Une affaire étonnante, mais qui ne détonne guère dans l'ambiance installée par le pouvoir des cranes rasés (Tèt Kale).
Je l'ai lu sur Tout Haïti :link
Imaginez !
Des journalistes en train de couvrir un fait divers- un accident de la route ayant provoqué la mort de 2 personnes.

Un quidam vêtu d'un costume bleu marine et arborant cravate rose
et pochette rose (rose racket ?) au veston, leur ordonne d'arrêter de filmer.
Les journalistes, qui font leur boulot, ne comprennent pas ce que leur veut cet individu qui ne s'est pas présenté.
L'individu insiste et demande aux journalistes de lui passer leur caméra afin qu'il efface le film.
Or, l'individu s'avère être un juge qui, devant le refus des journalistes de lui passer leur caméra,
ordonne au policier qui l'accompagnait d'arrêter les journalistes.
Ce genre d'incident pourrait passé pour de la simple bouffonnerie.
Cependant, pour les générations qui n'ont pas connu les moeurs et coutumes des macoutes, il faut savoir que chez eux bouffonnerie, bêtise et cruauté allaient de pair.
D'où le titre du film "Les comédiens" qui narre la dictature de Duvalier François.
Un macoute célèbre qui tenait un restaurant, avait pour habitude de forcer, parfois, ses clients à terminer leur plat. Cela prétait à rire. Les restavek et autres sousous habituels trouvaient cela charmant, pittoresque. Les Haïtiens sont des comiques, n'est-ce pas !
Mais, il n'empêche que les clients en question s'empressaient de ne rien laisser dans leur assiette. Parce que - blague à part- le restaurateur bouffon et macoute pouvait, aussi bien, si l'idée lui passait par la tête, sortir son arme et faire feu sur son client récalcitrant.
Un comportement arbitraire et insensé comme celui-ci, est un signe qu'il ne faudrait pas prendre à la légère. Quand un type qui porte une cravate rose, juge ou pas, se transforme dans le cadre d'un banal accident de la route en censeur de la pressse, qu'est-ce que ça pourrait donner si ces journalistes étaient en train de filmer une manifestation ou le tabassage d'un pauvre par un homme vêtu de rose des pieds à la tête?
Les zentellectuels , dont bon nombre d'entre eux se trouvaient du bon côté de la barrière, celle du pouvoir duvaliériste, ont passé sous silence tout un aspect du militaro/macouto/duvaliérisme, celui de cet arbitraire au quotidien qui pourrissait lentement mais sûrement- comme la peste- la vie des gens.
Savez-vous que des paysans ont volontairement arrêté de cultiver leurs terres et ont préféré s'exiler parce que tout simplement, ils en avaient marre, assez, des exactions des macoutes qui venaient sans cesse leur réclamer des produits, de l'argent et leur faisant des menaces ?
Cette histoire des paysans d'Haïti sus les Duvalier, on ne la connait pas. Parce que quel est l'inteellectuel qui irait s'intéresser au témoignage des paysans ?
Il vaut mieux prévenir que guérir dit le dicton. Et donc, commencer par mettre fin à cette mascarade de rose qui non seulement nous humilie, nous Haïtiens aux yeux du monde entier, - (ah, ah, la première république Noire au monde après avoir fait sa révolution en rouge et noir en 1957 et foutu à la porte tous ses gens de bien, nous la rejoue cette fois-ci en rose, ah ah ! quels pitres)
mais plus grave encore pourrait s'enkyster- comme jadis le gros bleu des macoutes- comme un laisser passé à tous les abus.
C'est à la jeune génération, celle qui n'a pas été complice de ce modus operandi, en fait de la folie dans laquelle un groupe de psychopathes et mégalomanes a entrainé tout un pays, de veiller au grain.
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