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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Lu sur le net : "Attention une partie des votants preferait la Charogne (banm Chawony mwen)..." (mis à jour)

Publié par siel sur 29 Septembre 2016, 09:49am

Catégories : #AYITI ACTUALITES, #LU SUR LE NET, #REFLEXIONS perso

Miragoäne : la foule venue écouter Aristide

Miragoäne : la foule venue écouter Aristide

Le type qui écrit ça est un certain Alceste Benjamin.

Un rapport avec le macoute Axel Benjamin des Cayes ?

Ce qui est frappant c'est cette volonté de faire croire que Martelly n'a pas été imposé au second tour, en dépit de tous les faits, témoignages.

D'ailleurs les 2 Clinton se sont gardés de piper mot depuis que ces informations sur leur intervention dans les élections haïtiennes sont sorties via wikileaks dans les media.

Frappant  aussi cet acharnement à vouloir faire passer les Haïtiens pour des cons, qui auraient choisi délibérément une "charogne", laquelle serait susceptible de faire une rupture avec le statu quo ante et d'améliorer leurs conditions de vie.

Ce qui en d'autres termes signifie que les Haïtiens sont des idiots,. A l'instar du personnage de  la maman du "2004" de L. Trouillot qui, forcément, parce que paysanne illettrée et de surcroit aveugle, préfère son fils "chimère" et rasta,  amateur de Bob Marley (c’est moche ça, aimer Bob Marley) , à celui qui fait des études, manifeste contre Aristide et fricote avec la bourgeoisie. Les femmes paysannes ne pouvant qu'être qu'aveugles et  stupides.

Or, on sait que le slogan "banm charony mwen" a été une fabrication de la firme en communication et marketing politique de l'Espagnol Sola.  

C'est cette propagande que le baron V. Numa de Vision 2000, déversait sans "prann soufl", sans interruption, sur son antenne. Je l'entends répéter et marteler que ce sont les Haïtiens (en général s'il vous plaît)  qui, parce qu'ils auraient eu assez des intellectuels, avaient voté pour quelqu'un qui leur ressemblerait à savoir un chanteur grivois qui montre ses fesses à toutes les occasions.

A mon avis, je l'ai déjà dit, dans les 700 000 voix que Martelly auraient remporté au second tour, il doit se trouver plus de "madigra" participants du dîner en blanc et de classe moyenne "dorée" que de gens issus de ce qu'ils nomment "le gros peuple". Gros peuple, notons-le, qui au contraire d'eux et de leurs panses rebondies, se trouve être maigre comme une planche.

 

En réalité, ce que laisse entendre cet Alceste Benjamin, dont les commentaires lus sur d'autres sites vantent la dictature des 2 Duvalier (ce pourquoi je le soupçonne d'une parenté avec le macoute  Axel Benjamin qui faisait régner la terreur dans le Sud ) c'est que les Haïtiens ne méritent pas la démocratie, ni des dirigeants à la hauteur de leur tâche.

Les Haïtiens qui sont des "sauvages" (courtoisie journal Le National)  mériteraient d'avoir des sauvages tout comme eux comme dirigeants.

A croire que ce type n'est pas Haïtien. Ou bien qu'il se considérerait comme l'un de ces "sauvages" qui, de par ce titre, aurait droit à faire partie de l'élite haïtienne.

 

Pour résumer la pensée de ces " Alceste Benjamin"  il faut aux Haïtiens des dirigeants charognes, tels que Duvalier, Martelly, Jovenel Moïse pour diriger un population de "charognes".

Il faut dire qu'Alceste Benjamin n'est pas le seul à proférer de telles insanités. Elles sont très répandues sur le net

Ca, c'est un truc à faire se réjouir tous les contempteurs des Haïtiens et les racistes de par le monde.

Dunque, une partie des votants haïtiens seraient des  "Chawony", qui réclameraient : " banm Chawony mwen" .

Ce que ne nous dit pas Alceste Benjamin, c'est à qui renvoie cette " partie des votants" ?

