Je mentirais si je disais que je n’ai pas ressenti un profond malaise en visionnant les premières séquences du spectacle affreux que l’ex-président Michel Martelly a donné le 16 décembre dernier au théâtre CAOPOLICAN de Santiago du Chili. Je mentirais également si je disais que j’ai perdu tout espoir en l’avenir de la démocratie en Haïti. En réalité, mes pensées oscillent entre une certaine nostalgie et un espoir incertain. Entre le souvenir de mes années d’étudiant à Santiago et le souhait que la diaspora haïtienne du Chili puisse apporter une contribution positive aux mutations de toutes sortes qui s’opèrent dans ce pays.
Entre ces deux extrêmes, il y a une large gamme de souvenirs, d’états d’âme et d’émotions intermédiaires déclenchées par les images insolites et les propos orduriers de ce spectacle de plus d’une heure de l’ancien président haïtien. Je pense notamment à l’émerveillement et aux joies de mes premiers jours au Chili en 1965 ; à mon apprentissage de la vie adulte en dehors de l’autorité familiale restée à Jérémie ; à la découverte d’une démocratie formelle très avancée pendant que François Duvalier restaurait ce qu’il appelait la « tradition de la présidence à vie ». Je pense aussi à l’enrichissement intellectuel et professionnel que le Chili offrait aux cadres d’Amérique latine fréquentant les instituts spécialisés créés par L’OEA et l’ONU à Santiago. J’en garde encore le meilleur des souvenirs.
Je ne saurais en même temps passer sous silence ma déception de découvrir à cette époque le conservatisme d’une élite chilienne qui, dans la discrétion de ses salons, manifestait un profond dédain pour les citoyens d’origine modeste ; l’illusion des amis chiliens convaincus que leur pays avait trouvé un équilibre démocratique parfait dans la répartition de la force publique entre l’Armée (El Ejercito) et la Police (Los Carabineros).
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Chili-Haïti : Entre la nostalgie et l'espoir
Par Eddy Cavé* Soumis à AlterPresse le 27 décembre 2017 Je mentirais si je disais que je n'ai pas ressenti un profond malaise en visionnant les premières séquences du spectacle affreux que ...
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