Il était 8h du matin, ce 26 avril 1963 quand un commando de macoutes pénétra dans la cour de madame Eric Tippenhauer, à la recherche de son époux. Argumentant du mieux qu’elle pût avec les bourreaux pour les convaincre de l’absence et de ses deux fils Rudy et Ricot, les macoutes décidèrent de piller la maison. Une fois l’acte de vandalisme accompli, les macoutes se précipitèrent chez Lilian Dufanal, à Laboule, où se trouvait Eric Tippenhauer. Les deux fils venus alerter leur père, arrivèrent au même moment que les macoutes, qui embarquèrent le père, ses deux garçons et Madame Dufanal.
Quand les nouvelles de l’arrestation et des conséquences sur sa mère qui devint folle parvinrent aux oreilles de la fille d’Eric, Guerda, alors sur le point d’accoucher, le choc provoqua chez la parturiente une crise d’éclampsie qui devait lui coûter la vie, mettant ce jour-là au monde une orpheline.
Suite à ce drame, le reste de la famille, prit le parti de s’exiler. Lors de leur départ, alors qu’ils passaient le service d’immigration, un officier de ce département, ayant reconnu le nom sur la fameuse liste noire, se déplaça de derrière son bureau pour venir coller au visage d’un garçon de 5 ans, neveu des disparus, une cigarette à l’embout allumé
Propos recueillis par Rachel Vorbe
Ce récit de Mme Vorbe est poignant Il synthétise en en quelques mots, sans fioritures en évitant le sensationnalisme, ce que fut le régime de Duvalier et la catastrophe que cela a été, à différents niveaux, pour le pays.
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