Selon le consulat, aucun président haïtien en exercice n'a jamais mis les pieds sur le territoire guyanais. Des candidats, oui. Un dirigeant en exil (Jean-Bertrand Aristide, en 1995), oui. Mais pas de président. Dès lors, inutile de préciser que la possible visite de l'actuel chef d'Etat, Michel Martelly, crée une indéniable effervescence. Néanmoins,la venue du président n'a toujours pas été confirmée officiellement. Même si elle alimente déjà nombre de conversations. Recevoir un chef d'Etat nécessite la mise en place d'une organisation des plus pointues. Le problème est de savoir qui est véritablement aux commandes du projet. Selon les premières informations qui ont permis d'apprendre l'éventuelle venue de Michel Martelly, c'est l'association Konbit pou Ayiti qui semblait en être à l'origine. Mais lorsque le président de l'organisme, André-Yves Rameau, est joint par téléphone, il ne souhaite pas aborder le sujet et se contente de répondre : « Je suis trop occupé. » L'autre solution est de se tourner vers le Conseil régional, qui serait chargé d'accueillir le chef d'Etat.
RÉUNION EN PRÉFECTURE
En Région, il est précisé que si déplacement de Michel Martelly en Guyane il y a, c'est à l'initiative du président Rodolphe Alexandre. « Mais pour l'instant, on marche sur des oeufs » , nous assure-t-on. Principalement en raison du fait que le chef d'Etat peut changer de programme à tout moment. Pourtant, les instances représentatives de l'Etat semble d'ores et déjà se préparer à l'arrivée de Michel Martelly. Ainsi, une réunion en préfecture est prévue lundi matin afin d'évoquer cette question.
En théorie, Michel Martelly doit atterrir en Guyane le mercredi 21 et repartir le vendredi 23. Il pourrait être accompagné de deux ministres. Une chose est sûre, il faudra prévoir un dispositif pour encadrer le comité d'accueil. « S'il vient, il y aura une population de dingue à l'aéroport » , s'enthousiasme Livia, dont la mère est Haïtienne. La Guyane compte un grand nombre de ressortissants haïtiens et d'originaires de la Perle des Antilles. Le problème est d'en connaître le nombre exact. Selon les interlocuteurs, il a tendance à osciller entre 30 000 et 58 000. La fourchette est large.