de la réalisatrice Harrieth H. présenté par l'association Anacaona.
VOIR Invitation/Centre Anacaona/film sur le Proçès de Raboteau
En entrée, M.Giordani, Président de l'association, nous a fait un rappel
de qui était la cacique "Anacaona".
Je ne connaissais pas vraiment l'histoire d'Anacaona.
Celle de sa résistance aux conquistadores espagnols
à la tête d'une regroupement de l'ensemble des caciquats.
Puisque Ayiti- qui s'appelait Ayiti avant d'avoir été "baptisée par les colons "Hispaniola, "
puis la partie française Saint Domingue,
surnommée par eux "La Perle des Antilles",
tant la canne travaillée par les esclaves et le sucre qu'on en tirait était d'un rapport vertigineux.
Le commerce du sucre à l'époque, comme l'a rappelé M. Giordani,
correspondait peu prou à celui du pétrole au niveau de la richesse accumulée.
Et puis Anacaona fut vaincue.
Le Cacique Henri prit la relève mais fut également éliminé
par les conquistadores ainsi que l'ensemble de la population Taïnos qui habitait l'île.
Avant de disparaïtre totalement, les Taïnos avaient eu le temps de transmettre quelques-unes de leurs coutumes aux esclaves africains, les ajoupas, la kassav, par exemple,
qui sont des mots taïnos et aussi les emplacements des grottes- Marie Jeanne par exemple-
qui serviront de refuge par la suite aux Marrons de la liberté.
C'est ainsi que dans la Grand'Anse, par exemple,
les pierres dites indiennes font partie des objets religieux
qui se retrouvent sur les autels vodou.
C'est ainsi que, en hommage à ces Tainos génocidés,
les vainqueurs de la guerre contre les troupes de Napoléon Bonaparte,
ont décidé de donner à ce nouveau pays le nom d'Haïti.
Il s'agissait également de rompre avec les symboles de l'esclavage et de la colonisation.
C'est pourquoi ça me fait carrément mal au coeur de voir des haïtiens -avec un petit h-
répéter sans s'en préoccuper, mais même avec une fierté déplacée "Perle des Antilles",
ne pas s'octroyer une majuscule - quel que soit leur niveau d'études-
et réutiliser le nom colonial d'Hispaniola pour l'ensemble de l'île
au lieu de Quisqueya, le nom Taïnos.
C'est profondément triste.
Question tristesse, le film qui raconte le procès de Raboteau vous déchire le coeur.
Il y a ce groupe d'accusés, tous de + ou - jeunes militaires et des membres du Fraph de Toto Constant,
pleins de morgue, d'assurance et d'arrogance .
Il y a les victimes tremblantes d'émotion, mais malgré tout allant jusqu'au bout de leurs témoignages.
Il en fallu du courage à ces pauvres gens de Raboteau pour faire face aux 22 accusés,
pour partager le même espace qu'eux.
J'ai noté également la dignité des victimes.
Même si elles ont été "briefées" avant par les avocats.
Jamais une insulte. Jamais une attaque ad hominem. Pas un zen.
Juste l'exposition des faits. Même leurs colère et souffrance, elles les ravalent.
Franchement, quand on prétend que les Haïtiens sont des barbares,
le déroulement de ce procès évidencie la fameuse phrase de Levy-Stauss,
comme quoi le barbare est celui qui qualifie les autres de barbares.
Et puis, on se rend compte à quel point la société haïtienne
pourrait évoluer dans le bon sens
si le système judiciaire n'était pas pourri jusqu'aux os.
Dans le film apparait Michèle Montas, veuve du journaliste assassiné, Jean Dominique,
qui déclare sous le coup de l'émotion
qu'on a liquidé l'armée et qu'il aurait falllu liquider tout le système judiciaire gangréné.
L'actuelle Première ministre, Mme Duvivier Pierre-Louis, apparait également pendant quelques secondes,
où elle déclare que ce sont les militants progressistes qui sont systématiquement visés.
