Il y a deux arguments relevés par le journaliste
qui sont constammment avancés par les zentellectuels
et par les gens de droite.
1- L'argument de la réconciliation.
Mais peut-on se réconcilier avec des criminels
qui ne reconnaissent pas leur culpabilité ?
On prend l'exemple de l'Afrique du Sud,
mais là-bas, il y a eu au moins une Commission Justice
où les plus grands criminels sont venus avouer leurs crimes
et les victimes témoigner des torts qui leur ont été faits.
2- L'argument de la jeunesse qui ne sait rien et ne se sent pas concernée.
C'est un argument très grave.
D'abord parce qu'il montre à quel point
ceux qui ont été en charge d'éduquer les jeunes ont failli
à leur rôle.
En plus, cela voudrait dire que l'histoire n'existe pas en elle-même.
Les crimes des Duvalier n'existeraient pas ou seraient de peu d'importance
puisque la jeunesse n'est pas au courant.
Il n'y aurait donc d'histoire valable que celle connue.
(l'Afrique n'a pas d'histoire puisqu'on ne la connait pas)
On comprend, avec un tel raisonnement,
pourquoi l'appareil des Duvalier dominant dans l'éducation nationale,
(on touche du doigt les résultats de cette domination)
s'est fait un devoir de passer sous silence
puis de réviser l'histoire de la dictature.
C'est du pur Orwell ce que propose ces zentellectuels.
Selon ce schème de pensée, les tortionnaires nazis
que la génération d'après guerre n'a pas connus, n'auraient pas dû
être poursuivis et jugés, (kite yo trankil, bagay la deja pase )
les camps de concentration devraient être détruits (les jeunes ne les ayant pas connus)
les memorial, tous les memorial, n'auraient pas lieu d'exister (les jeunes ne connaissant pas les périodes concernées, pourquoi honorer qui que ce soit, pleurer qui que ce soit)
Bref, pour pousser le raisonnement à l'absurde
hier ne devrait pas exister,
nous serions dans un éternel présent
un éternel recommencement.
Chaque criminel pourrait refermer la porte derrière lui, le soir venu
et la rouvrir le lendemain, innocent comme un nouveau né.
La mémoire elle-même devrait être liquidée
puisque les jeunes n'en ont pas.
Nous serions donc dans une société
d'éternels jeunes qui eux-mêmes ne
reproduiraient que des jeunes
sans expériences, sans passé, sans mémoire.
N'est-ce pas ce qu'on appelle justement une société zombifiée ?
N'est-ce pas précisément ce qui est au coeur de l'idéologie duvaliériste ?
N'est-ce pas précisément pour sortir de cet engrenage zombificatoire
que le procès de Duvalier Jean-Claude n'est pas seulement nécessaire
mais impératif
afin que que les dirigeants haïtiens, les élites haïtiennes
le peuple haïtien deviennent des adultes responsables
conscients du sens des actes qu'ils posent ?
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