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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Une nation à qui on cache son histoire est aveugle...

Publié par siel sur 18 Mars 2013, 11:00am

Catégories : #REFLEXIONS perso

Chato-plage.jpg
Les enfants de la classe Fos ak Kouraj, lors de leur premier contact avec la mer à Port-Salut (Haïti) Photo VIKY)
J'écrivais ce texte en 2011, lors d'un retour d'Haïti.

Nous sommes en 2013, je reviens d'Haïti où, entre temps, les choses question exploitation et misère se sont empirées. Surtout au sein du monde rural. L'ouragan Sandy, qui a détruit les récoltes de banane et de pois (haricots), poussent les gens à couper des arbres pour faire du charbon. Le vétiver est également cultivé pour ses racines dont on fait de l'essence. Les deux : arrachage des racines de vétiver et production de charbon ont pour conséquence, assèchement des terres et déforestation.
Mais que disent les paysans qui sont conscients de l'engrenage infernal dans lequel ils sont entrés ? Ils disent que pour reboiser il leur faut de l'eau et des plantules. Pour cela il leur faudrait de l'argent. Le peu d'argent qu'ils ont est utilisé à la survie quotidienne : manger, payer les frais scolaires, se vêtir, se déplacer un petit peu, payer un peu sa carte de téléphone. Leurs dépenses se réduisent au minimum, mais ce minimum est encore trop par rapport à un budget qui ne compte que peu de rentrées. Le moindre accident, un pied blessé, la moindre maladie, le moindre décès, et c'est la catastrophe totale. L'endettement auprès des gros propriétaires terriens qui se termine en bout du compte, faute de pouvoir payer ses dettes en monnaie,  à la cession de ses terres.

Ce cycle infernal est celui dans lequel se débat la paysannerie haïtienne depuis des (2) siècles. C'est ce qui en premier lieu provoque l'exode rural, puis l'exil vers des terres plus clémentes. Le problème principal que tous les gouvernements, que tous les grands propriétaires, que tous les notables refusent de résoudre, tout en se lamantant hypocritement sur le déboisement, l'absence de production nationale et l'exode,  se refusent à résoudre, c'est le problème de l'eau.
Il ne manque pas d'eau, il faut la trouver et la distribuer équitablement et non pas la mettre sous surveillance des notables ou de l'église qui en font une affaire politique . La distribution de l'eau, considérée comme une manne rare, allant de préférence à leurs électeurs, à leurs ouailles, à leurs filleuls et autres alliés/dépendants. Si gouvernement, notables et grands propriétaires terriens refusent de s'atteler à la question de l'eau pour tous, c'est tout simplement que l'organisation de la rareté de l'eau est une arme dont ils se servent pour asseoir et maintenir leur pouvoir, sur ceux qu'ils considèrent encore aujourd'hui, quasiment comme leurs esclaves.
En ce moment, se déroule le proces de Duvalier Jean-Claude. Même si ce type qui a joui de la complicité et complaisance des "pays amis" France, USA, Canada et des dites élites noires, mulâtres et syro-libanaises du pays, ne sera jamais peut-être sanctionné à la hauteur des crimes qu'il a commis et de la déstabilisation et du bordel total que sa famille: père, mère, femme et courtisans ont instauré en Haïti, il reste que c'est une première importante , ne serait-ce d'entendre publiquement la voix des victimes et le récit de leurs tortures.
L'histoire du duvaliérisme et de ses méfaits profonds reste cachée, an ba fey. Et c'est ce qui aura permis le retour de cette engeance, toujours sous les ailes de la communauté internationale, toujours aussi bienveillante et attentionnée quand il s'agit de choisir les pires dirigeants pour les pays du sud. Dans quel pays verrait-on la fille d'une criminelle, Mme Max Adolphe, qui dit admirer sa mère, devenir ministre de la jeunesse ? Imaginez en Allemagne, un fils de nazi, déclarant qu'il est fier de son père et qu'on mettrait ministre, attention ! pas de n'importe quoi- de la jeunesse. En Republique Dominicaine, mme Racine, aurait tout simplement été priée d'aller se faire voir ailleurs, aux USA par exemple, où la liberté d'expression permet de faire l'éloge des fascistes nazis. Mais attention pa des terroristes islamistes qui ne sont pas, quant à eux, blancs.

Il s'agit pour l'extrême droite haïtienne, pour le pouvoir des crânes rasés, d'une pure provocation. Ils veulent voir jusqu'où la communauté internationale leur permet d'aller et jusqu'où la société haïtienne peut aller dans la soumission, l'abjection et le port du bracelet rose, comme jadis du gros bleu. 

Le pouvoir d'extrême droite des Tèt Kale, comme les Duvalier l'avaient, fait- ne pas oublier que le criminel Duvalier représente leur modèle- veulent tout d'abord soumettre, acheter, vassaliser et s'il le faut terrorriser les classes moyennes. On commence, comme pour les Duvalier, par leur faire peur, de manière après à s'attaquer au peuple, que, comme a dit Duvalier François lui-même, rapporté par un ambassadeur des USA  en Haïti de l'époque, représente la seule force dont il a peur.
Effectivement, les témoins qui viennent au jugement de Duvalier, sont le plus souvent issus de la classe moyenne. Mais, ceux qui ont le plus souffert des exactions, des abus, des vols, viols, et autres crimes des macoutes, restent les paysans dont j'ai entendu les récits à la campagne. De cette période, ils gardent une mémoire tout à fait vivante.

