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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Lu sur le net : 572 millions de gourdes pour renforcer des partis politiques, un acte en apparence légal mais mal initié et suspect - Par Michel William

Publié par Michel William sur 26 Janvier 2018, 14:03pm

Catégories : #LU SUR LE NET, #AYITI ROSE RAKET, #AYITI EXTREME DROITE, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

Lu sur le net : 572 millions de gourdes pour renforcer des partis politiques, un acte en apparence légal mais mal initié et suspect - Par Michel William

1- La genèse de ce financement

Suite au renvoi antérieur de deux CEP  pro PHTK accusés d’organiser les élections  pour le pouvoir, le CEP de Pierre Louis  Opont né du décret électoral  du 2 mars 2015 avait publié une liste  de 188  partis  politiques et regroupements agrées et non agrées au  26 mars 2015

Conformément à l'article 102 du Décret électoral, le Conseil électoral provisoire avait  publié la liste définitive des 166 Partis et groupements politiques régulièrement enregistrés et agréés, donc habilités à participer aux prochaines joutes électorales.

Ces 166 partis politiques avaient pris naissance  à partir d’un ensemble des gestures politiques dont le but était de créer la loi du nombre profitable au parti présidentiel PHTK lors des assises d’EL Rancho sous la direction du Cardinal Chibly Langrois . Quand  le Cardinal haïtien Chibly Langlois   annonca  qu'un  accord avait été trouvé après deux jours de rencontre entre les partis politiques et l'exécutif, des partis comme Fanmi Lavalas et La Fusion insatisfaits des retombées du dialogue allaient désister au dernier moment.

Rappelons que l’organisation politique de l’ancien Président Jean Bertrand Aristide, Fanmi Lavalas et du « Mouvement Patriotique de l’Opposition Démocratique » (MOPOD), qui regroupait les principaux partis de l’opposition : OPL, INITE, RDNP, PLH, PROP, Ayisyen pou Ayiti, KID, Ansanm Nou Fo n’avaient pas participé à ces évènements politiques. Il en était  de même  des responsables d’organisations de la Société Civile. Toutefois  l’OPL et le KID membres du MOPOD, étaient présents à ces assises. Ref  CEP Pierre Louis  Opont 26 décembre 2015

Depuis  2006, c’est seulement au 29 janvier 2017 que 31.056 candidats ont participé aux élections locales de toute sorte : Délégués de ville, Asec et Casec concourraient  pour un ensemble de postes : 568 Cartels d’ASEC, 570 Cartels de CASEC, et 139 Délégués de ville. Un nombre de  5.536 candidats fut élu. dans   les collectivités territoriales suite au scrutin du 29 janvier 2017.  Ref Haïti, chronique d’une crise électorale (140) Élections des Collectivités Territoriales, fin du processus électoral  Catherine  Charlemagne  1/02’2017

2-Les faits

D’après  l’article 35  de la loi portant formation, fonctionnement et financement des Partis politiques publié le 16 janvier 2014, les procédures et modalités du financement définies par la présente loi ne concernent que les dépenses de fonctionnement régulier des partis politiques.  Les articles 36,37 définissent le montant du budget et les allocations allouées aux partis politiques  en fonction du nombre des candidats  élus aux dernières élections. 57 sur 107 partis politiques ayant pris part aux élections entre 2014 et 2016, sont éligibles et se partagent un financement public allant jusqu’à 572 millions de gourdes  pour l’exercice fiscale 2017-2018.

 

3-Notre décryptage  du financement des partis politiques

Puisque la  majorité des élus avait été sélectionnée à partir d’une initiative suspecte et partisane   née de l’accord  de El Rancho  du parti au pouvoir,visant  à créer à 90% des partis politiques  bidons satellites   sans représentativité politique  réelle  ,il en résulte que l’acte légal de financement des partis politiques a basculé dans un projet de suivi politique  caractéristique des tours politiques  dont seul le président défunt  a le secret.. Il est considéré comme une arnaque  politique  pour canaliser  la plus grande part du fond  vers le parti présidentiel et alliés afin de conforter la position de ces derniers dans la consolidation de  ce même parti  dans toutes les élections  à venir.

Il n’a pas  échappé à personne  que ce fond de subvention a été conçu pour  financer deux  types de partis politiques : les pro PHTK  aujourd’hui favorisés politiquement et financièrement sur les budgets 17/18 respectifs de l’exécutif et du parlement avec les avantages colossaux  données aux élus majoritaires et  les partis « laloziens »  dont l’OPL VERITE et la  FUSION  toujours enclins  à  tangenter la courbe du pouvoir.  Fanmi lavalas  et Pitit Dessalines  majoritaires aux dernières élections ont ouvertement déclaré qu’ils déclineront ce cadeau politique empoisonné Ref  Le nouvelliste 182270 « Le sénateur Antonio Chéramy et le député Jerry Tardieu tournent le dos à VERITE »

Pour mémoire il est significatif de rappeler aussi que si le pouvoir avait en vue de favoriser le renforcement des partis politiques , le meilleur signal  qu’il eut pu  envoyer aux partis politiques serait d’accéder à la demande  du CEP de publier les résultats des élections indirectes .L’exécutif et le législatif ont préféré geler ce processus parce qu’ils sont contre la décentralisation politique  du pays. Ces élections indirectes sont l’expression  même de  la volonté manifeste de voler au secours des partis politiques puisque le développement économique des collectivités est lié à l’éducation politique des citoyens  de ces entités géographiques.

4-Conclusion

Avec ce fond de financement des partis politiques , les dirigeants haïtiens ont confirmé l’expression à la mode du président Trump à savoir que Haiti  est un pays de merde  et que nos élites ne sont pas capables  d’offrir à la population des   conditions  politiques et économiques  plus décentes de vie. Ce financement est  in fine  un type d’arnaque entre les pouvoirs exécutif et parlementaire pour utiliser les fonds publics pour faire main mise sur les élections dans les années à venir et conserver le dit pouvoir.

Avec  ce financement  Haiti est en train d’expérimenter la mise en œuvre d’un parti unique  d’état  financé par les fonds publics. C’est la plus macabre  des supercheries politiques jamais  enregistrées dans l’histoire de la constitution des partis uniques de ce pays  sous couvert de renforcement d’un processus vicié d’institutionnalisation des partis politiques. Au lieu de renforcer les partis  politiques ce financement en apparence légal n’est pas un cadeau  mais il est suspect et empoisonné. Il vise plutôt à les affaiblir puisque déjà on assiste à un retrait de quelques acteurs politiques de leurs partis parce que  n’ayant pas besoin de cette  pitance pour passer une mauvaise  étape de la vie  économique. « Mounn ki grangou pa ka fè politik »

michelwilliam1000@hotmail.com

24 janvier 2018

 

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