Ces élus s'exprimaient, tous sous couvert d'anonymat, alors que François Bayrou - 18,57% au premier tour de la présidentielle - doit annoncer mercredi ses intentions pour le second tour. Il ne devrait pas donner de consigne de vote et pourrait annoncer la création d'un nouveau parti "démocrate".
Selon un des élus sarkozystes, deux stratégies sont possibles: "soit on a suffisamment d'UDF qui nous rejoignent à l'UMP et on reprend l'UDF de l'intérieur". Dans le cas contraire, "on additionne les UDF qui viennent de nous rejoindre avec ceux qui nous ont rejoints depuis 2002 et avec eux, on forme un nouveau parti".
Selon cet élu, la première stratégie paraît difficile parce que les statuts de l'UDF sont "ultra-verrouillés".
"Ce n'est évidemment pas Sarkozy lui-même qui créerait le parti mais si suffisamment se ralliaient à lui, il constaterait la création d'un nouveau parti", a déclaré un député UMP, ancien de l'UDF qui avait rejoint le parti à sa création en 2002.
Un autre député, lui aussi venu de l'UDF en 2002, a estimé que s'il se trouvait suffisamment d'UDF pour se rallier à sa candidature, Sarkozy allait "laisser se créer un nouveau parti centriste". Ce parti serait intégré dans la majorité nouvelle, si M. Sarkozy devient président.
"L'idée est de créer un parti de centre-droit, indépendant de l'UMP", a expliqué à l'AFP le sénateur UDF Yves Pozzo di Borgo, indiquant que cette idée était soutenue par lui-même et par Gilles de Robien.
"Ce parti aurait un contrat de gouvernement pendant cinq ans avec le président de la République, pas avec l'UMP", a précisé M. Pozzo di Borgo, qui a annoncé dimanche soir son soutien à M. Sarkozy pour le second tour.
Il serait, selon lui, créé "après la présidentielle, mais avant les législatives". Ce serait un "pôle de rassemblement" dans lequel pourraient revenir d'ex-UDF ralliés à l'UMP en 2002.
Nicolas Sarkozy avait annoncé lundi son intention de créer une majorité "multipolaire".
"Nicolas Sarkozy rappelle qu'il n'a jamais été pour le parti unique. Il veut jouer le jeu du pluralisme organisé. Ca ne choque pas Sarkozy qu'on puisse organiser un centre qui ne soit pas UMPiste", avait récemment indiqué de son côté un ministre.
De nombreux responsables UDF ont rejoint en 2002 l'UMP, mais François Bayrou avait refusé de se fondre dans un grand parti unique de la droite, se distançant de plus en plus de la majorité, jusqu'à voter la censure.
Plusieurs parlementaires UDF se sont ralliés, avant ou depuis le premier tour présidentiel, à la candidature de Nicolas Sarkozy.
Le seul ministre UDF, Gilles de Robien, avait lui aussi rallié la candidature de M. Sarkozy avant le premier tour.
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