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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Chili : le travail de mémoire. Par Caroline De Haas

Publié par siel sur 10 Novembre 2011, 10:41am

Catégories : #NUESTRA AMERICA


Ce matin, avec Yvette Roudy et Julia Kristeva, Michèle Sarde, Nicole Renault et Maïté Albagly, nous avons visité la Villa Grimaldi, ancien lieu de torture sous la dictature de Pinochet, aujourd'hui centre de mémoire. 4500 personnes ont transité par ce centre entre 1974 et 1978. Contrairement à d'autres lieux, la Villa Grimaldi n'a jamais été reconnue officiellement comme un centre de détention. Il n'existait pas. Les personnes qui y étaient détenues n'étaient pas considrées comme des prisonniers politiques mais comme des "disparus". Personne, ni eux, ni leurs proches, ne savaient où ils étaient enfermées. On y torturait les prisonniers pour leur extorquer des informations. En règle général, ils ne restaient pas longtemps sur place et étaient ensuite envoyés dans des camps de travail puis libérés. Laisser sortir les prisionniers participait d'une stratégie de terreur, mise en place par l'Etat. L'objectif était alors de faire peur, aux prisionniers comme à leurs familles.

Lors de l'avénement de la démocratie, des projets de vente de ce terrain ont vu le jour. Une bonne partie de la société civile s'est alors mobilisée pour faire de la Villa Grimaldi un lieu de mémoire.

La visite est très émouvante : nous sommes accompagnées de Margarita Romero, directrice de la Villa Grimaldi et de femmes qui ont été torturées ici. Elles nous racontent leur vie quotidienne dans le centre, la façon dont elles étaient traitées. Elles nous expliquent qu'elle étaient alors doublement punies : parce que militantes politiques engagées contre la dictature mais également parce que femmes. Lors des séances de torture, les insultes les visaient en tant que mères, essayant de les culpabiliser d'avoir "abandonner" leurs enfants. Les sévices étaient souvent d'ordre sexuels, les transformant en objets disponibles pour leurs tortionnaires.

Suite de l'article
http://blogs.mediapart.fr/blog/carolinedehaas/071111/chili-le-travail-de-memoire

 

Sur le même sujet Le président du Guatemala présente ses excuses pour le Coup d'Etat de 1954 soutenu par la CIA/ corrigé

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