 

Ceux qui, tout comme lui, comme les C. Sibert, proclament que les Haïtiens préféreraient la dictature à un gouvernement progressiste ? Ceux qui, comme SPP, déclarent que "tout allait bien Mme la Marquise" avant 1986 ? Ceux qui soutiennent les exactions et les vols de la racaille  - n'ayons pas peur de le dire- (courtoisie  Gary Victor) des "bandi legal woz rakèt «  par leur tonitruant silence pendant 5 ans ?

Il se dit que les peuples ont les dirigeants qu'ils méritent. Dans le cas d'Haïti, il ne serait pas difficile d'affirmer qu'un peuple en majorité illettré  a les zentellectuels qu'il ne mérite pas.

Il y a eu mille et une études, romans, témoignages écrits sur le saccage opéré par les duvaliéristes de 1957 à nos jours.

Cependant, vous trouverez de ces zentellectuels pour clamer sur tous les media que "les chimères d'Aristide sont pires que les macoutes".

Pour déclarer que: " Aristide est le problème" et non pas un système rétrograde qui refuse à une majorité les droits les plus essentiels.

Pour ressortir 100 ans plus tard, le texte de Rosalvo Bobo en tant qu'alibi justifiant leurs coups bas, comme si le contexte était le même et qu'entre temps les études et analyses  - dont celles de Chomsky - n'avaient pas enrichi la réflexion sur les causes de la débâcle.

 

Ce n'est pas que ces zentellectuels, qui ont accès aux livres ne savent pas. Ils mentent. C'est juste parce qu'il s'agit à un moment donné de répéter ce que "le blan " désire entendre. Rien à foutre de la réalité pas bonne à entendre par le "gros peuple" qui de toutes les façons à été qualifié une fois pour toutes d'amnésique et mis hors jeu.

Il y a eu mille et une études et rapports faits sur l'économie d'Haïti, sa culture et son environnement démontrant faits et chiffres à l'appui comment, pour l’époque récente, de manière progressive la bande à Duvalier, ses complices de l'international et locaux - dont L Delatour, jusqu'à arriver à Martelly,  ont foutu délibérément le pays dans le trou de la dépendance et de la paupérisation de sa population.

Mais si les zentellectuels sont au courant  mais en service commandé, est- ce que ceux comme Alceste Benjamin, les C. Sybert sont capables de lire, de réfléchir, d'analyser, d'avoir de la considération pour la volonté du peuple haïtien et sa lutte pour l'instauration d'un Etat de droit  ?

Eh bien, la réponse est Non.

Ils n’ont ni les compétences intellectuelles, ni le sens moral pour le faire.

Et si on fait les comptes. En additionnant les 1% qui détiennent les rouages de l'économie, les 10% appartenant au différentes classes moyennes formés de lettrés (ceux qui au moins ont leur diplôme du bac) , plus l'ensemble de la racaille appartenant à toutes les couches sociales prêtes à manger à tous les râteliers qui se glissent dans tous les partis: Lavalas, OPL, Tèt kale , Bouclier, AAA, Unité... Ajouter à cela le poids dela CI/USA, le monde de la drogue, et...la Minustha,  on arrive  à une sorte d'armée de mercenaires  bien financée et bien armée  contre la population.

 

C'est une machine énorme, qui a en plus ses réseaux à l'International, face à laquelle se trouve un peuple de paysans et d'urbains pauvres, sans appuis, avec pour seule "arme" sa volonté de créer un Etat de droit. Un espace dans lequel, il peut vivre en sécurité, travailler, prendre soin de sa famille.

Car, véritablement, le peuple haïtien est un peuple dans sa majorité sobre, qui ne demande pas grand-chose, juste les basiques, dont le respect.

Ce n'est parce que les gens manquent d'ambition, mais que leur ambition se place à un autre niveau que l'accumulation de biens matériels.

Dans leur  philosophie, non écrite, il y a la connaissance intime des rythmes de la  vie, de la naissance à la mort, de la participation de tout un chacun à l'équilibre universel.

 

C'est précisément cette culture que les rapaces de tous bords s'appliquent à détruire parce qu'elle est un frein aux appétits de possession et d'exploitation du système  capitaliste.

Les Taïnos, avant les Haïtiens, ont été éliminés pour les mêmes raisons. Leur culture, leur manière de voir le monde étaient radicalement en opposition à celle des colons dont le seul objectif était d'exploiter les hommes et la nature.

