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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


AYIBOPOST. Pourquoi le dossier DERMALOG est un vaste scandale ?

Publié par siel sur 23 Janvier 2020, 16:47pm

Catégories : #AYITI ROSE RAKET, #AYITI EXTREME DROITE, #AYITI ECONOMIE, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

L’État haïtien a signé un contrat avec la firme allemande Dermalog, spécialisée dans la fabrication de dispositifs biométrique afin de fournir des cartes d’identification aux citoyens haïtiens. Cependant, des organisations de la société civile dénoncent la corruption qui entacherait l’accord

Trois mois après son investiture, le président haïtien Jovenel Moïse, a adopté en conseil des ministres un projet de loi instituant la carte d’identification nationale unique et portant sur la protection des données personnelles. C’était le 19 avril 2017.

La justification de l’initiative se trouve sur le site du secrétariat général du conseil des ministres. Il est écrit que « dans l’état actuel des choses, l’État haïtien est incapable de fournir des pièces d’identité à tous ses citoyens. Il ne dispose pas d’un système d’identification nationale sécurisé.» De ce fait, l’État haïtien a décidé d’introduire le projet de loi.

Les différents changements

Avec ce projet de loi, la carte Carte d’identification nationale unique (CINU) remplace la Carte d’identification nationale (CIN). Et un Numéro d’Identification unique (NUNI) remplace aussi le Numéro d’Identification nationale (NIN). La CIN se renouvelait chaque 10 ans. La CINU, de son côté, se renouvellera chaque 15 ans.

La CINU comporte le nom de son détenteur, le nom de l’épouse de la femme mariée, le (s) prénom (s), la date de naissance, le sexe, le statut matrimonial, le NINU, la photographie numérique, les armoiries de la République d’Haïti en filigrane et une puce intelligente.

Cette puce intelligente recueille de son côté, l’empreinte digitale du détenteur de la carte, l’empreinte de l’iris (yeux), les données biographiques et la signature du citoyen.

Un projet de loi non validé par le parlement

Constitutionnellement, seul le parlement dispose du pouvoir de discuter et de voter des lois. Cependant, le projet de loi DERMALOG n’a pas été voté par les parlementaires.

Le sénateur Youri Latortue confirme qu’il n’y a aucun texte de loi sur le changement de la CIN. « C’est réellement la plus complète illégalité », déclare-t-il, tout en précisant qu’aucune provision légale ne permet ce tel remplacement.

Deux avis défavorables de la CSCCA

La cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) a été sollicitée pour donner son avis sur un contrat entre l’État haïtien et l’entreprise Dermalog. Cependant, le tribunal qui juge des litiges d’ordre financier et administratif a émis « deux avis défavorables » à la signature de ce contrat.

Le premier avis est émis le 16 février 2018. Et, le second le 11 avril 2018.

Pour justifier le choix du gouvernement de passer outre la position de la cour, le ministre de la Justice d’alors Heidi Fortuné, a précisé que l’avis de la CSCCA a été recueilli, comme le veut la loi. Mais l’approbation de ladite Cour dans ce cas précis n’est pas nécessaire.

Dans les recommandations de la Cour des comptes, rapporte l’ancien ministre, il est demandé la reprise de la procédure de passation de marchés avec la participation d’autres entreprises.

Le contrat Dermalog est signé

Après le refus de la CSCCA, l’État a décidé de classer le contrat DERMALOG comme relevant de la « sécurité publique », ce qui rend l’avis favorable de la cour non nécessaire pour l’exécution du contrat en vertu de l’arrêté du 4 septembre 2017 fixant les règles de procédures de passation de certains marchés.

Le gouvernement Moïse/Lafontant a adopté en conseil des ministres une résolution donnant autorité au directeur de l’Office National d’identification (ONI) d’alors Jude Jacques Élibert de mettre en œuvre le contrat.

Lire aussi: Tout sa w dwe konnen sou nouvo kat idantifikasyon nasyonal la

Le contrat a été signé. D’une part, l’État haïtien est représenté par le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Heidi Fortune et le directeur général de l’ONI, Jude Jacques Élibert. Et d’autre part, Jean François Kipp, directeur des ventes Afrique, a représenté DERMALOG.

Ce contrat, visé par le Premier ministre d’alors, Jacques Guy Lafontant, est établi pour une durée de sept ans. Malgré son classement dans la rubrique sécurité nationale, il y est écrit que l’accord sera effectif «à compter de la date d’entrée en vigueur, coïncidant avec celle de la signature du contrat par la Cour Supérieure des Comptes et du contentieux administratif (CSCCA)».

Le contrat s’élève à 27 700 000 dollars américains. L’État haïtien doit verser une première somme de 30% dès réception de la notification d’approbation du contrat par la CSCCA (confusion puisque l’avis de la CSCCA n’est plus obligatoire). Une deuxième tranche de 50% au fur et à mesure que le système est mis en place et fonctionne. Une troisième de 20% après la mise en service définitive du système.

Le premier versement

L’administration Moïse/Lafontant a transféré 8,2 millions de dollars américains à la firme allemande Dermalog le 13 juillet 2018. Le président du conseil d’administration de la BNC, Fernand Robert Pardo en a donné confirmation, dans une correspondance datée du 6 août 2018, adressée au président du Sénat d’alors, Joseph Lambert. Ce montant représente 30 % du montant total de 27,7 millions de dollars.

Personne ne sait d’où provient exactement le montant. La copie de la résolution prise en Conseil des ministres le 30 avril 2018 autorisant le transfert des 8,2 millions de dollars américains à Dermalog n’est pas publique.

Le second versement, entaché d’irrégularités

Plus tard, le sénateur Youri Latortue a informé qu’un autre transfert de 2 000 000 dollars américains a été réalisé au profit de la Dermalog, sans que ce montant n’ait été prévu dans le contrat.

Selon l’élu de l’Artibonite, ce transfert d’argent n’a pas été effectué directement d’une banque d’Haïti à l’Allemagne. De préférence, ce fonds transféré via une banque intermédiaire de New York aurait transité par une autre banque en Afrique du Sud. La Banque Nationale de crédit (BNC), de son côté, a confirmé le transfert, mais non sa traçabilité.

«Le versement de ce montant n’est prévu nulle part dans le contrat de Dermalog. Est-ce que c’est normal ?» se demande le responsable du Réseau de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance.

La première dame citée dans l’affaire Dermalog

Dans les premières conclusions du rapport préliminaire concernant l’affaire Dermalog, la commission éthique et anticorruption du Sénat a souligné, entre autres, qu’il y a détournement de fonds et plusieurs erreurs graves dans le contrat signé entre l’Etat et la firme Dermalog.

La première dame teste la technologie DERMALOG lors d’une tournée en Europe. Photo : Youtube / Martine Moïse

Questionné par la commission le 7 décembre 2018, le directeur de l’ONI eut à déclarer que Martine Moïse, l’épouse du président Jovenel Moïse, était présente avec lui à Cannes. Selon lui, c’est la première dame qui a fait choix de la firme Dermalog.

Dans une note, le 11 décembre 2018, le bureau de communication de la première dame de la République dément les informations selon lesquelles Madame Martine Moïse aurait été dans une délégation avec le directeur général de l’ONI Jude Jacques Elibert.

Pourtant, une vidéo disponible sur la chaîne YouTube de la première Dame prouve techniquement qu’il était dans la délégation. La Première Dame a visité plusieurs institutions en France en compagnie du Directeur Général de l’ONI contrairement au communiqué du bureau de la communication. On la voit même essayer la technologie de DERMALOG.

SUITE dans le lien.

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