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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Dimanche tristesse, le rapport Collier

Publié par Elsie HAAS sur 15 Mars 2009, 10:31am

Catégories : #AYITI ACTUALITES




                                                                    Fruits et légumes d'Haïti

Il y a un rapport, un tout nouveau qui vient grossir la liste des rapports
sur Haïti
qui se trouvent  enfouis dans des cartons
Il y en a qui ont été faits par des experts haïtiens,
celui-ci a été écrit par un étranger.
Il est encensé, dit-on.
Ah, oh ! Une vraie merveille, parait-il.
Une foule se pressait, dit-on, pour entendre l'auteur.

C'est bien étrange, cet engouement pour un rapport  tout bonnement sinistre.
Oui, oui, je sais, il commence bien avec plein de belles fleurs
pour dire qu'Haïti c'est pas le cas désespéré que, hier encore, on affirmait que c'était.
Mais comme dans la fable du Petit chaperon rouge, le loup ne manque pas de se démasquer
dès qu'on passe au nerf de la guerre, à l'argent.

Ce rapport finalement n'est que la continuité décorée
avec des petites boules  de toutes les couleurs
comme dans un sapin de Noël
des plans néolibéraux pour Haïti.
Allez les enfants, voyez comme ça brille !
Comme la camelote que l'Europe refilait  aux élites africaines
en échange des concessions d'exploitation de leurs richesses
aux 16è , 17è, 18è siècles, etc.


Dans ce rapport on ne parle pas de production nationale
ni de développement de l'agriculture
ni d'agriculture biologique
ni de nouvelles infrastructures
ni d'usines, ni de centrales électriques, ni de production d'éoliennes
de fours solaires, de matériaux de construction pour l'exportation
Parce qu'au lieu de manger l'argile
il me semble que ce serait plus sain d'en faire des briques, des tuiles, des mosaïques,etc
Mais évidemment ceux qui se font des c...en or
dans l'importation des matériaux de construction ne seraient pas du tout, mais pas du tout d'accord.
Un casus belli, de quoi programmer un nouveau coup d'Etat !

Dans ce rapport on dit qu'il faut  + de zones franches, sur des terres qui seraient achetées par les compagnies
après une réforme foncière partielle.
On nous dit que ce n'est pas la peine de financer des routes pour désenclaver la campagne
Ca couterait trop cher pour rien, dit-il, parce qu'Haïti c'est un pays montagneux.
A croire que dans les pays montagneux, il n'y aurait pas de routes !

On nous dit qu'il vaut mieux que l'Etat haïtien mette l'argent emprunté au FMI
dans la construction de routes qui desserveront les zones franches.
Des zones franches qu'il faudrait construire un peu partout sur le territoire.
Finissons-en une fois pour toutes avec ces terres agricoles
Vaut mieux importer la bouffe, nous dit-on.
Ca c'est un truc qui va faire sauter de joie les importateurs  en Haïti
et  leurs potes exportateurs aux USA et de la RD

On voit que le développement autonome de la population n'est pas dans le programme
ce ne sont pas des routes
pour permettre à la population de produire
et d'acheminer ses productions à la ville ou ailleurs dans les ports.
qu'on recommande de construire.
Non juste des routes pour transporter les ouvriers dans les zones franches
et   transporter les Tshirts dans les ports - privatisés of course !-

Et puis il y a aussi une belle histoire de  production de mangues
Là aussi il  faut une mini réforme du foncier pour permettre aux étrangers d'acheter la terre.
Et des routes qui aillent  des plantations aux ports.
Et toutes les propositions vont dans ce sens unique
qui est d'utiliser une main d'oeuvre bon marché pour produire moins cher pour l'exportation.

On propose, encore une fois, à Haïti de coudre des fringues
que les travailleurs achèteront plus tard sous forme de pèpè,
vêtements de seconde main importés par ...?

Au moment où dans tous les pays du monde
tous les gouvernements font des plans  pour développer leur agriculture

C'est pas de la blague, c'est pas des zen
Des exemples il y en a, en veux-tu, en voilà :

1- Cuba, Des agriculteurs privés autorisés à cultiver des terres en friche: link
2- Agriculture in Trinidad and Tobago - The Ministry's Strategic Plan 2005 - 2010link
3-  Brésil,Agriculture biologique au Brésillink
4-La Banque mondiale préconise de remettre l'agriculture au centre des efforts de développement link
5-Conseil économique et social Commission du développement durablelink
 

Pourtant des recettes,  autres que des restes aménagés, comme qui dirait relookés, il n'en manque pas.
Il suffit de se baisser pour en ramasser.
Comme celle du Malawi dont nous avons parlé sur ce blog

sur leNouvelliste, Subventionner l'agriculture haïtienne ?

Mais là il faudrait s'armer de courage, "marrer ses reins" , oublier le "pragmatisme duvaliérien"
et décider comme Evo Morales l'a déclaré  pour la Bolivie
"Haïti ne sera plus un Etat mendiant"
 Mézami ce rapport Collier, en vérité, porte bien son nom
parce qu'il s'agit bien d'un collier passé au coup du peuple haïtien.

Quel plaisir c'aurait été d' entendre le Ministre de l'agriculture s'exprimer comme son collègue de la Jamaïque !

Voici ce que dit M. DONNOVAN STANBERRY, Secrétaire permanent au Ministère de l’agriculture de la Jamaïque au cours de la réunion qui s'est tenue le 23 février 2009 au Conseil économique et social de l'ONU
(il) a expliqué que les petits exploitants agricoles de son pays étaient peu éduqués et manquaient cruellement d’outils techniques leur permettant de faire face à la dégradation du climat.  La vulnérabilité de nos économies est attisée par le fait que les récoltes des petits propriétaires fonciers ne sont pas assurées, a ajouté l’intervenant.  Il a lui aussi souligné la nécessité de diversifier les cultures, la Jamaïque dépendant presque exclusivement de ses exportations de sucre et de bananes.  Il nous faut sortir de ces pièges qui nous rendent encore plus vulnérables pendant que la crise du système financier international pèse sur nos crédits et que les prix des denrées alimentaires augmentent, a déclaré M. Stanberry.  L’orateur a précisé que la priorité de son Gouvernement était de relancer le secteur pour endiguer la migration urbaine, à l’origine de l’instabilité des villes et du démembrement des campagnes.  Il a fait savoir que les programmes de développement de son pays mettaient l’accent sur la formation et la protection des fermiers « en cas de coups durs ».  Nous devons moderniser nos moyens de production et développer parallèlement un tourisme vert afin que les agriculteurs jamaïcains puissent toucher les dividendes d’une source très importante de revenus, a conclu M. Stanberry.
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2009/ENVDEV1026.doc.htm


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