Dans "Grand-Boulage vit de la paille", j'ai retenu que l'élimination de la race des cochons locaux avait mis cette localité sur la paille et accéléré le déboisement il y a plus de vingt ans sous Duvalier fils.
Dans "Vie chère: miracles ?" , je note que l'abattage des manguiers après celui des cochons marque une nouvelle escalade dans la paupérisation et aussi -ce qui a son importance- dans la disparition forcée de certaines valeurs culturelles. A savoir que le cochon comme banque du paysan, les mangues comme aliment de soudure et le respect accordé à cet arbre sont en voie accélérée de disparition.
Malheureusement, comme il se doit, depuis 2004 et le retour officiel du duvaliérisme sur la scène haïtienne et par conséquent de la peur, si les auteurs dénoncent les défaillances de l'Etat , ils ne se posent pas la question essentielle : à qui profite le crime ? Dommage. Le Nouvelliste aurait encore quelques petits efforts à faire pour se hisser au niveau d'une presse véritablement indépendante. Cependant ces articles sont tout à leur mérite.
Grand-Boulage vit de la paille
Grand-Boulage, considérée dans le temps comme le bastion de l'élevage du cabri bombardopolitain, respire au rythme de la décadence. Son petit-mil, "son pois congo", sa patate, son orange amère, son manioc et son arachide disparaissent sous le poids du déboisement entamé quelque temps après l'abattage des cochons créoles, selon Fanel Dupré, ancien maire de Bombardopolis
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=55090&PubDate=2008-03-07
Vie chère : miracles ? Entre arbres miracles et Cour des miracles
Il est, dans l'espace haïtien, un signe parmi les signes dont la manifestation dit que l'on a touché le fond. Et malgré toutes nos turpitudes de deux siècles, ce signe ne s'est jamais manifesté sur une vaste échelle pendant deux cents ans. Or, il est là parmi nous maintenant, à crever le décor, dans les planches rouges des manguiers offertes à la construction au bord des routes; dans le cordage des mètres cubes de bois de manguier destinés à la chauffe des guildives et des fours à bois des nettoyages à sec; dans l'empilement des sacs de charbon de bois de manguier aux points de ramassage des camions vers Port-au-Prince.
http://www.lenouvelliste.com/blogs/blog.php?r=1
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