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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Le rôle des ONG en Haïti, une réflexion de Robert Lodimus à partir d'un film de Costa Gavras

Publié par siel sur 9 Septembre 2014, 10:40am

Un texte limpide.

Et émouvant parce que transparaît à travers les lignes la détresse de celui qui porte le fardeau de la connaissance sans avoir les moyens de faire dévier le cours des choses.

M. Lodimus prêche pour des convaincus comme nous sommes nombreux à le faire, moi y compris.

Qui va lire ce texte ?

Qui, en Haïti ou dans la diaspora va regarder la vidéo dans laquelle M. Perkins explique son boulot d'assassin économique ?

Quel impact peut- il avoir face au rouleau compresseur de désinformation et de niaiseries déversées sur les citoyens haïtiens par les radio ?

Ce qui ne signifie pas qu'il faille se taire.

Une de nos armes, vu le rapport de force (armes, média et argent chez les dominants, reste la parole engagée, individuelle que nous avons le devoir de relayer.

Je pense à cet ami peintre, Noir de Colombie ( en Haîti on dirait un mulâtre au vu de son phénotype) exilé à Paris, qui me disait en parlant de sa communauté en Colombie " Ils nous ont enfermé dans le silence."

Grâce à Costa-Gavras, cinéaste avant-gardiste, nous sommes persuadés depuis longtemps que la plupart des ONG subventionnées officiellement ou secrètement par des puissantes institutions financières, comme le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale (BM), la Banque interaméricaine de développement (BID), etc., entretiennent des liens douteux, indécents avec la mafia politique globalisée. Leurs missions n'ont presque pas de rapport avec les enjeux de développement durable. Elles opèrent dans une atmosphère de nébulosité opaque qui brouille la compréhension de l'individu moyen. Elles ont un système d'embranchement occulte qui abrite les « malfrats » les plus cyniques du néolibéralisme. Ces experts incontournables qui œuvrent dans le domaine complexe de la Haute finance conçoivent les stratégies les plus fines pour maintenir continuellement les pays en voie de développement dans leur position de vassalisation et leur état de dépendance. Les agissements sauvages et criminels de la « pègre redoutable » déguisée en « philanthropie internationale » consistent à assécher toutes les sources d'économie et de finance des régions du Sud où elle déploie ses tentacules comme les pieuvres de l'océan, à l'effet d'endommager les circuits de productivité et de provoquer le « dégraissage » et la « dérentabilisation » des rares entreprises qui assurent la survie d'une production nationale déjà maigrelette.

Lorsque John Perkins aborde les circonstances révoltantes du décès planifié et provoqué du président panaméen par la CIA, Omar Torrijos, le 31 juillet 1981, pour ses convictions patriotiques et ses principes nationalistes, les dures et étonnantes révélations sur les mobiles du crime confirment une fois de plus que les misérables de la terre qui sont pris en otage par les puissances monopolistiques n'arriveront pas à se libérer du jour au lendemain. Ce combat, même s'il est mené sur une base de rationalité organisationnelle, traversera plusieurs générations. Lutter contre des « fantômes » qui incarnent le « génie du mal » n'est pas chose aisée. Pour transcender la malfaisance diabolique et endémique, seul l'exorcisme – dans bien des cas – offre une issue favorable et satisfaisante. Cette solution complexe et ardue se prénomme « Révolution ».

L'infiltration des ONG par des agents doubles de la trempe de James Bond oo7 est donc « Une Affaire d'État ». Elle permet justement aux États imprégnés de l'idéologie hégémonistique d'agir discrètement à l'étranger sans courir le risque de se faire repérer et épingler par les autorités locales. En clair, les ONG demeurent des filières sûres qui permettent aux pays comme les États-Unis, la France, le Canada, l'Allemagne, la Russie, l'Angleterre, etc., de déployer leurs espions dans le monde de manière clandestine et sécuritaire. Et elles offrent même – dans bien des cas – les moyens de parvenir à l'élimination physique ou psychologique de certaines personnalités charismatiques, non moutonnières, qui osent affronter la dictature des grandes institutions financières mondiales pour protéger les intérêts de la Nation. Le défunt dirigeant du Panama, Omar Torrijos – selon l'essayiste John Perkins – a payé de sa vie la résistance qu'il a opposée vaillamment aux pressions des « faucons globalisés ». Il a agi courageusement dans le sens du bien-être socioéconomique des Panaméens les plus vulnérables. Et il avait raison.

Malgré la prolifération des Organisations non gouvernementales dans les régions de l'Afrique et des Amériques, la misère ne s'estompe pas. Au contraire, elle avance à la Barbe Bleue. Gagne du terrain. Loin de reculer, elle multiplie tous les jours les victimes... Plus étonnant encore, elle parvient à élire domicile même dans les mégapoles de l'Occident. La misère n'est plus seulement l'Afrique, l'Amérique Latine, la Caraïbe : elle est aussi l'Amérique du Nord (États-Unis, Canada...) et l'Europe (France, Grèce, Italie, Angleterre, etc.).

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