Un succès parce que les intervenants étaient d'une grande qualité.
Rendons un hommage mérité à M. Jacque Nesi qui a été l'artisan de cette sélection.
Chacun selon sa spécialité: économie, droit, chercheurs en sciences sociales ont apporté, informations, savoir et expertises our éclairer le public sur les mécanismes mis en place à tous les niveaux afin de détourner les milliards des Fonds PetroCaribe.
Les question au coeur de tous les débats était : comment arriver à ce que procès se fasse ? Parce que, si pour tout un chacun juge qu'il est important et incontournable, l'ampleur de la corruption est telle, les ramifications si nombreuses, les acteurs : membres du gouvernement, entreprises en si grand nombre, les transactions illégales si bien ficelées, qu' à première vue la tâche paraît insurmontable .
Mais, et ce sont les informations les plus importantes à retenir , pour éviter de tomber dans un tchaka, susceptible d'aboutir à l'effet inverse que celui recherché - noyer et éteindre le procès- il faut absolument appréhender ce dossier de corruption à partir d'un classement systématique des infractions par périodes, par gouvernements, par entreprises.
C'est-à-dire s'appliquer à défaire systématiquement, avec méthode et rigeur la toile d'araignées mise en place tout particulièrement sous le gouvernement Lamothe/ Martelly afin de rendre impossible la recherche des responsables et de retracer le parcours des milliards de dollars US envolés.
C'est ainsi que l'économiste Leslie Péan qui, on le sait, travaille sur ce sujet depuis de nombreuses années parle de procès PetroCaribe au pluriel; et que M. Lubin, d'origine haïtienne et actuellement procureur de la République française àNîmes a abondé dans le même sens, exemples à l'appui tirés de ses expériences de magistrat.
Ainsi, tous deux sont d'avis que la démarche incontournable pour arriver à punir les coupables et récupérer une partie de l'argent volé est de début par cibler les têtes. Les têtes responsables de la gestion de ces Fonds dans chacun des gouvernements qui se sont succédé de 2008 à 2019, en divisant le dossier par tranches. D'où la nécessité de parler des procès PetroCaribe.
Il faut noter que les 20 abus et entorses à la législation notés par L. Péan, dans ses propos ont particulièrement choqué et édifié un public non informés des faits.
Cette approche technique, juridique et rationnelle a permis aux participants de voir plus clair dans le dossier et, surtout, de sortir de la confusion entretenue par les marchands de micro présentant la corruption comme un spaghetti dans lequel il serait impossible de voir le début et la fin.
Non, nous dit M. Lubin, la méthode devrait être de procéder par tranches.
Par exemple, la période Préval de 2008 à 2010, les responsables au gouvernement, qu Parlement, à la Cour des Comptes,les entreprises avec lesquelles les contrats ont éta passés, feraient partie d'un premier procès. . L'objectif à ne pas perde de vue étant de repérer les responsables/coupables pour cette période. Et ainsi de suite.
Il s'agit d'un travail de longue haleine. Mais pour redonner confiance à la population, il est indispensable que ce procès commence tout de suite, en mettant en accusation les cas les plus flagrants de corruption et les personnes impliquées . M. Lubin a illustré le bien-fondé de cette approche en prenant un exemple tiré de son enfance. Quand je mourrais de faim et que le repas n'était pas encore prêt, ma mère me donnait ,pour calmer mon impatience, quelques cuillerées de haricots déjà cuits.
Le seul hic dans ce processus réside dans la non volonté politique des dirigeants haïtiens d'initier et d'accompagner ce projet. Ce qui fait que tout le monde était d'accord qu'avec Jovenel Moïse à la tête de l'Etat, lui-même indexé dans le rapport de la Cour des Comptes, ces procès ne pourraient pas se faire.
On peut dire que cette première journée était une réussite dans la mesure où les interventions des intervenants se complétaient - du mot d'accueil de M. Obed Sergo Alexis l, de la présentation du mouvement Petrochallengers de l'invité d'honneur Gilbert Mirambeau, en passant par celle du député haïtien Franck Lauture autour de dépendance des députés à l'Exécutif , de celle de Fréderic Thomas sur l'impact des mouvements contestataires par des jeunes dans les luttes contre la corruption, ,jusqu'à celle de l'avocate Sienne Merope qui, en vision conférence de New York, a abordé la thématique de la corruption au sein de la communauté internationale et ses conséquences dans le cas du choléra.
Le Dr Renaud Piarroux nous a parlé justement de cette "négligence" de la CI, dans le cas du choléra, qu'il relate dans son livre ; Cholera en Haïti 2010-2018: Histoire d'un désastre.
Les questions d'un public passionné et indigné ont à chacune des sessions permis d'approfondir et d'enrichir les propos des intervenants
Pour conclure, on pourra dire, non pas qu'on en a eu pour notre argent, puisque la conférence est gratuite- mais qu'on en a eu pour nos méninges pour mieux comprendre les enjeux autour des procès PetroCaribe et agir de manière à ne pas se tirer une balle dans le pied, c'est-à- dire se donner les moyens pour qu'ils puissent se faire.
Rendez-vous demain dimanche, pour le second rendez-vous , jour où de l'autre côté de l'eau, en Haïti, se tiendront dans tout le pays des manifestations pour réclamer que la lumière soit faite sur la dilapidation des Fonds PetroCaribe.

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