Vouloir occulter l'action du père Jean-Juste, partie perdue d'avance
Les funérailles du prêtre haïtien, Gérard Jean-Juste, décedé des suites de problèmes respiratoires et cardiaques après une leucémie attrapée en 2005 en prison, seront chantées ce samedi à Miami. Mais des veillées et d'autres activités sont organisées dans plusieurs villes haïtiennes dont Port-au-Prince et un peu partout à l'étranger: Santo-Domingo, New-York, New-Jersey, Boston, Paris et ailleurs.
L'action et le dévouement du père Gérard-Juste en faveur de milliers d'immigrants haïtiens en Floride et dans la défense des droits de l'homme est si importante, que beaucoup de gens à travers le monde sentent le besoin et la nécessité de s'associer aux cerémonies et aux derniers hommages rendus à cet homme exceptionnel, farouche partisan du respect des principes et des lois et qui répondait toujours présent sur tous les fronts quand il s'agissait de voler au secours de gens en difficulté ou de manifester sa solidarité et sa reconnaissance.
Et c'est ce sens de gratitude qui l'a conduit ce 21 juillet 2005 à l'Eglise Saint-Pierre de Pétion-Ville pour participer à la concélebration des funérailles du jeune journaliste-poète, Jacques Roche, originaire comme lui de Cavaillon, et dont la maman lui avait fait du bien dans le passé.
Mais, il a été assailli par des individus violents qui lui infligèrent de graves sévices corporels, lui assénant des coups partout, utilisant des méthodes honteuses pour éviter qu'il ne saigne, tout cela en plein temple de Dieu, harangués par des propos sulfureux crachés du haut de la chaire. Mais, le prêtre, comme un mouton cerné dans l'abattoir, a encaissé et souffert sans mot dire et sans opposer aucune résistance.
Et comme tentative d'explication à ces volences: il aurait eu quelque chose à voir avec le kidnapping suivi de l'assassinat odieux de M. Roche. Mais on sait et tout le monde sait que l'objecif était de le jeter quelque part où, élément gênant, il ne soit plus capable de "nuire": la prison. Et c'est là qu'il a été conduit, là où sa leucémie s'est déclarée.
Si un petit groupe d'irréductibles, dont certains ont beneficié à coups sûrs directement ou indirectement des bienfaits du prêtre, lui manifestent aujourd'hui encore leur aversion, mais ses amis haïtiens et étrangers sont 1.000 fois, 100.000 fois plus nombreux.
Et de fait, de partout, en Haïti comme à l'étranger, leurs témoignages affluent pour banaliser les tentatives de salissure et remercier le père Jean-Juste pour tout. Et l'un de ces témoignages envoyés de Boston dit ceci: ceux qui t'aiment, ils sont très nombreux, savent que ta mission était le bien que tu as fait toute ta vie et que les accusations portées contre toi n'ont jamais convaincu et ne convaincront jamais personne, pas même ceux qui les ont lancées haineusement et qui t'ont battu, en raison de tes convictions politiques, pour te barrer la route de la présidence qu'on redoutait de te voir emprunter.
A la veille donc du dernier voyage du père Jean-Juste, de nombreux citoyens aujourd'hui médecins, avocats, professeurs dont les parents ont profité de l'action du père Jean-Juste, et qui résident dans différentes villes du monde, sortent ces derniers jours de leur silence: "Je n'aurais jamais été médecin aujourd'hui, si tu n'avais pas aidé mes parents à régulariser leur situation", écrit Ronald J. Auguste, soulignant que des cas similaire sont innombrables .
Un citoyen américain d'origine haïtienne, André Pierre, élu le 2 juin dernier à la municipalité de North Miami, a dédié sa victoire au père Jean-Juste pour "sa longue croisade en faveur des droits des Haïtiens".
Elanor Oscar de West Palm Beach écrit: " le nombre de ceux qui t'en veulent est si insignifiant et le nombre de ceux qui t'aimernt si important que personne ne pourra jamais banaliser ton action et ternir ton image." "Même, ceux qui sont devenus tes adversaires les plus coriaces ont béneficié d'une façon ou d'une autre de tes actions bienfaisantes", écrit encore Elanor.
Le père Gérard Jean Juste peut dont partir fier d'avoir fait un peu de bien, assuré de rester longtemps ou plutôt toujours dans le coeur de la majorite des Haïtiens, malgré ceux qui n'aiment pas les différences et ceux qui, atteints de vertige, font semblant d'oublier.
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