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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Rabble.ca, Five years on: Haiti's suffering continues under occupation

Publié par Elsie HAAS sur 26 Février 2009, 10:38am

Catégories : #AYITI ACTUALITES

Je ne vais pas vous le cacher, pour ceux qui ne lisent pas l'anglais, l'article est  plutôt déprimant.
Sa lecture donne  l'impression, comme dans un mauvais rêve, de se trouver pris au piège dans un tunnel sans fin.
Déja le titre :  "Nous en sommes à cinq  années : la souffrance d'Haïti se poursuit sous l'occupation."
Après avoir fait un récapitulatif des événements  qui ont conduit au coup d'Etat de 2004, l'auteur fait un état actuel des lieux 5 ans après le coup de force.
 Pour les francophones purs et durs quelques extraits traduits çi-après :
1-
Selon lui, la situation s'est détériorée depuis 2004 : pauvreté et faim sont en augmentation. La production agricole affaiblie par les ouragans sucssessifs. La malnutrition s'étend et la famine apparaît dans quelques coins du pays.Le chômage touche 80% de la population.

"Conditions at every level have worsened in Haiti since 2004. Poverty and hunger are rising. Agricultural production is weak and suffered further blows following a succession of four hurricanes this past summer.
Malnutrition is widespread and starvation appeared in some pockets of the country after the storms. Unemployment is estimated at 80 per cent."

2-La visite récente de M. Préval aux USA est évoquée. L'objectif était de demander une aide de 100M de $ et également que l'aide internationale aille directement au gouvernement plutôt que de converger vers le lobby des ONG. Préval a dit que l'argent serait mieux utilisé, s'il était géré par le gouvernement.
Il s'agit d'un  sujet explosif, pas seulement parce qu'il y a  tant d'argent  des ONG  gaspillé en salaires et en administration mais également parce que les ONG ont été utilisées par les grands pouvoirs comme une arme contre la souveraineté du pays. La plupart des plus importantes ONG qui opèrent en Haïti, ont apporté leur soutien au renversement d'Aristide en 2004; ou alors elles ont marqué leur approbation en gardant le silence.


Préval also said he wants an end to the U.S. policy of channelling all its aid money to Haiti through non-governmental organisations (NGOs). It should instead go directly to the sovereign government, which Preval says can do a better job in most cases.
This is an explosive issue in Haiti, not only because so much NGO money is wasted on foreign salaries and bureaucracies but also because NGOs have been used by the big powers as a weapon against Haitian sovereignty.
Most of the largest international NGOs operating in Haiti supported the overthrow of Aristide in 2004, or they acquiesced through silence.

3-Un autre point  très sensible est abordé. Celui du retour éventuel d'Aristide en Haïti. Pour l'auteur ce qui  rend ce retour très problématique est: que sa sécurité personnelle serait en danger, que les pouvoirs étrangers feront tout pour bloquer ce retour,  et que cela déclencherait un torrent d'accueil populaire  de bienvenue. Ce qui mettrait en évidence leurs déclarations mensongères, selon lesquelles Aristide était un leader impopulaire,  dont le "retrait" en 2004 était  approuvé par la majorité de la population.
D'autre part, ce qui  également rend difficile ce retour d'Aristide, c'est qu'il provoquerait chez les masses des attentes auxquelles il serait difficile de répondre, compte tenu de l'hostilité des pouvoirs étrangers et du fait  que ce sont eux qui tirent toutes les ficelles de l'Etat et du gouvernement haïtien.

"His personal security would be vulnerable. The foreign powers would do their all to block a return, because it would unleash a torrent of popular welcome that would put a lie to their claims that he was an unpopular leader whose "removal" in 2004 was welcomed by the majority.
A return by Aristide would set up expectations among the masses that would be difficult to meet, given the hostility of the foreign powers and the fact that they have their hands all over the purse strings of the Haitian government and state.

4-L'auteur cite le témoignage de 2 personnes présentes, dans le cadre d'une réunion qui s'est tenue à Boston, le 27 janvier 2009. Ce sont Paul Farmer, l'auteur du livre " The Uses of Haïti" et fondateur de "Partners in Health" et l'acteur Matt Damon qui s'était rendu en Haïti à l'invitation de Wyclef Jean, la star haïtienne de musique, en septembre 2008 pour une visite de  régions touchées par les ouragans.
Paul Farmer eut à dire que parmi les 10 pays dans lesquels il a travaillé, Haïti est celui où les politiques de privatisation et de versement direct des aides internationales aux ONG, plutôt qu'à l'Etat,  ont été les plus poussées.
Matt Damon a désigné la pauvreté, qu'il a constatée sur place, comme quelque chose d'indescriptible. Une pauvreté extrème avec des gens survivant avec 1,25$ par jour ou moins, avec les désastres naturels et  les ouragans par dessus tout ça.
" Un être humain ne devrait pas vivre de cette manière" a-t-il dit.

