en conquérant alors que, parfois, il n'était qu'un clochard de l'autre côté de l'eau.
Ajouter à cela que ces gens sont pris dans l'étau à la fois du catéchisme duvaliérien (violence et soumission) et de celui des églises protestantes,(soumisssion et pardon) vous vous retrouvez avec des cerveaux gelés/dégelés/congelés/décongelés, comme les morceaux de poulet venus des USA, revendus dans la rue en plein soleil.
Et, comme toutes les têtes pensantes, honnêtes et rebelles, ont été peu à peu physiquement éliminées par balles, par "disparition" ou à coups de machette durant ces vingt dernières années, ou bien forcées à l'exil, on se retrouve avec un classe moyenne  totalement ababa, dans l'incapacité de faire face aux problèmes posés par la mondialisation, se réfugiant dans une nostalgie morbide du temps de la papadocratie et prête à accepter tout pouvoir autoritaire qui lui garantirait une sécurité financière, au dépens des intérêts de leur nation et de la population.


Le peuple haïtien se retrouve donc seul, "toutout nu"- parce que ses leaders populaires ont été entre temps eux également, éliminés par coups de machettes, par  balles, viols et tortures- face à la violence prédatrice des corporations, de leurs alliés locaux les MRE (most repugnant elites) et les institutions internationales qui l'ayant déjà tondu, s'apprêtent, dans un second temps, celui propice offert par la catastrophe, à boire son sang.

Peuple haïtien,  au point  de non retour où ils t'ont acculé,
il ne  te reste plus qu'à t'appuyer  sur tes rares amis
et à appliquer méthodiquement, le mot d'ordre du Conseil National de la Résistance
fondé en France, après la 2nde guerre mondiale
"Résister c'est créer, créer c'est résister"

Haiti's suffering is a result of calculated impoverishment

Last week's earthquake was a natural disaster, but the carnage is a result of a punitive relationship with the outside world

Seumas Milne
guardian.co.uk, Wednesday 20 January 2010 20.30 GMT

There is no relief for the people of Haiti, it seems, even in their hour of promised salvation. More than a week after the earthquake that may have killed 200,000 people, most Haitians have seen nothing of the armada of aid they have been promised by the outside world. Instead, while the US military has commandeered Port-au-Prince's -airport to pour thousands of soldiers into the stricken Caribbean state, wounded and hungry survivors of the catastrophe have carried on dying.

Most scandalously, US commanders have repeatedly turned away flights bringing medical equipment and -emergency supplies from organisations such as the World Food Programme and Médecins Sans Frontières, in order to give priority to landing troops. Despite the remarkable patience and solidarity on the streets and the relatively small scale of looting, the aim is said to be to ensure security and avoid "another Somalia" - a reference to the US -military's "Black Hawk Down" -humiliation in 1993. It's an approach that -certainly chimes with well--established traditions of keeping Haiti under control.

In the last couple of days, another motivation has become clearer as the US has launched a full-scale naval blockade of Haiti to prevent a seaborne exodus by refugees seeking sanctuary in the United States from the desperate aftermath of disaster. So while Welsh firefighters and Cuban -doctors have been getting on with the job of -saving lives this week, the 82nd Airborne Division was busy parachuting into the ruins of Haiti's presidential palace.

There's no doubt that more Haitians have died as a result of these shockingly perverse priorities. As Patrick Elie, former defence minister in the government of Jean-Bertrand Aristide - twice overthrown with US support - put it: "We don't need soldiers, there's no war here." It's hardly surprising if Haitians such as Elie, or French and Venezuelan leaders, have talked about the threat of a new US occupation, given the scale of the takeover.

Their criticisms have been dismissed as kneejerk anti-Americanism at a time when the US military is regarded as the only force that can provide the -logistical backup for the relief effort. In the context of Haiti's gruesome history of invasion and exploitation by the US and European colonial powers, though, that is a truly asinine response. For while last week's earthquake was a natural -disaster, the scale of the human catastrophe it has unleashed is man-made.

It is uncontested that poverty is the main cause of the horrific death toll: the product of teeming shacks and the absence of health and public infrastructure. But Haiti's poverty is treated as some -baffling quirk of history or culture, when in reality it is the direct -consequence of a uniquely brutal -relationship with the outside world -- notably the US, France and Britain -- stretching back centuries.

Punished for the success of its uprising against slavery and self-proclaimed first black republic of 1804 with invasion, blockade and a crushing burden of debt reparations only finally paid off in 1947, Haiti was occupied by the US between the wars and squeezed mercilessly by multiple creditors. More than a century of deliberate colonial impoverishment was followed by decades of the US-backed dictatorship of the Duvaliers, who indebted the country still further.

When the liberation theologist Aristide was elected on a platform of development and social justice, his challenge to Haiti's oligarchy and its international sponsors led to two foreign-backed coups and US invasions, a suspension of aid and loans, and eventual exile in 2004. Since then, thousands of UN troops have provided security for a discredited political system, while -global financial institutions have imposed a relentlessly neoliberal diet, pauperising Haitians still further.

Thirty years ago, for example, Haiti was self-sufficient in its staple of rice. In the mid-90s the IMF forced it to slash tariffs, the US dumped its subsidised surplus on the country, and Haiti now imports the bulk of its rice. Tens of thousands of rice farmers were forced to move to the jerry-built slums of Port-au-Prince. Many died as a result last week.

The same goes for the lending and aid conditions imposed over the past two decades, which forced Haitian governments to privatise, hold down the minimum wage and cut back the already minimal health, education and public infrastructure. The impact can be seen in the helplessness of the Haitian state to provide the most basic relief to its own people. Even now, new IMF loans require Haiti to raise electricity prices and freeze public sector pay in a country where most people live on less than two dollars a day.

What this saga translates into in real life can be seen in the stark contrast between Haiti, which has taken its market medicine, with nearby Cuba, which hasn't, but suffers from a 50-year US economic blockade. While Haiti's infant mortality rate is around 80 per 1,000, Cuba's is 5.8; while nearly half Haitian adults are illiterate, the figure in Cuba is around 3%. And while 800 Haitians died in the hurricanes that devastated both islands last year, Cuba lost four people.

In her book The Shock Doctrine, Naomi Klein shows how natural disasters and wars, from Iraq to the 2004 Asian tsunami, have been used by corporate interests and their state -sponsors to drive through predatory neoliberal -policies, from -radical deregulation to privatisation, that would have been impossible at other times. There's no doubt that some would now like to impose a form of -disaster -capitalism on Haiti. The influential US conservative Heritage Foundation initially argued last week that the -earthquake -offered -"opportunities to -reshape Haiti's long-dysfunctional government and -economy as well as to improve the -public image of the United States".

The former president Bill Clinton, who wants to build up Haiti's export-processing zones, appeared to contemplate something similar, though a good deal more sensitively, in an interview with the BBC. But more sweatshop assembly of products neither made nor sold in Haiti won't develop its economy nor provide a regular income for the majority. That requires the cancellation of Haiti's existing billion-dollar debt, a replacement of new loans with grants, and a Haitian-led democratic reconstruction of their own country, based on public investment, redevelopment of agriculture and a crash literacy programme. That really would offer a route out of Haiti's horror.

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