En effet, suite à un article du Nouvelliste dans lequel ce M. Philippe Olivier qui disait avoir rédigé le projet du Centre financier de la Gonâve et défendait les intérêts de cette structure pour Haïti, je m'étais demandé :
"Mais ce Philippe Olivier dit financier et rédacteur, il vient d'où ?"
Parce qu'il est bon de savoir qui est qui et qui fait quoi.
Voici donc le message reçu :
Madame, monsieur.
Votre article sur Philipe olivier a attirer mon attention.
En effet votre réflexion est juste !!!
J'aimerais échanger avec vous à ce sujet. Dont un certain pierre allet un grand proche de Philipe olivier et qui joie un rôle dans votre pays.
Bien évidemment, ma curiosité a été piquée. J'ai tout naturellement fait une recherche sur internet et trouvé sur le site du ministère des Aff. étangères d'Haïti un papier intitulé : L'Oréal s’intéresse aux plantes aromatiques d’Haïti, publié le 18 décembre 2014 sur le site du Nouvelliste, dans lequel M. Olivier exprime son intérêt et celui de la firme française de cosmétiques L'Oréal pour les plantes haïtiennes.
L'argument de M. Olivier - qui n'est pas faux en soi et que je défends depuis l'ouverture de ce blog - serait qu'Haïti pourrait, si elle se donnait les moyens, développer un marché de produits bio : pour sa consommation et pour l'exportation.
« J’encourage Haïti à déposer le plus rapidement possible et le plus grand nombre de plantes natives dans les grandes organisations mondiales réservées à cet effet. Par la suite, tout pays qui produirait ou qui exploiterait ces plantes devrait des royalties à l’Etat haïtien »
Et là encore il n'a pas tort.
Les questions sont :
- Existe-il une volonté de le faire ? (question qui renvoie à la vision des dirigeants)
- Existe-il un personnel qualifié et honnête (question qui renvoie au manque de ressources dites humaines et à la corruption)
M. Olivier dit qu'une société du nom d'Agrotech a été créée - avec quel capital et partenaires ?-ça on ne le saura pas - dans laquelle L'Oréal pourrait investir, devenir un des actionnaires.
Pour renforcer son argumentation, M. Olivier annonce qu'en 2018, l'Union européenne exigera des marques de cosmétiques la traçabilité des plantes bio utilisées dans leurs produits. C'est-à-dire que ces plantes soient labelisées bio selon les normes européennes. A savoir ayant poussé dans un sol sans engrais chimiques et n'ayant pas été traitées aux pesticides chimiques.
« Dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, l’existence précède l’essence », a souligné Philippe Olivier précisant que l’Union européenne a pris des mesures qui font obligation à ses Etats membres de tracer les plantes aromatiques et médicinales. Celles-ci devraient être désormais cultivées sur des sols bio, selon des procédures et des méthodes organiques. 2018 est la date butoir fixée par les pays européens pour le passage complet au bio dans la cosmétique. Le délai est très bref, dit-il, et il faut trouver des fournitures qui les permettent de poursuivre leur développement. Les grands groupes européens de la cosmétique (et aussi de la pharmacie) comme L'Oréal, Clarins ou Nivéa, sont désormais dans l’obligation interne rapprochée de se fournir en plantes aromatiques pour les intégrer dans leurs produits."
Vous savez que c'est le cas de la majorité des plantes haïtiennes - en dehors de celles expérimentées par Winner et Monsanto, et celles qui subissent le lobby de l'importation des engrais chimiques des Gwo Zouzoun de l'Artibonite.
Tout ça paraît très bien sur le papier et totalement flou quand à l'exécution : quels investissemments ( les chiffres, on veut des chiffres mais pas à la Laleau), quelles terres, quelles régions, quelles plantes, quels paysans ?
Mais ce qui intrigue c'est que :
1- Ce projet est lié à l'Union Européenne qui, comme vous le savez a joué un certain rôle dans les dernières élections et qui comme dit dans l'article ici, a par ailleurs toujours soutenu les Woz/Rakèt.
