Evidemment, Jean Hennock Trouillot (le commentateur ) a raison de faire ce rappel.
Je suis tombée dans le travers que je dénonce.
A savoir, la perversion du sens opéré par les colons esclavagistes : kongo - l'ethnie la plus combattante contre l'esclavage, transformée en idiots; les Marrons - ceux qui fuyaient la plantation à leurs risques et périls, transformés en capons irresponsables...Etc.
Mea culpa donc.
Cependant, une question à Hennock.
Les Marrons n'existent plus n'est-ce pas ?
Par contre, les sociétés secrètes, il semblerait que oui.
En quoi ces sociétés secrètes participent-elles aujourd'hui, au développement d'Haïti ?
Il me semble, je peux me tromper ne connaissant pas le sujet, que ces sociétés secrètes, de même que l'oligarchie vaudou, ont adhéré tyotalement au duvaliérisme. Et même collaborer sans retenue, en tant que délateurs et bourreaux des opposants du régime.
Il me semble, encore une fois je peux me tromper, que ces sociétés secrètes sont passées de la lutte contre le colon esclavagiste à la collaboration au maintien du système basé sur l'exploitation des plus faibles.
Pour ma part, au cours de ces cinquante dernières années, je n'ai vu nulle part, trace de l'empreinte du vodou, ni celle des sociétés secrètes dans les luttes menées par le peuple haïtien pour sa survie.
J'ai constaté l'inverse.
Au cours de mes discussion avec Hérard, le hougan de Soukr et Bien-Aimé, celui de Souvenance, ils m'ont expliqué tous deux avoir amplement collaboré au duvaliérisme. Je ne sais pas ce qu'il en était pour Bien-Aimé, mais Hérard n'a jamais caché avoir été un macoute.
Personnellement, les religions ne sont pas ma tasse de thé. Qu'elles soient catholiques, protestantes, adventistes, méthodistes, musulmanes, juives, boudhistes, taoïstes, shintoïstes, vodou et les centaines ou milliers d'autres de par le monde.
C'est comme ça. Il y a des personnes qui peuvent vivre sans.
Et d'autres qui ne sauraient s'en passer.
C'est leur affaire.
Et tant que ces croyants n'essaient pas d'influer sur la vie publique et d'imposer leurs croyances comme seules vraies, le reste étant diabolique, tout le monde peut vivre ensemble.
Malheureusement, en Haïti, comme dans une quantité de pays du sud, les histoires de chrétiens, de vodouisants et maintenant de musulmans viennent ajouter du désordre au désordre, en transformant les problèmes de justice, d'inégalités et d'exploitation, en un conte à la Bush de lutte des forces du mal contre celle du bien. Genre Gnbistes contre Attila ou Moloch tropical.
Le bien étant, bien entendu, toujours du côté des puissants hommes d'affaires et politiciens.
Le mal étant attribué aux Kongos, aux Marrons, aux chimères, aux rat pa kaka, kokorat, à l'anarcho-populisme et autres niaseries dont les zentellectuels haïtiens sont producteurs.
Bref. A tous les exploités qui se refusent d'être deshumanisés, d'être "renvoyés à leur grotte" (Courtoise Bush junior à propos des Irakiens) au profit d'une bande de mercenaires sanguinaires dont l'objectif est de faire main basse sur leurs terres, leur eau, leur sous-sol.
Grâce à dieu !
A propos des Bizango, des Chanpwèl… et autres Sociétés Secrètes
Depuis un certain temps, des politiciens ont pris la facheuse habitude de se soulager à vider leur contentieux avec leurs collegues et autres groupes rivaux en utilisant les termes “Chanpwel”, “Bizango” comme synonymes de “Voyou”, de “Dwog dilè”, “d’Assassins”…
Savent-ils seulement que ces groupes ou Sociétés Secretes ont ete le fer de lance de la lutte pour l’independance du pays ou s’agit il tout simplement d’un choix delibere, de manifester leur mepris contre le Culturel de la majorite de la population qu’ils pretendent defendre;
Il faut savoir que dans l’enfer colonial, les esclaves enfuis dans les mornes étaient poursuivis et s’ils étaient repris, mutilés ou tués pour l’exemple. Les Lwa Ginen n’etant pas destinés à la lutte, il a fallu à ces nègres marrons poursuivis dans les mornes d'élaborer des Sociétes Secrètes, Chanpwel, Bizango, Zobop, Vienvien, Vlengbendeng et autres comportant des Lwa de guerre avec rituels, musiques, chants, danses appropriés, des techniques de Guerilla, des armes dont des poisons destinés à les épauler dans leur lutte qui devait aboutir a l’independance du pays…
C’est ainsi que pour ne citer que ceux-la, Ezuli Freda la gentille, la précieuse pour ne prendre que cet exemple devient Ezuli Je wouj ou Ezuli Mapyang, des lwa terribles, à l’égal des humiliations, mutilations et génocides subis dans l’esclavage…
Tout ce travail de remembrement radical s’est réalisédans les mornes les plus reculés, difficiles d’accès, donc plus faciles à défendre, dans des espaces aménagés qu’ils appellaient, semble t-il, DOKO, sorte d’établissements humains ou espaces de reproduction d’où ils utilisaient ce que leur offrait la nature du point de vue nourriture, abri et sommeil, défense, médicaments naturels et soins nescessités par les efforts de guerre, préparation de poisons, culte de d"votion aux lwa Ginen et lwa guerriers “monte” dans l’enfer esclavagiste; la rencontre dans ces mornes avec ce qui restait des Indiens devenus leurs compagnons d’infortune, mais ayant une connaissance du territoire va favoriser leur mutuel effort de résistance active à l’oppression; c’est ce qui explique d’ailleurs la présence de lwa indiens dans la panoplie des lwa retrouvés dans le vodou haitien… Cela ne les empêchait pas de descendre des mornes de temps a autre pour mettre a exécution des expéditions et des razzias d’où ils revenaient avec armes, vivres… et nouveaux adhérents arrachés aux colons.
