Voici la partie du texte 26 avril 1963. Témoignage de Maryline Bogat Vorbe qui aura été coupée par je ne sais quel intrus .
Ce récit de Mme Vorbe est poignant Il synthétise en en quelques mots, sans fioritures en évitant le sensationnalisme, ce que fut le régime de Duvalier et la catastrophe que cela a été, à différents niveaux, pour le pays.
Dans ce court texte, on peut visualiser :
la terreur. les macoutes qui débarquent chez vous, armés jusqu’aux dents.
le pillage. la mise à sac de la maison
la chasse à l’homme capable de prendre pour cible une famille , ses alliés, ses amis,
la folie, l’épouse devient folle. Beaucoup de personnes sont devenues folles pendant cette période. Dans les romans des premiers exilés, ceux de ces années 1960, le fou ou la folle est un personnage récurrent.
La cruauté gratuite. La cigarette écrasée sur la joue de l’enfant de 5 ans, comme lors des « Vêpres jérémiennes », la cigarette éteinte dans les yeux de l’enfant qui sera après assassiné.
Parce qu’en dehors des personnes assassinées, disparues, violées, volées et violentées par les duvaliéristes, en haut et en bas de l’échelle, actions qu’ils tenaient pour programme politique, il y a les orphelins, les veuves, les devenus fous, les traumatisés, la division des familles par l’exil, la peur et les boatpeople, et les paysans vendus aux Dominicains pour travailler dans les bateyes, la vente du sang des vivants et des cadavres des morts.
C’était le beau temps de « Haïti is open for business » pour ces gens-là.
Il y aussi, le cynisme, la violence verbale, la vulgarité, la lâcheté, la traitrise, le mépris, l’apologie du grenn-nanboundaisme érigés en valeurs morales et transmises aux générations.
Voici ce qu’a apporté la « philosophie duvaliériste » à un pays et à une population que le chef de la secte avait décidé de « formater » à son image.
De sorte que, ce n’est pas seulement aux victimes directes que les Duvalier doivent justice, mais à l'ensemble de la population, toutes classes confondues, indirectement touchée économiquement, physiquement et mentalement par ce saccage de la nation.
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