2- Qu'il y aurait une "date butoir" : 2018. C'est-à-dire que si tout s'était passé comme le désirait la CI, Jovenel Moïse aurait été président d'Haïti à ce moment là. C'est-à-dire que les questions : quelles terres ?, quels paysans ?, auraient pu être résolues vite fait, grâce au stratègème de réquisition de terres pour des raisons dites d'utilité publique - comme on l'a vu à Caracole.
Bonjour la chasse aux paysans - façon Ile-à-Vache. Encore un motif pour les empêcher de "traverser les frontières intérieures" du pays. Zones barrées - comme les rues- et entreprise israélienne HLSI pour les surveiller.
A lire le programme de M. Olivier tout paraît clean. Mais encore faut-il faire attention au sous-texte qui laisse présager un accaparement des terres.
Parce que là où le bât blesse, c'est que dans cet article, il n'est question que de l'Etat ( des Gwo Zouzoun aux gros ventres) , des dividendes qu'il pourrait tirer de cette exploitation.
"Dans son intervention, mercredi, aux assises sur le développement de la bioéconomie, à Pétion-Ville, Philippe Olivier a rappelé que l’UE a pris en compte la préservation du patrimoine en matière de flore native des pays. Il est désormais possible pour un Etat de revendiquer légalement la propriété de ses plantes aromatiques et médicinales de manière à percevoir des royalties en cas de culture ou d’exploitation par d’autres pays."
Mais pas un mot sur les paysans et de la manière dont ils pourraient être impliqués dans ce projet. A savoir, comment ils pourraient être incités via des subventions à produire sur leurs carreaux de terr , disons du "Ti bom" et à vendre leur production à Agritech. Les agriculteurs sont d'emblée, sortis de l'histoire, mis à l'écart, relégués dans les "frontières intérieures".
3- Quel est le rapport entre ce projet de production de plantes bio pour les entreprises de cosmétique internationales et le centre financier de la Gonâve, dont M. Olivier a été, en tant que conseiller de Laleau - ah ce Laleau ! - l'un des rédacteurs ?
Je ne vous dirai pas ce que je pense en détails de cette affaire lancée par M. Olivier, mais, en gros, elle apparaît comme une opportunité de lever des subventions de l'Union européenne sans garantie que ces fonds - comme ceux récoltés par la Croix-Rouge US ou la Fondation Clinton - ne terminent dans les poches des intéressés.
Quant au M. Pierre Allet mentionné par le correspondant, j'ai retrouvé sa trace dans le Gulfstream Capital et Associates, entreprise mentionnée par P. Olivier , dont il serait à la tête avec précisément Philippe Olivier :
Head Office:
C&A Gulfstream Capital Associates, Inc.
701 Brickell avenue suite 1650
Miami FL 33131 USA
Tel: +1 305 407 2492
contact@gulfstream-capital.com
Philippe OLIVIER
p.olivier@gulfstream-capital.com
Pierre ALLET
bdpa@gulfstream-capital.com
Et ce Gulfstream dont l'identité : "Today more than ever development implies the ability to explore new opportunities in emerging markets.
Gulfstream Capital & Associates has always been very active in these “frontiers” and emerging markets .est décrite ici (en anglais) est une entreprise financière qui a plus à voir directement avec le centre financier de La Gonâve qu'avec la production de plantes( ou de bananes...) bio.
/http%3A%2F%2Fmci.gouv.ht%2Fimages%2Fphiloliv1.jpg)
L'Oréal s'intéresse aux plantes aromatiques d'Haïti
Le Nouvelliste | Publié le : 18 décembre 2014 Philippe Olivier, vice-président de Gulf Stream Capital Le premier producteur mondial de produits cosmétiques, le groupe industriel français L'Or...
http://mci.gouv.ht/index.php?option=com_content&view=article&id=298%3A
Suite
Commenter cet article