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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


La bamboche démocratique

Publié par Elsie HAAS sur 24 Mars 2007, 00:30am

Catégories : #AU MATIN DE BOULOS

sous la plume de Mme Manigat
sous le titre: Face au vandalisme : zéro tolérance
A propos d'un fait divers qui, en France aurait été reporté en tant que tel mais qui ici donne l'occasion à l'auteur de se  lancer à fond  dans une sorte de harangue ou de "voye monte"   politico-socio-moraliste à la Finkielkraut.  Parce qu'il  s'agit du journal de droite, Le Matin,  de "la cinéaste bien connue Rachèle Magloire" et de misérables étudiants "de jeunes (qui) n’ont rien connu d’autre dans une existence qui, pour beaucoup d’entre eux, commence avec la bamboche démocratique à la sauce de la violence militariste d’État de l’après 1986."
Ce qui veut dire quoi exactement  "la  bamboche démocratique à la sauce de violence militariste de l'Etat de l'après 1986 "? 
  "L’image qui stigmatise le pays", comme dit si bien l'auteur,  ne serait-ce pas plutôt  celle d'adultes, d'intellectuels, de professionnels incompétents arrogants  et  pédants - en l'occurence, toujours prêts à stigmatiser et à sortir d'un ton doctrinal de grandes théories à la mords-moi le noeud  ?

extraits

 
L’agression dont a été l’objet une équipe de tournage dirigée par la cinéaste bien connue Rachèle Magloire (Le Matin du 19 mars) n’appelle pas seulement des protestations et condamnations que l’on espère unanimes. Certes, la protestation de l’équipe de cinéastes victimes souligne avec raison le caractère arbitraire du comportement des étudiants agresseurs : confiscation de matériel, poses de petits chefs (la cigarette arrachée des doigts d’un membre de l’équipe), attitudes de chahuteurs, bref ambiance et pratiques de vandalisme. Il n’y a pas d’autre mot. Mais, de plus, ce grave incident pose une série de problèmes à la croisée desquels on retrouve la condition et le destin de la jeunesse de ce pays, les quelque soixante pour cent qui constituent celui-ci, bref ce que l’on désigne couramment comme le futur de la nation. Et dans ce domaine comme dans celui de la délinquance les tentations sont grandes de mélanger les choses.
On a affaire à de l’arrogance, bien sûr. Le fait qu’un petit groupe d’étudiants en mal de valorisation s’érige en contrôleurs de l’espace universitaire au point de prétendre décider de qui peut y pénétrer et pour quoi faire, relève tout simplement de l’immaturité. La plus naturelle réaction de fermeté de la part des responsables sur place aurait dû transformer cet épisode en un désagrément aussi momentané que passager pour l’équipe de tournage. Malheureusement, il semble que l’espace de la FASH ait été privé de toute autorité généralement quelconque pendant… quatre heures de temps environ.
Il s’agit de violence aussi, et ici encore point n’est besoin d’aller chercher bien loin l’inspiration. L’image qui stigmatise le pays depuis trop longtemps est bel et bien entretenue entre autres par ce type de comportement outrancier qui ne traduit guère plus que les pulsions destructrices d’une société qui , au fond, refuse d’oser : oser sanctionner, oser condamner, oser changer. La violence, c’est tellement plus facile, plus familier, plus confortable même, dirais-je, que l’effort de reconnaissance et de respect de l’autre. Ces jeunes n’ont rien connu d’autre dans une existence qui, pour beaucoup d’entre eux, commence avec la bamboche démocratique à la sauce de la violence militariste d’État de l’après 1986.

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