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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Pourquoi les élites haïtiennes prennent plaisir à faire souffrir les masses ?

Publié par siel sur 5 Mai 2016, 11:40am

Catégories : #REFLEXIONS perso

On sait que dans la réponse se trouvent le sadisme, le gôut de faire du mal, et la perversion sexuelle héritée de la longue période esclavagiste - que tout un chacun s'est empressé de mettre sous le boisseau comme si,  l'esclavage aboli, hop ! Il disparaissait illico de la mémoire, des moeurs us et coutumes par enchantement.

En fait cela ne se passe pas ainsi. Nulle part. C'est ainsi que, concernant le nazisme, son idéologie raciste et mortifère, les autorités allemandes portent une attention particulière à ce que les jeunes en soient informés afin d'éviter une fatale attraction pour le mal et prévenir une récidive. Et malgré toutes ces précautions, la fascination pour l'avilissement, la destruction, la deshumanisation de l'autre reste bien présente en Allemagne qui a son compte de partis d'extrême droite.

En Haïti, comme vous le savez, de l'esclavage on n'apprend rien. Ni des luttes des Marrons. Jusqu'à présent on peut constater les ravages de cette pensée esclavagiste dans l'emploi dans le vocabulaire créole du mot kongo pour signifier trâitres, laches, capons, collabos.

Ca m'indigne et me donne carrément la nausée, cette méconnaissance de la culture des Kongo.

Je le dis sans cesse, les dits Kongos formaient les esclaves les plus rebelles.  Le royaume du Kongo à l'inverse de celui du Bénin était égalitaire, il ne possédait pas d'esclaves. Et ce sont eux qui ont formé l'essentiel des Marrons de la liberté qui ont participé aux luttes pour l'indépendance.  Tout ceci est bien documenté.  il suffit de faire une recherche sur le net.

 

Le livre de Carolyn E. Fick : Haïti, naissance d'une nation. La révolution de Saint -Domingue vue d'un bas a été traduit de l'anglais par Frantz Voltaire et publié par les Editions du CIDIHCA.

Ce livre qui est une somme de connaissances sur la révolution anti-esclavagiste, à partir de documents  d'archives, montre l'apport essentiel des dits Kongos dans la lutte.

Malheureusement, comme je l'ai mille et une fois dit, les Haïtiens en particulier et en général ont le goût pour la répétition et les zen, plus rarement pour la curiosité, la recherche, les sciences.

Ils ignorent que les " kongo" dont ils parlent avec le mépris de l'ignorance et de la bêtise, viennent d'un certain nombre de pays actuels qui, avant, la colonisation composaient le Royaume du Kongo.

Ils ne savent pas que ce royaume du Kongo était extrêmement bien devéloppé et administré, bien plus que nombre de pays occdentaux à la même époque. Et que les rois du Kongo ont toujours refusé de collaborer à l'esclavage. Alors qu'à l'inverse ceux du Bénin ont participé amplement au trafic.

Les Haïtiens  tirent une fierté de leurs origines béninoises, alors que les rois et princes de ce pays vivaient de la vente d'esclaves. A l'inverse, ils  ont honte de leurs origines kongolaises, alors que les rois du Kongo se sont battus pour ne pas participer à la traite.

Voici comment le système esclavagiste, puis l'éducation reçue chez les bons pères catholiques,  ont mis la tête des Haïtiens à l'envers.

Et à partir du moment où la tête se trouve en bas, la vision du monde devient elle aussi tête en bas, ainsi que les solutions prises pour remédier aux problèmes.

C'est tout un pays, toute une population, de haut en bas de l'échelle sociale, qui entraînée de force ou de gré dans ce mouvement giratoire de répétition, chemine les pieds au ciel et la tête à terre. Faute de ne pas avoir su se poser pour regarder son passé, y compris les siècles avant l'indépendance. Faute de n'avoir pas compris qu'il n'est pas possible de reconstruire un pays en expurgeant de son histoire les faits qui déplaisent aux puissants.

Loango, Capitale du royaume du Congo 1668

Loango, Capitale du royaume du Congo 1668


Une forte structure administrative


Six principales provinces : Mbamba, Soyo, Nsundi, Mpangu,
Mbata, Mpemba, dirigée par un “mani” (= chef)


Roi de Kongo :

grande autorité mais pas de pouvoir absolu (roi élu)

désigne les “Mani” des provinces sauf le Mani Mbata

les gouverneurs des provinces collectent les taxes au profit
du roi

en monnaie locale (“Nzimbu”, carrés de raphia)

en nature (sorgho, vin de palme, fruits, viandes, ivoire)

en peaux de félins [lions, léopards]

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