Le déclenchement du Soulèvement Géneral des Esclaves dans la nuit du 22 au 23 aout 1791 s’est réalise après plusieurs réunions dont l’une a été retenue dans l’histoire du pays et qui est une cérémonie vodou, la Cérémonie du Bois Caiman du 14 aout…
Cette guerre asymétrique a duré plus de 12 ans d’efforts soutenus, avant d’aboutir à la victoire des groupements marrons sur les troupes aguerries napoleoniennes… Ajoutons que le mode d’organisation social et d’aménagement spatial du nègre marron devenu avec l’independénce le paysan haitien est évidemment gardépar celui ci, d’autant plus que la récupération néo-coloniale entreprise entre autres par Jean Pierre Boyer et la classe dominante à travers l’assassinat de Dessalines et la reconnaissance de la double dette de l’indépendance n’a fait que reviver les tensions en remplacant les colons blancs par cette nouvelle bourgeoisie toute aussi raciste et croyant dur comme fer être l’heritier du colon blanc.
Les lwa de guerre ont étée par la suite lâchement rejetes par certains hougans comme ne faisant pas partie du vodou, tout comme il était interdit pendant des années après sa mort de prononcer le nom de Dessalines… Même ces dates principales de notre libération de l’esclavage sont hypocritement passées à l’oubli, probablement pour faire plaisir au "blanc "et a tous ceux qui affichent leur m"pris pour le Culturel de la Majorite de la population; rien n’est fait par la plupart des houngans pour commémorer la Cérémonie du Bois Caiman et la nuit du 22 au 23 août et les differents gouvernements prennent un soin particulier pour ne pas faire de vagues autour du déclenchement du Soulèvement Général des Esclaves.
Nous laissons le droit aux pasteurs des sectes fondamentalistes de souiller la mémoire du 14 aout, quant il font croire que nous avons vendu notre âme au diable, et ce serait, d’après ces imbéciles, ce qui nous empêcherait d’avancer…
Cet aspect du vodou dont nous avons si honte d’assumer la présence dans notre histoire de peuple pour ne pas être pointés du doigt, parce que ne faisant pas partie des schémas du “blanc” établis pour nous, fait partie intégrante du culturel de la majorite de la population…
En annexe, se trouve un petit texte intitulé “Apports du Culturel des Masses Populaires” qui signale toute l’importance de ces aspects du vodou qu’on a tendance à reduire uniquement à des ceremonies mystiques, à des rituels ou a des expéditions…
Jean Henock Trouillot
L’article suivant est tiré du Code Noir en vigueur dans la colonie de Saint Domingue, baptisee du nom indien “Haiti” après l’independance…
Article 38
"L’esclave fugitif qui aura été en fuite pendant un mois, à compter du jour que son maître l’aura dénoncé en justice, aura les oreilles coupées et sera marqué d’une fleur de lis une épaule ; s’il récidive un autre mois pareillement du jour de la dénonciation, il aura le jarret coupé, et il sera marqué d’une fleur de lys sur l’autre épaule ; et, la troisième fois, il sera puni de mort."
Egalement en annexe, des lithographies de l’époque dessinées par des colons spécialisés dans le dessin décrivant les différents supplices faits aux Marrons et aux esclaves en général…
Ces lithographies de l'époque coloniale, dessinées par des colons lithographes illustrent les "punitions" infligées aux esclaves entre autres s'ils osaient s'enfuir et étaient repris: 1) Marrons ayant eu un membre coupé pour délit de fuite... 2) Esclaves "grillés"... 3) Esclave pendu a l'aide d'un crochet de boucher... 4) Esclave donné en pature aux chiens 5) Esclave ecartelé... Des esclaves mutilés devenaient même a leur mort des Lwa terribles; tel est le cas de Zabet à Sous Zabet...
Commenter cet article