La veuve de Guy Malary, - pardon j'oublie son prénom-
ministre de la Justice sous Aristide en 1991,
et également assassiné en pleine rue,
intervient avec un calme impressionnant pour parler également de cette justice
à deux, trois, quatre vitesses en Haïti,
au service uniquement des puissants.
Et puis, et puis, on apprend qu'en 2004, à la faveur du coup d'Etat,
que ces criminels ont été pour certains absous,
d'autres se sont enfuis de leurs prisons.
Heureuse coïncidence !
C'est ça "la justice à l'haïtienne", comme dirait l'autre
pour lequel tout est "à l'haïtienne" des privatisations aux rencontres en RD
En parlant de "l'autre", de cet homme qui semble tout puissant et craint ,
devant lequel tout le monde semble rapidement s'effacer
-pour des raisons qui m'échappe-
et qui avait prétendu, entre autres, entre autres,
que je faisais de la propagande pour du "kraze brize"
dans un art consommé du procès d'intention et du détournement de sujet.
J'ai lu, alors-là non pas avec de la tristesse mais de l'abattement sa note.
Je dis abattement parce qu'il est pitoyable de constater ,
à quel niveau de violence verbale et d'inepties,
quelqu'un, manifestement admiré et respecté par ses compatriotes
peut tomber aisément.
Et combien cette manière de faire est, non seulement admise, mais véritablement encensée.
Ca m'a plongé dans une réflexion sur la difficulté de transformer Haïti,
après tant d'années d'une éducation où parmi les plus
instruits est utilisée cette sorte de "novalangue"
à base d'insultes, de contre vérités, d'arguments poubelle
pour faire taire celui ou celle qui ne partage pas son avis.
J'ai remarqué, d'ailleurs, que cette même personne qui se présente comme un
"businessman/de centre-droit /qui ne fait pas de politique"
était capable de passer du ton le plus suave, le plus cordial
du moment où les thèses de son interlocuteur lui conviennent
à cette novalangue, confuse, violente et menaçante
à partir du moment où il y a divergence d'idées.
J'ai remarqué que cette "catégorie" d'internautes
- il n'est pas le seul-
manie la carotte et le bâton.
avec un art consommé.
Et que je t'encense et t'envoie des fleurs quand les propos me conviennent
et que je t'insulte dans le cas contraire.
Les deux messages pouvant s'adresser successivement à la même personne.
Quoiqu'il en soit, et bien que sachant que la logique ne sert pas à grand chose
vue l'espèce "d'hébétude" qui s'empare des uns et des autres
face aux "analyses" de cet internaute,
je voudrais, néanmoins, signaler :
-que tous les ans, depuis de nombreuses années
les Haïtiens d'Ile de France organisent un pélérinage au Fort-de-Joux, lieu de réclusion
et de mort de Toussaint Louverture.
-que les Haïtiens de France se préoccupent de la situation de ceux en RD
VOIR: Dimanche 15h rassemblement devant l'ambassade de Rep.Dominicaine
-que les Haïtiens de France en groupe et individuellement -le Dr Archer de Lille par exemple-
j'avais relayé son appel sur le blog-
manifestent quand un de leurs compatriotes rencontre des difficultés avec les services de l'immigration
-qu'il existe en France des associations de défense des "Sans Papiers", la Cimade par exemple,
qui font un travail remarquable pour venir en aide aux personnes rentrées irrégulièrement sur le sol français.
-qu'il ne viendrait pas à l'idée de ces associations, ou d'associations haïtiennes qui viennent en aide aux sans papiers, d'inviter Jean Marie Le Pen pour qu'il explique aux Haïtiens, qu'ils ne doivent pas compter sur la France pour aider leur pays à se développer.
Ca fait très longtemps que les Haïtiens le savent, je ne crois pas qu'il soit besoin de leur faire un cours ex-cathedra.
