A propos des failles profondes provoquées par l'idéologie duvaliérienne dans la société haïtienne, qu'on pourrait comparer à une épidémie de peste, ( Voir Camus) deux commentaires en créole qui corroborent les analyses d'une poignée d'intellectuels non atteints.
Vous savez, que la majorité des intellectuels médiatisés haïtiens, considèrent le duvaliérisme/macoutisme comme une histoire passée.
Comme s'il était possible de rayer d'un trait - hop ! On passe à autre chose - une culture, un mode de pensée et d'agir, une politique marquée par la peur et l'abêtissement qui ont régné sur l'ensemble du territoire et même dans la diaspora, de manière directe, pendant plus de 35 ans.
Et indirecte pendant 50 ans et plus avec la présence des héritiers de ce régime à l'intérieur de l'administration et dans le secteur privé.
Nous savons que, suite à l'épopée de 1804, les Haïtiens se vivent comme exceptionnellement à part. Et que, donc, contrairement à tous les peuples qui ont vécu sous des dictatures, selon eux, à la fois eux-mêmes dans leur vie personnelle, affective et intellectuelle,et la société, s'en seraient sortis indemnes.
Par ailleurs, de ce rapport au temps faussé (à l'histoire) et à l'espace (la terre natale), résulte une conduite de vie au jour le jour, une absence de prévision et de protection de l'environnement.
Comme si passé et avenir étant aboli , seul existait le jour d'aujourd'hui. Ce que j'appelle l'infantilisme des élites haïtiennes : un bain dans un état d'enfance permanent.
Ces hommes politiques, des media, intellectuels et artistes, dont une partie a été nourrie par cette culture - même quand ils s'y sont opposés un temps - ont eu vite fait de retourner à leurs sources. Entre autres exemples : Kplim, Konpè Filo, Manno Charlemagne, Boukman Eksperyans...Pour ne citer que ceux-là qui ont affiché publiquement leurs positions.
Ce retour aux sources, qui s'est illustré par la restauration du duvaliérisme et leur présence cette fois-ci, non pas an ba chal, mais directe avec le régime tèt kale. Mais encore une fois, il faut rappeler que, et sous Aristide ( après le coup d'Etat de 1991) et sous Préval, des figures connues de ce régime hantaient déjà les couloirs du Palais national.
Selon des proches de ces deux ex-présidents, ce serait sous pression de la CI que ce serait faite cette réintégration officielle de duvaliéristes durs - les Cinéas, Raymond, Day, Gilot et /ou de leurs fils et filles - au sein de leurs gouvernements.
Cette thèse aurait le bénéfice de déculpabiliser et Aristide et Préval qui se sont présentés au départ comme des opposants au duvaliérisme.
Cependant, l'affaire est un peu plus complexe. Du fait de la durée de la dictature, du fait de l'impossibilité de vivre, de trouver un emploi, de circuler, de voyager, de faire des affaires en Haïti sans allégeance au pouvoir -sans compter la surveillance et dla répression sauvage - , ils ont été nombreux dans toutes les sphères de la société à collaborer au système.
Cette collaboration leur aura permis-- à partir du moment où ils étaient soumis à la paix des cimetières et adoptaient les critères de valeurs et les références du duvaliérisme - de mener une vie "paradisaque" et, parfois, d'en faire profiter amis et alliés.
De sorte que, pendant les 35 années qu'a duré ce régime, s'est créé un réseau d'amis, d'obligés, une sorte de confrérie. C'est ce réseau, par exemple, que l'on voit apparaître dans le gouvernement Privert/ Jean, formé de personnes qui n'ont jamais fait une rupture radicale avec le duvaliérisme. Non pas forcément au niveau de la doctrine, ils se disent démocrates, mais dans leur manière de voir le monde, dans leurs interactions avec leurs concitoyens, dans leur rapport au pouvoir et à l'argent.
Au nombre des "exceptionnalités haïtiennes", à l'inverse de ce qui se dit, la population est beaucoup plus responsable que les élites ( d'ailleurs, si elle n'avait pas su s'organiser, elle se serait éteinte. Et si elle ne lavait pas -comme eut à dire avecune élégance qui honore son éducation cette dame du dîner en blanc - le bounda des Blanc à l'étranger, le pays devrait fermer ses portes )
Pour les raisons évoquées plus haut, et afin de maintenir le statu quo, les zentellectuels ont "vendu" l'idée que le peuple haïtien n'avait aucune mémoire de la dictature. Encor aurait-il fallu, qu'ils interrogent les gens à travers le pays pour confirmer leurs affirmations.
Mais ça, n'est-ce pas, c'est un boulot d'enquêtes à long terme. Et qu'aucune ONG ne viendra financer .
Les deux commentaires ci-après - sur l'affaire de la jeune femme nommée chargée d'Affaires au consulat de NY - montrent que cette mémoire est encore vive chez certains.
An fèt, sitiasion sa ke Divalieris la kreye-a , se te yon desizion pou montre ke si pa genyen kalite ras ou klas politisyen sa yo se pou peyi-a anglouti. Se sa ki fè ke ou wè malgre Divalieris pa la sou fom figi ansyen politisyen do kale yo, se mem politik Divalie ki la kap kontinye. Se yon politik ki konsiste pou pran pouwa avek la fos et pi pou kimbe'l e le yon sektè ta kompran poul fe-w opoziyon yo met gro ponyet sou ou pou plati bou...
Ou byen kom yo pa kraze zo moun la anko tankou lontan le Boss Pent ak Estinval ak lot sanginè parey li yo te kon fè, kounye-a yo ka itilize yon lot metod diktati-a kon anploye, yo ka disparèt ou san je pa we ou sinon yo leve yo jwen ou mouri nan kaban-ou, pèsonn paka di sa ki rive-ou.
Tou sa se pou nou di-ou ke genyen yon gro travay ki pou fet nan tèt ansam avan nou soti nan sa nou ye la.
An 1986 le JC duvalier fin ale ,se de jean -claude tout moun t ap pale ...yo bliye tout mazwenzwen ki te avek li yo e nou kadi ki tap fè e defè....se sa k fe anyen pa chanje ....yo bliye tout sipèminis yo ki te pati avek de milyon e de milyon....jounen Jodi ,si gen dezod ki te fèt sou MArtelly se pou wètout mazwenzen ki te avek li yo ..an gwo se tout se tout system nan pou jije,si w te minis direktè jeneral...si w nan gagote lajan leta, byen leta se pou lajisti bo w sa w merite.....
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