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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Le plus beau message à la mort de Duvalier est celui de Patrick Gaspard ambassadeur des USA en Afrique du Sud

Publié par siel sur 9 Octobre 2014, 14:59pm

Catégories : #DUVALIER

Patrick Gaspard, the American ambassador to South Africa, who is Haitian-American, posted on Twitter on Saturday. “News of the passing of Duvalier makes me honor my father and generations of Haitians who resisted that vicious dictatorship.”

"La nouvelle de la mort de Duvalier me permet d'exprimer mon respect pour mon père et les générations d'Haïtiens qui ont résisté à cette violente dictature."

C'est à première vue paradoxal que M. Gaspard représente les US parce qu'il est né aux USA de parents qui ont fui la dictature des Duvalier; et que, par ailleurs, les USA ont soutenu ces deux régimes.

Mais pas tant que ça. Le grand envol des cerveaux à partir des années 1960 a été, mine de rien, favorisé par les pays mêmes qui fermaient les yeux sur la répression des Duvalier.

On sait combien le Canada a profité des enseignants, des médecins, des infirmières et autres professionnels haïtiens à un moment où ce pays en manquait, sans jamais bouger le petit doigt pour s'élever contre les exactions des Duvalier.

Les cas de réussite de cette génération dont les parents ont été chassés du pays sont nombreux. Michaelle Jean, Edwidge Danticat, entre autres, en sont des exemples.

Evidemment il y en a des centaines d'autres moins connus qui brillent dans leur profession à travers le monde.

Se débarrasser des têtes pensantes a été une statégie de Duvalier Ier, pour asseoir sa dictature et enfermer le pays dans le "faire noir" avec une offre de " paix des cimetières ", dont les adeptes de la servitude volontaire vantent, aujourd'hui, les soit-disants bienfaits.

Pourtant, cette grande rupture dans la transmission des savoirs n'a fait qu'enfoncer Haïti dans le sous-développement intellectuel, économique et social. Les effets délétères de cette descente en enfer, cinquante plus tard, se manifestent de manière d'autant plus aigus, que ceux qui occupent les postes de direction dans le pays appartiennent à cette génération des 40- 60 ans et plus, formatés à l'école de l'idéologie duvaliérienne.

Les transitions de la dictature à la démocratie n'ont été faciles dans aucun pays. En Europe, le Portugal, la Grèce, l'Espagne, ont pu, en quelque sorte, passer d'un système à l'autre sans trop de casse, grâce à leur intégration dans l'Europe. L'UE ayant soutenue leurs économies totalement ravagées au cours de ces dictatures. Bien que, jusqu'à présent, les blessures ne soient pas cicatricées.

En A du Sud, le processus a été bien plus complexe. Avec le voisin US veillant à préserver ses intérêts sur place, la marge de manoeuvre était plus étroite.

La RD comme le souligneLeslie Péan ici, consciente que son avenir économique dépendait en grande partie du tourisme, a fait une rupture radicale avec le trujillisme- en tous les cas au niveau symbolique. Toute apologie de Trujillo ou références à son ère ont été bannies. Cette politique affirmative au niveau de l'Etat de rejet de la dictature aura eu comme résultat de donner de la reconnaissance aux victimes qui ont pu panser leurs blessures et de permettre à la société de se réconcilier.

Dans d'autres pays d'A du Sud, Chili, Brésil, Uruguay, Nicaragua, Bolivie, Equateur, Venezuela, c'est l'arrivée de gouvernements de gauche avec à leur tête des victimes de la dictature parfois ( Brésil, Uruguay, Chili) qui aura permis d'entamer le processus de rupture avec l'idéologie de l'extrême-droite.

Le Costa-Rica, quant à lui, a vu un président , ancien militaire, dissoudre l'armée, jugée par lui fauteuse de troubles et trop dispendieuse. Depuis, ce petit pays qui ne fait pas beaucoup parler de lui, et pour cause, a pu améliorer ses scores en éducation, santé, environnement, tourisme, sécurité.

Haïti est restée en dehors de cette redistribution des cartes. A l'inverse, la transition démocratique a été interrompue au bout de 9 mois par un Coup soutenu par les US. Puis, se sont succédées des attaques permanentes contre la démocratie soutenues par les US,à travers ses institutions (iRI)et ses nombreux agents déstabilisateurs locaux héritiers du duvaliérisme, de l'armée, du macoutisme, du FRAHP, présents à tous les niveaux de l'appareil d'Etat.

Il s'agissait de torpiller l'aspiration à la justice, à l'éducation, à la santé et aux droits démocratiques auxquels aspiraient la majorité des Haïtiens au sortir, en 1986, de la dictature. Encore une fois, ce n'était pas Aristide qui était visé, mais les réclamations populaires pour un état de droit, la fin du système militaro/macouto/duvaliériste.

L'opération de dechoukaj de la dignité a totalement bien fonctionné - pas surprenant vu le rapport de forces défavorable aux progressistes et la fragilité structurelle et économique des partis et associations pro-démocratie- à preuve le boycott de la commémoration des 200 ans d'indépendance d'Haïti qui a initié le processus de recolonisation directe du pays avec le retour au-devant de la scène des acteurs de la répression duvaliériste .

L'arme psychologique a été fortement utilisée, - ça a pris du temps mais ils y sont arrivés- il fallait convaincre les Haïtiens du peuple- ceux de l'élite étant déjà acquis à cette idée- que la démocratie n'était pas vraiment faite pour eux, dont l'histoire tumultueuse de coup d'Etat à assassinats ou exils de leurs dirigeants le prouvait.

