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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


La corruption rose et les fonds PetroCaribe (2 de 5) Par Leslie Péan

Publié par siel sur 18 Novembre 2014, 11:02am

Catégories : #L.PEAN chronique

13 novembre 2014

Les interventions de Marie-Carmelle Jean-Marie contre la gabegie de l’équipe dirigeante la conduiront à démissionner en avril 2013, soit un mois après avoir défendu le BMPAD. Elle a sauvé son estime d’elle-même malgré le fait qu’elle soit revenue au gouvernement en avril 2014, suite aux pressions des bailleurs de fonds. Aller-retour nécessaire aussi pour assurer que les politiques salariales, fiscales, monétaires, bancaires, douanières protègent les intérêts des milieux d'affaires contre les velléités sacrilèges des dirigeants lòbey qui ne font qu’improviser. Atansyon pa kapon avec un chanteur obscène qui a fait sa carrière dans l’irrévérence et le blasphème ! Mais en même temps, les milieux d’affaires ne se laissent pas guider par leurs sentiments et veulent défendre leurs fondamentaux. Pas question de lâcher le réel pour l’incertain, la proie pour l'ombre !

Le 27 août 2014, la nature désastreuse de la gestion de PetroCaribe est soulignée avec force par plusieurs sénateurs de la république au cours de la séance de présentation du projet de loi de finances 2014-2015 par Marie-Carmelle Jean-Marie, ministre des Finances. À cette occasion,

« Steven Benoit a critiqué l’usage que le pouvoir fait du fonds PetroCaribe. D’après lui, il serait mieux d’utiliser ces fonds dans des projets de développement durable en guise des programmes de lutte contre la pauvreté. "Le PetroCaribe est une véritable gargote, a-t-il déploré. C’est de la politique que vous faites avec cet argent alors que nos enfants auront à le remettre. Ce n’est pas pour cela que Chavez…"[i]»

En clair, rien de positif ne se dégage des fonds PetroCaribe sinon que des magouilles pour permettre aux bandits légaux de devenir des millionnaires en dollars américains sur le dos du peuple haïtien. Le mot sur toutes les lèvres est : Yo salope kob PetroCaribe ya (l’argent de PetroCaribe est dévoyé). En effet, il est impossible de démêler l’écheveau. Il y a trop de nœuds et tous les fils sont de la même couleur et de la même grosseur. Combien de bandits légaux aujourd’hui étaient des partis LAVALAS et INITE hier et du parti duvaliérite avant-hier ? Les fils de la pelote sont les mêmes et ils se cassent dès qu’on essaie d’identifier leur provenance. Sa rèd !

La médiocrisation de la vie

Le gouvernement américain s’est rendu compte qu’il n’est plus hasardeux pour ses intérêts qu’Haïti reçoive l’assistance du Venezuela pour son approvisionnement pétrolier et celle de Cuba afin de permettre la construction de centrales électriques. Dans son entendement, la profondeur de la gangrène est telle qu’il n’y a rien à craindre. Le retour du dictateur Jean-Claude Duvalier en Haïti le 16 janvier 2011 sous le gouvernement Préval en est la preuve la plus éloquente. La médiocrisation de la vie induite par ce retour de Duvalier a conduit un groupe de victimes parmi lesquels Robert Duval, Alix Fils-Aimé, Nicole Magloire, Michèle Montas, etc . à adresser une lettre de protestation le 14 février 2011 à Monsieur René Préval, Président de la République; Monsieur Jean Max Bellerive, Premier Ministre; Monsieur Paul Denis, Ministre de la Justice et de la Sécurité publique[ii]. Le désenchantement provoqué par l’absence de justice est d’une telle ampleur que seules les absurdités peuvent avoir droit de cité. Les dictatures systématiques culminant dans le duvaliérisme se sont données pour objectif de zombifier l’Haïtien à un tel point qu’il ne puisse revendique cette valeur universelle qu’est la justice.

Il s’est donc installé un ordre normatif conduisant au désastre car refusant l’universel et bloquant le devenir avec le sens du chen manje chen qui prédomine. Singulier petit pays !, avait dit Louis Joseph Janvier. Il existe en effet une situation globale caractérisée par une absence patente de justice[iii]. Un indicateur central est le refus de création depuis 2007 du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) et sa vassalisation à partir de sa création en juillet 2012 afin de permettre à tous les bandits légaux de pavaner pendant que d’honnêtes citoyens sont arrêtés et maintenus en prison pour leurs opinions politiques. Comme l’explique la Communauté européenne dans son rapport du 10ème FED en Haïti :

« La refonte de la justice est dans l’immédiat le défi principal auquel est confronté le gouvernement. Il constitue la clé de voute du processus de stabilisation et conditionne lourdement l’ensemble des politiques de réforme. L’impunité et la corruption généralisée gangrènent la collectivité nationale, éloignent le citoyen de l’affirmation de ses droits, réaffirment les inégalités, handicapent l’efficacité des réformes économiques et affaiblissent la reprise des secteurs productifs[iv]. »

Les choix des projets sont faits sur des bases totalement farfelues. Il s'agit de dépenser l'argent dans des projets inutiles ou à rentabilité douteuse. Par exemple, deux aéroports limitrophes dans le Sud sont financés, l’un aux Cayes au coût de vingt-six millions de dollars UD et l’autre à l’Ile-à-Vaches au coût de cinq millions de dollars US. La distance entre les Cayes et l’Ile-à-Vaches n’est que de dix kilomètres par mer. C’est à croire qu’Haïti a des ressources financières inépuisables ou encore que les irresponsables dirigeants n’aucune notion de la notion d’optimisation dans l’utilisation des ressources rares[v]. Duvalier avait démontré en imposant son crétin de rejeton à 19 ans qu’on n’avait besoin d’aucune qualification pour être président de la république ou gestionnaire des affaires publiques. La voie est donc tracée !

Urgences douteuses

Parallèlement au gaspillage des fonds PetroCaribe, le déficit budgétaire ne cesse d’augmenter pendant que six carnavals sont organisés et que 40 millions de gourdes sont dépensés pour célébrer le deuxième anniversaire de la prise du pouvoir par les Tètkale. Comme l’indique le tableau 2, c’est le cas aussi avec l’endettement intérieur servant à financer le déficit budgétaire.

Tableau 2. Dette Publique et Déficit public[vi] (2010-2014)

suite à :http://www.alterpresse.org/spip.php?article17319#.VGyIaBxZ268

Martelly et les membres de son gouvernement à Miami dans le cadre de la délocalisation du "gouvènman lakay"

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