Jaurès, la crise et le journalisme
Présidés par Ernest Pignon-Ernest, "La société des Amis de L'Humanité ", en son stand si singulier de la fête du quotidien communiste - on a pu y entendre Anouk Grinberg lire des textes de Ja...
http://blogs.mediapart.fr/blog/antoine-perraud/140914/jaures-la-crise-et-le-journalisme
L’internationalisme doit réconcilier les peuples grâce à « l’universelle justice sociale ». Jaurès rêve d’une « humanité réfléchissant son unité supérieure dans la diversité vivante de nations amies et libres ».
Selon lui, la politique au sens noble, comme le journalisme au sens élevé, y auront leur part. En usant d’une forme de messianisme pédagogique. Développer la démocratie et la raison dans les consciences, c’est faire barrage à la violence. Éduquer, informer, porter à la connaissance d’autrui, c’est assécher la barbarie.
Jaurès croit aux vertus de « l’habitude de la réflexion ». À condition de pouvoir s’appuyer sur une nécessaire indépendance économique, un journalisme libre pourra combattre le sectarisme, au profit d’une union discuteuse et discutante.
Radical mais anti-autoritaire, engagé mais attaché à la vérité fût-elle déroutante, Jaurès écrivait : « C’est par des informations étendues et exactes que nous voudrions donner à toutes les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger elles-mêmes les événement du monde. »
La cause défendue, martèle-t-il « n’a besoin ni du mensonge, ni du demi-mensonge, ni des informations tendancieuses, ni des nouvelles forcées ou tronquées, ni des procédés obliques ou calomnieux. Elle n’a besoin ni qu’on diminue et rabaisse injustement les adversaires, ni qu’on mutile les faits. »
Les journalistes de l’an de grâce 2014, au lieu de cultiver leur don qui vire à la sale manie, au lieu de causer dans le poste pour expectorer la petite vulgate du jour qui leur vient à l’esprit, au lieu de se transformer en distributeurs d’éditorial automatique (on met un euro dans la fente et hop ! on obtient un gobelet de Zemmour, de Barbier ou de Joffrin !), les journalistes devraient examiner la matière, quitte à changer d’avis une fois dûment renseignés. Faire comme Jaurès : se coltiner avec le réel, au point de revenir sur une opinion première hâtive. Savoir revoir sa copie.
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