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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Qu'est-ce qu'une vie humaine en Haïti ? - Par Edelyn DORISMOND. Un réflexion rare à ne pas rater.

Publié par siel sur 17 Mai 2020, 19:49pm

Catégories : #AYITI ACTUALITES, #AYITI ROSE RAKET, #AYITI EXTREME DROITE, #AYITI ECONOMIE, #CULTURE, #PEUPLE sans mémoire...

 Cette question devient pertinente une fois que nous faisons le constat que la gestion du nouveau coronavirus par le gouvernement haïtien actuel laisse entrevoir sa vision de la vie et le sens de la place qu'il attribue au système sanitaire dans l'économie générale de ses politiques publiques. Nous allons tester l'hypothèse que la politique haïtienne, dans le sillage du capitalisme esclavagiste, n'a jamais pensé la vie humaine en tant que "vie bonne" pour le grand nombre, mais comme une réalité biologique négligeable. 
            Hannah Arendt, à la suite d'Aristote, a établi la distinction entre Zoé et Bios, qui semble utile pour comprendre ce qui se joue dans la politique haïtienne. Cette même distinction a été reprise, d'un autre point de vue par Giorgio Agamben, qui s'est préoccupé à penser mieux que Foucault la "vie nue" comme matière de l'État toujours en contexte d'"exception". Chez Arendt, Zoé traduit la condition animale de la vie qui se manifeste par la végétativité, la sensitivité dont les modalités sont la naissance, la reproduction et la mort. Pas de place pour l'idéalité d'une vie bonne à réaliser par la puissance d'action de l'Haïtien. Bios c'est déjà la vie active, qui appelle la pluralité, la conflictualité comme manière de décider ensemble de l'idéal la vie bonne. La politique haïtienne est une machine à produire de la vie animale (zoologique) qui se révèle insignifiante, qui ne vaut pas la peine d'être prise en charge au nom de son amélioration.         
     Nous pouvons faire ce constat à plusieurs niveaux. Premièrement, nous constatons un déficit de l'éthique. Ce qui correspond parfaitement au dispositif abrutissant de la politique haïtienne. Deuxièmement, cette absence de l'éthique dans l'organisation globale de la société rend évidentes les pratiques abêtissantes qui ne rencontrent pas une opposition convaincue et perspicace dans des structures organisées de la société haïtienne. Les critiques souvent formulées contre la propension à l'abrutissement du pouvoir politique sont timorées et ne révèlent pas clairement leur parti pris éthique véritable. Troisièmement, absence d'une systématique éthique, production politique de l'abaissement renforcent le sentiment social de désarroi, qui prend la forme de l'inaptitude à contester la conversion de la vie humaine en vie nue ou brute sous les bottes des dictatures ou du despotisme. Bref, du point de vie politique, aucune éthique ne prend en charge la vie haïtienne, qui se trouve nue face aux récurrences des violences politiques, ou face à l'élan inquiétant du président actuel vers des réflexes dictatoriaux.
 
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