Paul Farmer, author of The Uses of Haiti and founder of the renowned Partners in Health (PIH), told the Boston meeting, "Of the ten countries in which I work in the world, the policies of privatization and of directing aid and charity funds to private, rather than public, agencies are taken to their furthest extreme in Haiti."
Actor Matt Damon spoke to the meeting about his visit to Haiti in September 2008, following the hurricanes that had struck. He was invited by Haitian-born international music star Wyclef Jean for a tour of the devastated regions of the country.
He called the poverty he witnessed, "Almost indescribable. Extreme poverty -- people living on $1.25 per day or less -- with a natural disaster, the hurricanes, piled on top.
"This is not a way that human beings should have to exist.""


L'Article en anglais :
http://www.rabble.ca/news/five-years-haitis-suffering-continues-under-occupation




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S
L'effondrement du régime AristideRappel Historique Plus de deux mille billets de cent dollars, rendus illisibles par la moisissure ! Les partisans d'Aristide qui ont pris part au pillage de sa résidence ont eu la surprise de trouver cette somme dans un coffre-fort caché dans un souterrain secret. Ils ont alors compris que pour leur cher président, 200 000 dollars cela représente bien peu de choses. Pour comprendre la situation actuelle, il faut faire comme ces partisans d'Aristide : ne pas s'en tenir aux premières impressions, et creuser un peu dans les souterrains de la politique haïtienne ! Pour beaucoup de gens bien intentionnés, le scénario du départ d'Aristide est simple. Il aurait été victime d'un coup d'État qui se serait déroulé en trois phases : 1) la bourgeoisie haïtienne déstabilise le gouvernement d'Aristide " démocratiquement élu " parce que, en dépit de ses faiblesses, il mettait en place des réformes ; 2) des anciens militaires liés à la CIA prennent le contrôle d'une partie d'Haïti dans un bain de sang ; 3) un commando de l'armée américaine vient kidnapper Aristide et le force à signer une lettre de démission. Aristide serait en quelque sorte un nouvel Allende. Sauf qu'Allende ne stockait pas des piles de dollars chez lui !   Contrevérités La thèse que nous venons de présenter, qui est en gros celle de la propagande aristidienne, repose sur plusieurs contrevérités. Ainsi, Aristide n'a pas fait la moindre réforme progressiste durant son second mandat et il n'y a pas eu de conflit Aristide/bourgeoisie pour une raison très simple : Aristide est lui-même l'un des plus grands bourgeois d'Haïti. On a assisté à la convergence de quatre processus : un conflit à l'intérieur des classes dominantes, une mobilisation de grande ampleur des intellectuels et d'une importante fraction des classes dominées contre un pouvoir réactionnaire et despotique, le retournement contre Aristide de bandes armées qu'il avait utilisées auparavant, l'intervention d'anciens militaires dans des conditions qui restent encore peu claires. La meilleure preuve que l'on n'a pas assisté à un simple " coup d'État " est que, malgré les crimes passés de certains d'entre eux, les quelques dizaines ou centaines d'hommes armés qui se sont emparés du Nord d'Haïti ont été accueillis en libérateurs par une grande partie de la population. En certains endroits, elle s'est même attaquée aux commissariats et aux symboles du pouvoir avant leur arrivée. Comme l'a écrit un commentateur, même Belzébuth accompagné d'une horde de dragons aurait été accueilli en héros.   Le rôle joué dans par les États-Unis dans cette crise complexe est loin d'être aussi simple qu'on le dit généralement. Déjà sous Clinton, Aristide n'était pas l'ami des républicains. Cependant, il présentait l'avantage d'assurer le calme social, d'appliquer les réformes néolibérales demandées et reprenait à son compte la propagande états-unienne. Rares sont les chefs d'État qui, comme lui, se sont félicités du " succès " du Sommet sur le développement durable de Johannesburg ! Tout en exerçant des pressions économiques et politiques sur Aristide, Washington l'aura finalement soutenu jusqu'à la veille de son départ comme la corde soutient un pendu. Bush a par contre évidemment refusé de lui envoyer les militaires qu'il réclamait pour protéger son régime. Il fallut que les " chimères " d'Aristide commencent à mettre Port-au-Prince à feu et à sang et à racketter des citoyens nord-américains pour que Colin Powell lâche Aristide à la suite de Dominique de Villepin. En procédant ainsi depuis quatre ans, les États-Unis ont laissé une expérience née à gauche aller au bout de sa dégénérescence et se discréditer elle-même.   