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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Washington va-t-il donner le feu vert pour un autre Coup en Haïti ? - Par Nathalie Miller

Publié par Nathalie Miller sur 10 Décembre 2015, 18:09pm

Catégories : #AYITI ACTUALITES

The election of Martelly in 2010 was a case in point, illustrating the lengths that the United States — along with the Washington-dominated Organization of American States — is willing to go to ensure that only politicians who comply with the policy dictates of elite interests hold power in the western hemisphere’s poorest country. The flaws in that election were profound: The most popular political party was prohibited from participating, and there was widespread disenfranchisement and fraud.

After the 2010 vote, an OAS panel of international experts, lobbied by then Secretary of State Hillary Clinton herself, intervened to move Martelly onto runoff elections, despite a lack of votes and an abundance of Haitian and international outcry. OAS Special Representative Ricardo Seitenfus described the maneuvers even then as a “silent coup d’état.”

Martelly went on to serve as a puppet for the interests of the international and Haitian elite, notably through his “Haiti is Open for Business” program, which promotes multinational investment in high-stakes extraction and development. Much of the land seized for these purposes has been taken from small farmers and other desperately resource-poor people.

TRADUCTION :

Les élections de 2010 sont un cas qui illustre la volonté des USA - de concert avec l'OEA, une istitution dominée par les USA- de s'assurer que seuls des politiciens qui se soumettent à une politique dédiée aux intérêts de l'élite, puissent être au pouvoir dans le pays le plus pauvre de l'hémisphère ouest.  

Les irrégularités au cours de ces élections étaient énormes : le parti le plus populaire avait été interdit de participer et la fraude était largement répandue. 

Après le vote de 2010, une équipe d'experts internationaux de l'OEA,  poussés par Mme Hillary Clinton elle-même, ministre des Aff. Etrangères à l'époque, est intervenue pour remettre Martelly dans  la course, en dépit du manque de votes et des  protestations haïtienne et internationale.

Ricardo Seitenfus qui était le Représentant de l'OEA, a décrit la maneuvre comme étant "un coup d'Etat silencieux."

We still don’t know how many votes President Martelly received in the last elections, and I believe this will happen again. The international community will appoint “experts” who will ignore irregularities and say that the election is good. They have put everything in place to ensure that they have another puppet to exploit Haitian resources.

TRADUCTION :

Nous ne savons toujours pas combien de personnes ont voté pour Martelly. Et je crois que le même processus va se répéter. La communauté internationale fera venir des "experts" qui ignoreront les irrégularités et diront que les élections sont bonnes.

Ils ont tout mis en place pour s'assurer d'avoir une nouvelle marionnette qui les laissera libre d'exploiter les ressources haïtiennes.

Je vous ai traduit uniquement ces 2 passages bien que l'ensemble du texte aurait nécessité de l'être.

Disons qu'en gros, l'auteure, Nathalie Miller, reprend l'ensemble des infofmations aujourd'hui bien connues, grâce en partie à Wikileaks,  à la fois sur le coup d'Etat  cacophonique de 2004 qui a envoyé Aristide se faire voir en Afrique, que sur le" coup d'état silencieux" qui a posé Martelly à la tête de l'Etat d'Haïti.

Deux actions dont le but était de s'assurer le libre accès aux ressources d'Haïti.

Elle rappelle que les USA ont toujours soutenu les gouvernements réactionnaires, les dictatures et les Coups d'Etat en Haïti. Et que la conséquence est ce que l'on constate aujourd'hui : mauvaises infrastructures, mauvais système de santé, mauvaises écoles, mauvaise agriculture, mauvaise économie. Ce qu'ils appellent  un pays failli dont la faillite est directement liée àces interférences des USA dans la vie politique haïtienne.

Evidemment, depuis 2004, les choses se sont corsées, dit-elle, parce qu'avec la Minustah, les ONG, les USA contrôlent pratiquement directement le pays.

 

Par contre, l'article met en avant la résistance de  la majorité des Haïtiens à cette politique. L'auteure souligne que cette majorité  ( En dehors bien évidemment de l'oligarchie commerçante et des zentellectuels et gnbistes du Collectif Non) n'est pas dupe. Qu'elle aspire à un Etat de droit, à un gouvernement qui prenne en compte les intérêts du peuple et ses réclamations de justice, de respect et de dignité.

Bon. Voilà. Ce n'est pas gai mais c'est la réalité.

Tout observateur un peu progressiste avait fait ce constat dès 2001-2003. Il fallait n'avoir rien dans le ciboulot et tout dans le bounda, pour appeller "à la rescousse" la Communauté internationale quand on connait les relations de cette CI avec Haïti depuis son indépendance.

A-t-on déjà vu des poules demander à un malfini de lui venir en aide pour "sauver " ses poussins  ?

Il fallait être parfaitement immature pour refuser de régler les problèmes internes de son pays et demander qu'un corps expéditionnaire vienne l'occuper.

On sait toujours quand une armée envahit un pays  mais on ne sait jamais quand elle s'en ira. Et l'on n'a jamais vu nulle part dans le monde les Casques bleus faire autre chose que de protéger les intérêts des élites locales et des multinationales.

On se demande comment ces gens diplômés, dont certains se prétendent progressistes, n'ont pas pu travailler à régler une crise, comme celle de 2001-2003, somme toute minime.

Et, bien au contraire,  ont tout fait : propagande, mensonges, hystérie, voye-monte, false flags pour l'enveminer et  la faire déboucher sur un point de non retrour qui a fait le pays- au niveau de la démocratie et des droits de l'homme-  régresser au duvaliérisme.

 

Il semblerait que les zentellectuels haïtiens vivent dans un monde de bisounounours, ne lisent pas les infos sur le monde tel qu'il est; et croient avec Martelly qu'il suffit de s'affubler de bracelets roses pour que la vie se transforme en rose.

La servitude volontaire à la CI et l'abandon des classes populaires par les intellectuels n'est pas un phénomène nouveau dans l'histoire d'Haïti.

Et c'est précisément pour cela que l'on se serait attendu à ce qu'ils tirent des leçons de l'histoire et réfléchissent à deux fois avant de jouer aux aventuriers.

Mais, manifestement, comme on a pu le constater avec leur tonitruant silence depuis le placement de Martelly à la tête de l'Etat, globalement ils sont satisfaits de leur coup.

Shame on them.

 

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