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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


*Haïti : chronique d’un massacre annoncé* Par Jean Gary Denis

Publié par Jean Gary Denis sur 28 Avril 2021, 19:32pm

Catégories : #AYITI ACTUALITES, #AYITI EXTREME DROITE, #AYITI ECONOMIE, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

Core group, un syndicat regroupant les anciennes puissances esclavagistes auxquelles s'ajoutent le Canada et le Brésil.

Core group, un syndicat regroupant les anciennes puissances esclavagistes auxquelles s'ajoutent le Canada et le Brésil.

La 27e commémoration  du génocide rwandais de 1994  est marquée cette année  par un fait nouveau qu’il convient de souligner à l’encre forte.  Une commission d'historiens dirigée par Vincent Duclert a remis au gouvernement français, le 26 mars 2021, un rapport sur le rôle de la France dans ce génocide. En effet, ce rapport pointe les responsabilités accablantes pour la France   quoique soulignant  l'absence de complicité de génocide.

Pourtant, au même moment, le dénommé Core  Group, dont la France est membre, soutient sans réserve un pouvoir corrompu et répressif dont les massacres assimilées à des crimes contre l'humanité sont connus et maintes fois dénoncés par les organisations de défense des droits humains, les parlementaires américains et le Conseil de sécurité des Nations unies. Ces massacres visent à instaurer une campagne de terreur en vue d'imposer au pays de Dessalines leur agenda d'élections préprogrammées, truquées et changer illégalement la Constitution en vigueur.

Depuis notre indépendance,  notre histoire avec la communauté internationale a été toujours marquée du sceau  d’agressions armées, de non-respect de nos valeurs, d’humiliation,  d’occupation, de violation de notre territoire et d’ingérence de toutes sortes. Citons  les faits les plus importants : l’imposition par la France coloniale d’une dette de reconnaissance de  l’indépendance en 1825, les agressions espagnoles  dans l’affaire Rubalcava en 1859 et allemandes dans l’affaire Luders en 1897 suivies de fortes indemnités, l’occupation américaine de 1915.  Cependant,  à partir de 1994, après le débarquement des marines américains pour restaurer la démocratie, dit-on, l’ingérence étrangère est  devenue systématique et hégémonique avec une  souveraineté  totalement mise en veilleuse.

La démocratie et  le développement nous sont systématiquement refusés par  les néo-colonisateurs. Elle est  une simple procédure dont le  rôle  consiste à légitimer les dirigeants corrompus, criminels et antinationaux à travers d’élections contestables, contestées et truquées. L’exemple illustrant au mieux cette situation durant ces dernières années a été l’élection de  Michel Martelly en 2011 dans un contexte postséisme avec un peuple hagard, hébété mais très combatif qui peinait à se relever des impacts dévastateurs des secousses telluriques meurtrières fauchant la vie des centaines de milliers de gens en un rien de temps.

 

Arrivé au 1er tour en 4e position, Michel Martelly a été repêché en 2e position au second tour pour être enfin catapulté à la première magistrature de l’État sous la pression de l’ambassade américaine et de ses laquais du Core Group. Ce  régime a bénéficié du  soutien absolu  des diplomates arrogants du Core Group qui font toujours fi  des principes de la Convention de Vienne sur les relations entre les États. L’ingérence des 10 dernières années  est sans précédent dans notre histoire diplomatique. Parallèlement,  la situation économique,  renforcée par un bilan de corruption, d’insécurité, de massacres, de gangs armés, de mainmise d’une mafia économique sur les institutions du pays, etc., n’a jamais été aussi catastrophique. Aujourd’hui, les indicateurs macroéconomiques sont au rouge avec un taux d’inflation de plus de 23,2% et 42% de la population en situation d’urgence alimentaire.

Dans cette conjoncture politique fragile, le peuple haïtien, dans sa grande majorité, est fatigué des arrogances, des ingérences, des hypocrisies des diplomates du Core Group. La situation arrive à un point tel que même les comportements de façade à travers cette démocratie procédurale et à géométrie variable ne peuvent  être repêchés. À ce carrefour historique, le peuple haïtien réclame un nouveau départ pour un véritable changement de système axé sur le développement et l’établissement de nouveaux rapports de coopération avec l’international.

Dans ce  contexte, deux adversaires se liguent contre le projet national du peuple haïtien :

1-       D’une part, les actuels dirigeants alliés de la mafia économique qui veulent maintenir le système  de contrebande, de concussion, de prévarication et capturer des institutions publiques au bénéfice d’intérêts particuliers. Cette catégorie réprouve surtout les revendications de justice du peuple haïtien  contre : (i) les massacres orchestrés  durant ces dernières années dont certains sont dénoncés par le Conseil de sécurité et le Congrès américain,  (ii) la dilapidation des milliards de dollars provenant  du  fonds PetroCaribe du programme pétrolier vénézuélien  et ceux de la Commission de la reconstruction après le séisme du 12 janvier 2010.

2-      D’autre part, le Core Group qui considère le changement  réclamé par le peuple haïtien dans cette conjoncture à travers une transition de rupture comme : (i) une preuve de l’échec des 30 dernières années de la tutelle unilatérale et multilatérale. Avec des milliards partis en fumée dans des missions onusiennes mal montées, l’international ne peut s’armer de courage pour assumer le bilan négatif de cet échec (ii) une offense à leurs droits d’ingérence pour continuer à imposer des marionnettes et des fripouilles  qu’ils contrôlent à la tête de l’État. On peut comprendre aisément pourquoi plusieurs massacres et kidnapping des familles haïtiennes par les gangs d’État  ne sont pas dénoncés par les organes du Core Group. Au contraire, Madame La Lime, représentante du secrétaire général, sans gêne et  sans aucune forme de respect pour les personnes disparues et victimes  des gangs armés,  faisait  l’apologie de la  fédération de ses gangs dans son rapport [2] à l’ONU pour la période du 1er juin au 31 août 2020.

 

SUITE dans le lien.

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