Le pouvoir fascine.
Etre invité par un président en personne - pas par l'un de ses conseillers.
Entrer au Palais une fois dans sa vie.
Tout ceci ne peut que faire tourner dans la tête de n'importe qui se retrouvant par hasard sous les feux de la rampe - et de-même que l'Homme Banane -sans avoir auparavant fait ses classes dans la politique, ne peut être que tenté.
La récupération par le pouvoir de membres d'organisations opposées à sa politique est une stratégie courante partout. Par exemple, ce problème s'était passé avec une figure des Gilets jaunes qui avait accepté un poste dans un média. Face au tollé, elle a dû démissionner.
Le pouvoir corrompt.
Le ou l'ex-porte parole de Nou pap konplis explique que l'Homme Banane l'a appelé personnellement pour lui dire qu'il le considérait comme un M. important et qu'il désirait le rencontrer.
Vous vous rendez-compte de l'appât...Du genre Agitrans et les tonnes de bananes qui devraient être exportées en Allemagne.
Cette affreuse et malheureuse affaire qui pollue la lutte des Petrochallengers et discrédite l'association Nou pap konplis met en évidence ce que je nomme la culture sadomasochiste.
Ce M. Ricardo a commis une faute grave en allant rencontrer le président, dans la mesure où , il le sait parfaitement, celui- ci a la coutume d'employer ce genre de stratégie de manipulations, afin de corrompre les gens, de les diviser, de leur raconter des craques en se présentant comme une pauvre victime d'un système ( dont il dit être le pur produit) et surtout de salir l'opposition dans l'opinion publique.
Comme nous le savons, l'objectif de l'Homme Banane est depuis le départ d'enterrer le dossier PetroCaribe, et aller le rencontrer, alors qu'il est impliqué dans la dilapidation des Fonds PetroCaribe, est en complète contradiction avec les revendications de Nou pap konplis.
Nous avions dès le départ envisagé cette éventualité de récupération, à partir du moment où nous avions entendu les entretiens de V. Numa et Mme Opont avec certains petrochallengers au cours desquels ces deux journalistes avaient tenté d'identifier qui étaient les leaders de ces groupes. Le pouvoir se sert en général des marchands de micro pour identifier les leaders, afin de les coopter et casser les mouvements de revendication. C'est un classique.
Bien que sordide, tout ceci n'est pas grave en soi. Ce sont les aléas de la politique; risques qui, en Haïti, sont totalement inhérents à la culture sadomasochiste.
Maintenant, il reste à "Nou pap konplis" de tirer des leçons de cette expérience négative et de continuer leur combat contre la corruption de manière plus judicieuse.
Il faut bien que les Petrochallengers prennent bien conscience de ce que représente les 4 milliards de PetroCaribe; qu'ils sont face à une grosse machine blindée, remplie de "gwo zouzoun," de marchands de micros, d'hommes armés, prêts à foncer sur eux, comme celles du cortège présidentiel.
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