La thèse de " l'enlèvement moderne " d'Aristide, qui ne serait pas absurde a priori, est peu crédible même si elle a un grand écho. Aristide lui-même n'a pas soufflé mot d'un quelconque enlèvement lorsqu'il prit la parole à la radio à son arrivée en Centrafrique. Et jusqu'à présent, il n'a pas réussi à formuler un récit cohérent. Les dirigeants de son parti n'ont pas repris sa thèse à leur compte, et sa lettre de " démission " a été lue sans sourciller par son premier ministre et homme de confiance, Yvon Neptune.   Le système Aristide Les élections parlementaires et locales de mai 2000 ont donné lieu à une fraude assez incroyable : le but n'était pas de gagner les élections mais de remporter tous les postes. Les observateurs internationaux n'ont pas vu grand chose, car l'essentiel de la fraude a eu lieu après le vote. Bourrage des urnes, modifications des procès-verbaux, intimidation des protestataires, tout fut bon pour obtenir le résultat escompté. Les militants de Lavalas (organisation des partisans d'Aristide) avaient reçu des armes en grand nombre pour l'occasion. Et lorsqu'ils n'étaient pas assez nombreux, la police fut mise à contribution. Le président du Conseil électoral provisoire refusa de signer le procès-verbal et jugea plus prudent de s'exiler lorsque Aristide lui dit au téléphone que " c'était une question de vie et de mort ". L'Organisation des États américains (OEA) resta néanmoins sourde aux plaintes émises par l'opposition et se concentra sur un problème secondaire concernant quelques sénateurs. Il en résulta une longue crise politique. L'OEA multiplia les missions pour essayer d'aboutir à une négociation entre le pouvoir et l'opposition. Mais elle faisait surtout des reproches à l'opposition, accusée de se montrer trop intransigeante. L'incendie de ses locaux en décembre 2001 encouragea cette dernière dans l'idée que de nouvelles élections seraient impossibles tant que des bandes armées, à la solde du pouvoir, pourraient agir librement.   " Jésus, Toussaint Louverture, Aristide : le credo du peuple haïtien ", lisait-on encore récemment sur des banderoles accrochées au-dessus des rues de Port-au-Prince. Aristide a mis en place au fil des années un système qui inexorablement empruntait de plus en plus de traits au duvaliérisme : élections truquées, corruption généralisée, vassalisation de la Justice et de la force officielle de répression (l'armée dans le cas de Duvalier, la police pour ce qui est d'Aristide), impunité généralisée, mise en place de bandes parallèles armées, répression de la presse, lutte contre les syndicats et les autres mouvements organisés, attaques contre l'autonomie de l'Université, lutte contre les secteurs récalcitrants de la bourgeoisie, idéologie basée sur une prétendue défense de la " race noire ", manipulation du vaudou, double langage vis-à-vis de l'impérialisme, culte de la personnalité. François Duvalier se présentait en " leader du tiers-monde " persécuté par les États-Unis. Les dirigeants qui, tels Hugo Chavez, prennent bien imprudemment sa défense risquent de le consacrer dans ce rôle. On ne peut cependant placer un trait d'égalité entre Aristide et Duvalier. Au contraire de François Duvalier (qui menaça cependant les États-Unis de se tourner vers Moscou), Aristide a rétabli les relations diplomatiques avec Cuba en 1996, et reste, semble-t-il, un admirateur de Che Guevara et de Fidel Castro.   De Fidel Castro, Aristide aura peut-être retenu les notions de parti unique, de coup tordu contre les opposants et de dialogue direct avec les masses. Par contre, l'ancien prêtre a abandonné tout projet de réforme sociale en retrouvant son fauteuil présidentiel en février 2001. Même le semblant de réforme agraire que son prédécesseur, René Préval, avait quelque peu entrepris, a été jeté aux orties. L'organisation paysanne KOZEPEP mise en place avec l'aide de René Préval, et qui avait pourtant joué un rôle important dans la fraude électorale de l'année 2000, a dû fermer boutique en raison des pressions qu'elle subissait. Son dirigeant Charles Suffrards'est exilé aux États-Unis. Systématiquement, le ministère des Affaires sociales a pris partie contre les ouvriers et en faveur des patrons. Lorsque, près du Cap Haïtien, des syndicalistes liés au mouvement Batay Ouvriye ont été tués lors d'un mouvement social, le pouvoir s'est retourné contre les victimes. Plusieurs d'entre eux, dont certains étaient bless&eacu
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