C'est ainsi, qu'ils ont été dénommés sauvages parce que n'adhérant pas à ces valeurs.

Depuis l'indépendance se mène une  guerre contre la culture de la majorité des Haïtiens .

Aujourd'hui, on en est arrivé à les "ensauvager" , à les "chimériser", à les "bidonvilliser", à les "kokoratiser" à  faire en sorte qu'ils perdent tous leurs repères, et leurs terres, et leurs familles... 

Jusqu'à prétendre qu'ils souhaitent une charogne pour président, tant ils sont tombés bas.

 

Tout ce à quoi nous assistons depuis 2004 est lié directement à cette guerre contre la culture de la majorité des Haïtiens.

Et si Aristide gêne tant, si sa démonisation atteint des records jamais vus d'irrationnel, c'est parce que - malgré lui peut être - pour cette majorité silencieuse, il est porteur d'un  projet qui correspond à leurs aspirations.

Si  les chefs protestants, catholiques, vodouisants, si les gens de gauche comme de droite se sont alliés contre Aristide, ce n'est pas uniquement à  cause de sa dénonciation constante des inégalités, mais principalement parce qu'il met en avant - encore une fois peut-êre malgré lui - cette culture populaire acquise et forgée pendant des siècles, depuis les premières déportations de l'Afrique, les relations avec les Taïnos,  jusqu'à aujourdhui.

Aristiide - dénommé le prophète par ceux qui le méprisent - a été embarqué dans cette histoire  par la population elle-même, qui en a fait son "prophète". C'est-à-dire l'homme capable de porter ses aspirations à un modèle de société dans lequel - au contraire de celui du monde militaro/macouto/duvaliériste prôné par des "Alceste Benjamin", chaque individu fait partie d'un ensemble et a droit au respect. 

 

Tout ceci étant plus complexe qu'il ne paraît, parce que ce que ça fait un bon moment que la dite  philosophie populaire, a été malmenée par les églises vodou, catholiques, protestantes et  disloquée dans tous les sens, suite, entre autres,  au duvaliérisme et à son instrumentalisation machiavélique du noirisme/vodou, suite aux exils, migrations et éclatements des familles.

Pas sûr, non plus que les dirigeants Lavalas, aient saisi la nature de cette attente. Ceux qui, comme Georges Anglade, un visionnaire, l'ont approché ont été shootés hors du parti.  

Pensez-vous, un intellectuel qui fait l'éloge de la pauvreté ( titre d'un de ses livres.) Eloge de la pauvreté mal compris qui, au delà de sa dimension économique : faire le plus à partir de ce que l'on a,  dans son essence, n'est  autre que  l'éloge d'une philosophie,  d'un art de vivre, celui de la sobriété et du respect mutuel.

 

Martelly, ses fesses, son obsession du kaka-bounda, son exhibitionnisme, ses 20 000$ de per diem, son dédain pour l'éducation : " ce que je déteste le plus au monde ce sont les livres", ses provocations infantiles, représentait, après la chasse aux intellectuels opérée par les Duvalier, l'élément susceptible de mener la chasse à  la philosophie populaire, dernier verrou  de résistance à faire sauter.

Ce pourquoi, des Alceste Benjamin, des SPP, des Sibert, des V. Numa, des la Madone des Zen et une quantité d'autres, propagent l'idée que le peuple haïtien  souhaite avoir une charogne à la tête de l'Etat parce qu'elle lui ressemblerait.

Ce discours méprisant qui est celui de l'oligarchie et de la CI depuis toujours, qui laissent aux classes moyennes "arrivées" le soin, le boulot,  de  le véhiculer  aux classes populaires - elles, étant derrière la scène - plus encore que les conditions de vie infra- humaines, poussent les gens à la soumission et/ou la migration.

Et si aujourd'hui, cet Aristide vilipendé, insulté, maltraité, démonisé, portraituré comme Attila ou Moloch, arrive à faire se déplacer des foules, ce n'est pas à cause de sa personne, mais de ce symbole de résistance  à la mort programmée d'une culture dont, encore une fois, peut-être malgré lui, les masses l'ont fait porteur. 

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