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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Les Tèt kale ou comment décapiter Haïti. A propos du 4ème texte de Leslie Péan de la série " Pour un ordre social humain" (mis à jour)

Publié par siel sur 13 Mars 2016, 22:28pm

Catégories : #REFLEXIONS perso

La servitude en rose

La servitude en rose

Cet article de L. Péan m'a totalement choquée, catastrophée et, aussi, m'a fait peur.

Choquée. Parce qu'il permet de découvrir l'ampleur des dysfonctionnements de l'équipe rose en seulement cinq années. Je dis dysfonctionnements pour ne pas utiliser vols, dans la mesure où, tant que les vérifications n'auront pas été effectuées nous n'aurons pas l'information sur l'utilisation des fonds hors budgets. C'est tellement énorme qu'on a du mal à y croire. Même si les chiffres sont là, nous sommes dans la présomption..

Catastrophée. Parce qu'on se rend compte de la capacité de cette équipe de bandi legal à opérer sans obstacles. Et donc qu'on ne peut expliquer cette "roue libre", que par la complicité, et de la classe politique, et du secteur privé, et des media et intellectuels, et de la CI. Tous passagers de la machine infernale.

En somme, il semblerait que ce soit l'ensemble de la société dite des "moun de byen", de ceux qui ont un certain pouvoir d'achat et quelques lettres,  qui a participé à cette prédation.

Peur. Parce que les Tèt kale, sont allés si loin dans leur entreprise d'accaparement des finances de l'Etat, que avec la collaboration des élites et de la CI à cette entreprise de banditisme -sans laquelle elle n'aurait pu se faire -, il est difficile d'envisager que tout ce monde là ne se tienne pas la main pour éviter d'avoir des comptes à rendre.

Peur donc, que tous ceux qui se sont mouillés dans cette forfaiture, n'agissent en sorte de déstabiliser encore plus le pays, pour brouiller les cartes. Que la criminalité envahisse tout l'espace comme à chaque fois qu'un gouvernement ne plait pas à la CI. Parmi ces déstabilisateurs d'hier, aujourd'hui, et demain, il s'en trouveun bon paquet à avoir été chosis par Privert comme collaborateurs.

Peur que lea petite poignée de progressistes haïtiens ne soit pas en mesure de faire face à ce qui se profile comme une organisation de crime organisé en bande, ayant toutes les ressources et les appuis, à l'intérieur du pays comme à l'extérieur, pour poursuivre leurs entreprises.

 

Le Mexique n'arrive pas à lutter contre les cartels de la drogue : police, oligarchie et armée étant complices. L'organisation des "roses" en Haïti  a beaucoup à voir  - grâce au conseiller d'extrême droite espagnol Sola  ?- avec celle de ces cartels. Armes, argent et corruption des institutions  de l'Etat, des politiciens, des media et de l'oligarchie, au Mexique, comme en Haïti, sont utlisés pour attirer, faire peur et soumettre. Comme les dealers, ils s'infiltent partout et contaminent tout. (Voir "La peste" de Camus )

La gravité de ce qui est exposé dans l'article de L. Péan, permet de mieux comprendre l'arrogance des Tèt kale - ils tiennent beaucoup de monde, ils ont des  fusils Galil et des voyous et ex-militaires pour les utiliser - la volonté de la CI de poursuivre le processus électoral avec Jovenel Moïse, celle du secteur privé qui disait préférer un mauvais arrangement à une enquête sur les élections. Et le marigot dans lequel se trouve actuellement Privert, qui s'est entouré de ceux-là même qui devraient avoir des comptes à rendre. Actuellement, Privert me fait penser à la personne du milieu dans ces photos.

Peur enfin, parce qu'on se rend compte de la fragilité d'un Etat et combien il est facile pour une équipe de bandits bien organisés de vampiriser un pays.

 

Dès l'arrivée des bandi legal  imposés de force à la nation haïtienne, dès qu'ils avaient lancé leur programme de taxations de la diapora, j'avais immédiatement senti l'arnaque et l'avait dénoncée comme étant ce qu'elle est un dap piyan.

J'avais relevé la passivité de la diaspora, qui menée par ses leaders réctionnaires, dont pas mal sont  liés aux tèt kale, ne s'était pas interrogée sur l'utilisation de ces fonds.

La disaspora s'est laissé dépouiller, portée par son enthousiasme à l'idée de collaborer à l'éducation de leurs frères et soeurs au pays. Elle n'a pas pensé une seconde que ces fonds pourraient finir dans les comptes en banque des tèt kale.

J'avais noté que la question de l'éducation étant très sensible, il était très facile d'hameçonner la diaspora avec ce programme - encore une idée de Sola ?-  et de faire rentrer de l'argent sans contrôle de son utilisation.

Malheureusement, les Haïtiens étant en général de grands sentimentaux et de plus des croyants invétérés - faute de moyens d'appréhender le réel, se remettant à dieu, ses saints et ses lwa- les mises en garde n'ont pas été entendues.

Pire, les roses - encore une idée de Sola, cette couleur ?- les ont entraînés dans une sorte de mirage où, soudain, pour la "première fois",la vie, celle de leurs concitoyens, grâce à l'équipe des bandi legal, deviendrait rose.

 

Ce choix du rose, couleur attribuée aux petites filles, aux princesses blondes aux yeux bleux, n'est pas anodin. La manipulation consistant à  plonger, encore plus profondément, les Haïtiens dans l'infantilisaton.

Après l'équipe des prédateurs de Duvalier père et fils, les bandi legal , appartenant à la même famille, se sont déguisés en rose pour continuer la prédation, avec à leur tête un chef dont la brutalité et la bêtise, camouflées sous  l'habit du gentil  néophyte en politique, bourré de bonnes intentions, permettait de duper la population.

Les média : Le Nouvelliste, Radio Vision 2000 entre autres, le silence des zentellectuels, le soutien inconditionnel  de la CI,  ont joué un rôle déterminant dans cette tromperie, dont le but n'était autre que de s'accaparer les ressources de l'Etat et celles de la diaspora.

Leslie Péan achève son texte par une question: Privert aura-t-il la capacité - la volonté ?- vu le rapport de forces, de mettre fin à ce pillage, de répondre aux revendications populaires et de rétablir l'Etat de droit ?

L'ampleur des dégâts est telle que sans le maintien des manifestations, on risque de se retrouver devant un point de non retour.

A savoir : camouflage, absence d'audit et de vérifications.

Et, pour les bandi legal : ministres, hauts fonctionnaires - l'assurance de l'impunité. Et donc un boulevard offert à la continuité de leurs forfaits.

Ce qui en clair signifierait, la fin d'Haïti en tant qu'Etat souverain, la misère et l'apartheid institutionnalisés.

Les Haïtiens sont-ils conscients de ces enjeux qui font que audit et vérifications sont absolument nécessaires ?

Bien sûr que oui.

Mais, politiciens  de toutes tendances,  media, zentellectuels et CI s'organisent sur les réseaux sociaux pour leur  laver la tête.  Les brainwasher, de manière à ce qu'ils continuent à  penser que l'équipe des roses leur offre le paradis sur terre et ce qu'ils peuvent espérer de mieux. De même que les curés, du temps de l'esclavage, les persuadaient qu'avec le baptême, ils passaient du statut d'animaux à celui d'être humains qui leur permettrait de vivre leur exploitation en rose.

 

 

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