Ce bulletin est bien élaboré. Il comporte un certain nombre de cartes d'Haïti qui montrent bien les différentes zones où la population est en danger de dénutrition.
Les recommendations sont sensées mais les auteurs font preuve d'hypocrisie puisque les principaux obstacles à mettre en place la politique conseillée sont les bailleurs de fonds.
De toutes les façons les remèdes sont connus depuis bien longtemps.
Par contre ils ne sont pas appliqués et ne prennent pas le chemin de l'être.
Pourquoi ?
Il faudrait poser la question aux bailleurs de fonds.
Question :
Madame, la communauté internationale, messieurs les bailleurs de fonds, pourquoi obligez-vous les pays du Sud à appliquer des PAS (plans d'ajustement structurel) des DSNCRP ( Document de stratégie nationale pour la croissance et la réduction de la pauvreté) alors que vous savez fort bien que cela ne réduit en rien mais au contraire augmente la pauvreté, creuse les inégalités et développe la vulnérabilité de l'ensemble de la population, classe moyenne comprise ?
Réponse :
Vous avez totalement raison. Le constat que nous faisons au FMI est affligeant. C'est parfaitement injuste et inique. Mais ce sont les lois du marché. Il faut respecter les lois qui émanent de la communauté internationale et ont été créées pour le bénéfice des multinationales occidentales. C'est ainsi que le veut le système. Il faut être pragmatique.
Des ONG ont été créées pour amortir les ravages causées dans les populations par l'application de ces plans, les PAS, qui servent à ajuster les ressources d'un pays du sud aux besoins des pays du nord.
Voyez en Haïti, vous avez beaucoup d'ONG, cela signifie que l'application de ces plans, les privatisations, ont fait plus de ravages qu'ailleurs.
C'est ici, sur ce terrain, que depuis des décennies sont expérimentées avec l'aide de votre secteur privé et de l'Etat dévitalisé les méthodes qui permettent de mesurer le niveau de prédation qu'il est possible d'exercer sans que naissent des révoltes. Haïti est un excellent laboratoire à ce niveau, comme à d'autres d'ailleurs. Nous avons pu constater que le mélange suivant : beaucoup d'ONG qui font n'importe quoi, dans tous les sens, n'importe où +l'amputation de l'Etat + beaucoup de corruption + les recettes du consensus de Washington = une majorité bien plus pauvre, mais, mais, mais... une minorité excessivement plus riche.
C'est une équation irrréfutable !!
N'oubliez pas qu'Haïti est le pays de la Caraïbes qui compte le plus de millionaires.
Vous voyez les chiffres parlent d'eux-mêmes.
Il faut être pragmatique.
Le document :
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