Pour l'instant, pas de sociologues, d'anthropologues, d'historiens, d'écriviains et autres zentellectuels pour s'intéresser à la voix de ces victimes  des 2 Duvalier,au sein du monde paysan.
Et pour cause...

Souvent, anthropologues, sociologues, écrivains, ethnologues, etc; sont eux-mêmes fils, parents, alliés des bourreaux. Comme Mme Max Adolphe Racine, en somme. Donc ça se tient par la barbichette...
Il faudra attendre que des étrangers, comme Barthélémy l'a fait avec son livre sur le duvaliérisme sans Duvalier, fassent ce travail qui touche à la mémoire de la
dictature et de ses incidences, répercussions influences sur le mental même des Haïtiens des couches défavorisées et du monde rural.
Le texte.
Jeudi 10 novembre 2011

 

J'ai lu ça sur le web :

 

"Une nation,à qui on cache son histoire, est aveugle. Supprimer l'étude du passé au sein d'une démocratie, c'est, délibérément, crever, à celle-ci, les deux yeux."
Louis Madelin


Antoine Michel, dans la préface de  son livre, au service de la jeunesse haïtienne : La XIVe Législative, dans une lettre adressée à son fils Gérard rapporte, entre autres, ce qui suit :

 « Le pays est divisé en deux groupes : 1) les exploiteurs, formant une minorité remuante et téméraire dans l’action, s’accaparent du pouvoir et paralysent l’évolution du peuple ; 2) les exploités, représentant la grande majorité, par un système tortionnaire employé contre eux, sont réduits à ne pouvoir se manifester en faveur des défenseurs de leur cause.

 « Les exploiteurs sont de toutes les couleurs. Lorsque, par leur origine, ils sortent directement de cette masse, ils sont parfois dangereux. C’est par eux que les plus mauvais coups sont donnés aux intérêts de la collectivité. Dans leur hâte d’avoir un certain bien-être, ils trahiront n’importe quel individu pour un plat de lentilles. Méfie-toi d’eux. »

 « La crise haïtienne ne peut être expliquée que par le profond désaccord entre les gouvernants et les gouvernés, et, par la persistance des exploiteurs à empêcher que la grande masse soit « une collectivité ordonnée, susceptible au moment des crises de penser ou de juger les problèmes d’ordre général, au moins avec autant de bon sens que l’élite elle-même. »

 « A cette phase de notre histoire, il importe que quelques hommes de bonne volonté aient le courage de faire le récit du passé à cette jeunesse et lui demander d’agir pour mettre fin à cette injustice sociale. Il importe que l’on fasse cesser cette anomalie : une partie de la nation ignorant l’existence de l’autre partie et trahissant toujours ses intérêts. »*

La XIVe Législative: Antoine Michel"
Marcel Salnave

 

Je suis de retour d'Haïti depuis hier.

Ce que relate M. Antoine Michel est d'une actualité plus que brûlante.

 

C'est l'ignorance du passé dans laquelle est tenue la majorité de la population, classes moyennes incluses, qui autorise les "exploiteurs de toutes les couleurs" à faire chavirer le pays à tribord et à babord, au gré de leurs intérêts du moment.

 

Cette même ignorance entretenue qui permet à des imbéciles de lancer un slogan aussi niais que celui-ci :


"Un pays sans armée n'est pas un pays" pour légitimer la refondation d'une armée budgétivore, dans un pays dont le budget dépend à 60% de l'inernational.

 

C'est cette même ignorance qui donne à un président, élu au forceps , l'audace de ponctionner

les membres pauvres de la diaspora -qui déduisent de leurs salaires tous les mois des sommes

pour envoyer à leurs familles ou pour les appeler- sans présentation d'un plan, sans en référer au parlement, sans comptabilité des sommes récoltées, après avoir appâté les moutons pour mieux les tondre, avec un projet d'éducation pour tous, sachant à quel point ce sujet sensible ne peut pas ne pas soulever l'adhésion du plus grand nombre.


On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre.

Le président Martelly, ex-star du konpa grivois, en sait quelque chose.

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A
<br /> Bonjour Elsie,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je me suis fait du souci, j'ai beaucoup pensé à toi du fait de ton absence, sans messages.<br /> <br /> <br /> Je me suis dit que tu étais au pays ou en tournage. Et puis, surprise, par ces temps tourmentés, tu es réapparue ce soir.<br /> <br /> <br /> Je suis contente et espère que tu tiens la route et aussi ta vie en ces temps de grand désert, une des formes du changement.<br /> <br /> <br /> Force, courage, abnégation pour le meilleur, ENSEMBLE.<br /> <br /> <br /> épi Kolo Barst "ri yo avan yo ri'w pas si'w pa ri yo yo yo ké ri'w".<br /> <br /> <br /> A anlòt soley<br />
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