J'ai lu ça sur le web
"Une nation,à qui on cache son histoire, est aveugle. Supprimer l'étude du passé au sein d'une démocratie, c'est, délibérément, crever, à celle-ci, les deux yeux."
Louis Madelin
Antoine Michel, dans la préface de son livre, au service de la jeunesse haïtienne : La XIVe Législative, dans une lettre adressée à son fils Gérard rapporte, entre autres, ce qui suit :
« Le pays est divisé en deux groupes : 1) les exploiteurs, formant une minorité remuante et téméraire dans l’action, s’accaparent du pouvoir et paralysent l’évolution du peuple ; 2) les exploités, représentant la grande majorité, par un système tortionnaire employé contre eux, sont réduits à ne pouvoir se manifester en faveur des défenseurs de leur cause.
« Les exploiteurs sont de toutes les couleurs. Lorsque, par leur origine, ils sortent directement de cette masse, ils sont parfois dangereux. C’est par eux que les plus mauvais coups sont donnés aux intérêts de la collectivité. Dans leur hâte d’avoir un certain bien-être, ils trahiront n’importe quel individu pour un plat de lentilles. Méfie-toi d’eux. »
« La crise haïtienne ne peut être expliquée que par le profond désaccord entre les gouvernants et les gouvernés, et, par la persistance des exploiteurs à empêcher que la grande masse soit « une collectivité ordonnée, susceptible au moment des crises de penser ou de juger les problèmes d’ordre général, au moins avec autant de bon sens que l’élite elle-même. »
« A cette phase de notre histoire, il importe que quelques hommes de bonne volonté aient le courage de faire le récit du passé à cette jeunesse et lui demander d’agir pour mettre fin à cette injustice sociale. Il importe que l’on fasse cesser cette anomalie : une partie de la nation ignorant l’existence de l’autre partie et trahissant toujours ses intérêts. »*
La XIVe Législative: Antoine Michel
Marcel Salnave
Je suis de retour d'Haïti depuis hier.
Ce que relate M. Antoine Michel est d'une actualité plus que brûlante.
C'est l'ignorance du passé dans laquelle est tenue la majorité de la population, classes moyennes incluses, qui autorise les "exploiteurs de toutes les couleurs" à faire chavirer le pays à tri bord et à bas bord, au gré de leurs intérêts du moment.
Cette même ignorance entretenue qui permet à des imbéciles de lancer un slogan aussi niais que celui-ci
"Un pays sans armée n'est pas un pays" pour légitimer la refondation d'une armée budgétivore
dans un pays dont le budget dépend à 60% de l'international.
C'est cette même ignorance qui donne à un président, élu au forceps , l'audace de ponctionner
les membres pauvres de la diaspora -qui déduisent de leurs salaires tous les mois des sommes
pour envoyer à leurs familles ou pour les appeler- sans présentation d'un plan, sans en référer au parlement, sans comptabilité des sommes récoltées, après avoir appaté les moutons pour mieux les tondre, avec un projet d'éducation pour tous, sachant à quel point ce sujet sensible ne peut pas ne pas soulever l'adhésion.
On n'atrappe pas les mouches avec du vinaigre.
Le président Martelly, ex-star du konpa grivois, en sait quelque chose.
Commenter cet article