Mike Davis, historien et homme de gauche, dont il a été souvent question dans ce blog, entre autres, pour son livre"Planet of Slums" (Une Planète de Bidonvilles) et ses analyses sur la stigmatisation et la démonisation des pauvres, est décidément très prolifique. Il vient de publier "Petite histoire de la voiture piégée" http://www.yodawork.com/webcc/sog_dec/notice_reference.html?F_ean13=9782355220043
qui, comme son nom l'indique, est un historique de l'attentat à la voiture piégée . Guy Taillefer du journal belge Le Devoir, en a parlé avec lui.
L'histoire de la voiture piégée, de 1920 à nos jours, racontée par l'historien Mike Davis
Photo: Agence France-Presse
Naît ainsi l'aïeul de la voiture piégée, une arme générique de destruction massive qui a creusé des cratères par milliers au cours des 50 dernières années, tuant aveuglément depuis Haïfa, en Palestine, jusqu'à Bagdad, en passant par Belfast, Beyrouth, New York, Londres, Oklahoma City, Bali, Bombay... Non sans un fieffé coup de main de la CIA, accuse Davis.
«Les armes nucléaires et biologiques, le gaz sarin et l'anthrax causent peut-être des cauchemars, mais la voiture-bombe est aujourd'hui devenue le cheval de trait du terrorisme urbain», affirme, non sans suite dans les idées, le professeur de l'Université de la Californie à Irvine, joint chez lui à San Diego pendant que ses enfants lui grimpaient sur la tête. Une arme facile et peu coûteuse à concevoir, d'une puissance inouïe et d'une efficacité terroriste foudroyante. Une arme, enfin, devant laquelle les technologies militaires sont désarmées.
Haïfa, Belfast, Beyrouth
L'histoire que retrace Davis, prolifique essayiste de la gauche américaine, est celle d'une implacable prolifération mondiale «aux proportions du iPod et du sida».
La voiture piégée fait son apparition, en bonne et due forme, presque 30 ans après la trouvaille de Mario Buda, à la faveur de la lutte juive pour la création d'Israël. En janvier 1947, le groupe Stern, formé de dissidents radicaux des paramilitaires sionistes de l'Irgun, lance un camion bourré d'explosifs sur la station de police britannique de Haïfa, tuant quatre personnes. Des nationalistes palestiniens, soutenus par des déserteurs britanniques, ne tarderont pas à utiliser cette nouvelle technique.
Suite article à :http://www.ledevoir.com/2007/11/24/165855.html
Commenter cet article