Les Haïtiens, selon cette doctrine made in USA et intériorisée par les élites, étaient un peuple mineur. Des enfants qui avaient volé leur indépendance et n'étaient pas génétiquement programmés pour vivre dans un régime démocratique - occultant au passage leurs ingérences constantes dans les affaires internes haïtiennes pour barrer la route à tous ceux qui ont tenté d'appliquer une politique visant au développement du pays, Estimé par exemple. Et, au contraire, leur soutien aux dirigeants kanson fè qui maintenaient le pays dans le sous-développement et la dépendance, les 2 Duvalier par exemple et Martelly.

A partir de ce constat porté par le racisme et des intérêts économiques hégémoniques, les US ont axé leur politique sur l'imposition aux Haïtiens de dirigeants autocrates, des exhibitionnistes, des narcissiques, des huluberlus adeptes de l'ésotérisme, des comédiens, des imposteurs assoiffés de sang, de lucre et d'argent.

Ils nous les ont présenté comme des "Haïtiens authentiques" (sic)

C'est la fiction qui nous est relatée à travers les films faits sur Haïti par des étrangers et également des Haïtiens dont l'interprétation de l'histoire de leur propre pays a été influencée par celle des dominants.

Ce n'est pas pour dire que nous n'avons pas eu des fous finis à la tête du pays, mais rappelons que ces psychopathes ont été généralement soutenus par la communauté internationale ( les US, France, Canada, Angleterre, Espagne)) qui voyaient en eux la confirmation de leurs thèses racistes, le moyen de punir Haïti de s'être libérée de l'esclavage et, in fine, d'en faire l'épouvantail, l'expression même de la barbarie et de l'incapacité des Noirs à se gouverner à l'intention de tous les pays peuplés de Noirs.

Tout ceci, ceux qui connaissent l'histoire d'Haïti et de ses relations avec l'international, le savent par coeur. Pour eux ce n'est que du rabachage. Et ils ont raison.

Nous sommes en mode rabachage, tout simplement parce que nous ne sommes pas maîtres de nous mêmes, parce que tenus d'une main de fer par les USA et que la plupart d'entre nous applaudissent à la servitude volontaire.

Dans la rue, vous avez déjà observé, pour ceux qui vivent à l'étranger, la lutte d'un chien avec son maître. Le chien voulant prendre une direction, le maître le retenant en tirant sur la laisse. Non pas que je me permettrais de comparer les Haïtiens à des chiens (d'ailleurs selon un officiel canadien les chiens sont mieux traités chez eux que les Haïtiens) mais ce maître qui impose son tempo à son chien et décide de l'endroit où il il peut aller, du moment où il lui enlèvera sa laisse pour le laisser courir et de celui où il le sifflera pour la lui remettre, me paraît une image qui illustre bien la relation entre Haïti et la Ci (les US)

C'est ainsi que, cette même communauté internationale, animée par le même schéma raciste, de revanche et de défense de ses intérêts, a imposé à la tête du pays un ex-macoute, chanteur grivois présenté comme le plus parfait président pour Haïti.

C'est ainsi que ce président-objet, vendu dans tous les média locaux et internationaux comme ayant remporté 68% des voix - en oubliant de mentionner qu'il s'agit de 700 000 personnes, la majorité des électeurs s'étant abstenue, est montré comme du temps des zoo humains, sur la scène internationale du Vatican à la France en passant par l'Espagne et les USA comme le prototype du Nègre non plus blanchi mais roséifié, un exemplaire fabriqué, loin des Martin Luther King, des Chavez, des Castro,des Mandela, un prototype à expérimenter dans les pays du sud.

L' adhésion fictive à leur candidat par une énorme majorité des Haïtiens, relayée par les média haïtiens, du genre Vision 2000, faisant apparaître le peuple haïtien comme un ramassis d'idiots analphabètes et bêtes, a été intégrée par les Haïtiens eux-mêmes : " C'est le peuple qui l'a choisi parce qu'il ressemblait à un vagabond et que le peuple en avait assez des intellectuels, des diplômés. Sa ou vle fè !" entend-on matin et soir sur les radios.

Afin de donner du corps à leur fable raciste, la communauté internationale a porté à bouts de bras" le vagabond". Elle l'a encensé, lui a apporté une aide économique comme aucun gouvernement progressiste n'a eu droit, a fermé les yeux, détourné le regard sur la corruption, les exactions, les entorses à la démocratie, comme elle l'avait fait avec Duvalier J-Cl.

Aujourd'hui, il est tout à fait normal et logique que Martelly fasse l'apologie de la dictature en organisant des funérailles nationales pour Duvalier J-Cl. C'est après tout sa famille.

La communauté internationale - en dehors des déclarations purement hypocrites de soutien à un Etat de droit- ne peut que se réjouir du fait que leur puppet, inflige au peuple haïtien cette énième humiliation qui contribuera à ternir encore plus l'image de la première République Noire au monde.

Et à rendre des générations d'Haïtiens honteux, habités par la culpabilisation, aliénés, infantilisés, paralysés et par là, dans l'incapacité de prendre leur destin en main.

Les funérailles officielles de Duvalier J-Cl n'ont pas d'autre but que de rappeler aux Haïtiens qu'ils ne sont que des 100% KK, 'd'enfoncer dans leurs têtes le mépris, la haine d'eux-mêmes et la soumission à l'injustice.

Gageons que l'idée ne vient pas de Martelly, mais de son conseiller espagnol franquiste (partisan du dictateur espagnol Franco) expert en communication/manipulation qui a organisé sa campagne électorale.

Patrick Gaspard, fils d'exilés de la dictature des Duvalier, ambassadeur des USA en AF du Sud

Patrick Gaspard, fils d'exilés de la dictature des Duvalier, ambassadeur des USA en AF du Sud

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R
Je vous encourage à écrire d'avantage ! Merci pour cet article , je partage et recommande ! <br /> N'hésitez pas à visiter ma page !
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