Le pays s’abîme dans des crises institutionnelles. Qui ravissent politiciens et juristes dans un pays sans système judiciaire indépendant. Pas de risque : personne n’a jamais été vraiment inquiété pour fraude électorale ou abus de pouvoir. Les présidents se sont arrogés un pouvoir que la constitution ne leur donne pas. Faisant croire qu’ils sont le boss et qu’ils peuvent en abuser. Rien ne change donc, même quand le président, le dernier, annonce qu’ « Haïti is open for business ». Quel business, celui des commissions touchées par Martelly de la part des entreprises dominicaines, celui des voyages d’agrément du président à l’étranger, celui d’une monnaie locale qui s’effiloche, celui des cadeaux faits aux ministres, payés par une taxe sur les permis de conduire et les transports, celui de systèmes innovants de fraude électorale ? On pense à Ubu, un Ubu qui méprise ses concitoyens, et plus encore ses concitoyennes, et qui remplit ses poches ou celles de ses amis. Sous l’oeil bienveillant de l’étranger prodigue en paroles lénifiantes, et tellement amoureux du statu quo. Sans état de droit et stratégie de développement, sans respect ni justice, on peut continuer à voter. Plus on votera, moins on changera !
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