-que si les Français ont décapité des esclaves en place publique, ça se passait dans les siècles antérieurs.
-que nous sommes au 21ème siècle
et que c'est au 21ème siècle que se passe la décapitation du compatriote haïtien en RD
sous les viva de la foule.
-que les Haïtiens- une majorité- qui ont quitté Haïti, pour la France métropolitaine, la Guyane, la Martinique, la Guadeloupe, Saint Martin, la Réunion, l'ont fait pour des raisons politiques et/ou économiques comme ceux qui se trouvent aux USA
-vous avez entendu parler de Charlemagne Péralte et des Cacos ?- ce sont pourtant des fait plus récents dans l'histoire que l'esclavage, n'est-ce-pas ?
ou bien du cas de ce jeune homme qui s'était fait, aux USA, torturé sexuellement par des policiers ?
ou de la RD- z'avez entendu parler de la Rivière Massacre- plus récent aussi que l'esclavage.
De Jacques Roumain emprisonné à Paris,
pour avoir eu l'audace de protester contre le massacre de ses compatriotes en RD ?
C'est en France, où il se trouvait, que Jacques Roumain a manifesté.
Aurait-t-il pu le faire en Haïti?
Ce qui veut dire que ce n'est pas nécessaire de vouloir stigmatiser, ostraciser les Haïtiens de France,
parce qu'ils se trouvent, que l'un d'entre eux, moi/même/même en l'occurence,
trouve honteux la présence d'un représentant du courant anti-haïtien à la "rencontre patriotique"
ou bien considère que la RD n'est pas le lieu idéal -surtout en ce moment
pour faire ce genre de manifestation.
VOIR: Les Calomnies et les impuissants
Et aussi : Les marchands de calomnies
Mais, je le répète, les organisateurs comme a dit "pragmatiquement"
une internaute ont le droit de se rencontrer où ils veulent
et avec qui ils veulent puisqu'ils payent eux-mêmes leur réunion.
J'avais déja en mai 2009 écrit sur la question.
VOIR : Réunion de la droite et de l'extrême droite en RD pour "sauver" Haïti
Ce qui ne veut pas dire que parce ces organisateurs ont payé, on se doit de la fermer.
Parce que, étant donné que l'argent mène le monde, nous serions tous condamnés à la fermer
devant les pire crimes - comme par exemple le cas récent de ce pédophile américain
dénoncé par Cyrus Cibert-signalé à l'époque sur mon blog.
VOIR : CAP-HAITIEN, LE PÉDOPHILE ET SON CENTRE D'ACCUEIL POUR ENFANTS DE RUE...
J'en finirai avec cette cette question,
étant donné que les intérêts et la manière de voir le monde sont tellement divergents
-aux antipodes même- avec le "businessman à l'haïtienne'
que cela deviendrait de la pure niaiserie, inefficace,stérile
et stupide de poursuivre
Il s'agissait d'exprimer un point de vue différent
comme ceux de Raboteau exprimaient un point de vue différent
et ont été massacrés.
De la violence verbale à l'usage des machettes et des Uzzi
de proférer des absurdités à commettre des atrocités
il n'y a qu'un pas,
qui en Haïti, au temps de la "restauration macoute,"
peut être vite franchi.
Nous savons ce qui s'est passé au grand jour avec les frères Izmery
avec Guy Malary
avec Jean Dominique
aves Lovisnsky Pierre-Antoine
et tous les autres.
Nous n'oublions pas.
Au fait, tant qu'on y est,
est-ce qu'il ne serait pas temps pour les"businessmen à l'haïtienne"
de faire leur bilan
sur leurs responsabilités dans la situation actuelle d'Haïti ?
Comme cela leur a été suggéré à plusieurs reprises
par les différents Ambassadeurs US en poste à Port-au-Prince
qui sont bien plus au courant que nous -pauvres mortels-
des us, habitus et coutumes de ces gens-là.
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