C'était le 5 décembre que Lionel Constant Bourgoin
avait pris ses nouvelles fonctions.
Sa démission vient après l'intervention du ministre de l'Intérieur,
le duvaliériste et fils de baron duvaliériste Mayard Paul,
pour interdire à Gaillot Dorsinvil, patron du CEP (conseil électoral provisoire)
de prendre l'avion pour quitter Haïti.
Mayard Paul après son coup de western sur le tarmac de l'aéroport Toussaint Louverture,
pour arrêter le député Bélizaire, joue à nouveau au "justicier".
Sauf que dans son film à lui, le justicier ne se présente pas seul
face à l'ennemi
mais toujours protégé par une foule de macoutes armés jusqu'aux dents.
Ce commissaire a raison de démissionner.
Il faut se rappeler qu'en 1957, ce sont les lâchetés, les agenouillements,
la peur et la soumission
qui ont mis le pays sous la coupe des militaro/macouto/duvaliéristes,
dont les enfants qui sont aujourd'hui au pouvoir
ont les dents encore plus longues et bien plus aiguisées
que celles de leurs papa et manman.
En tous les cas, ce Dorsinvil, qui,
sous l'ordre de l'OEA et de la communauté internationale`
a arrangé les élections de manière à favoriser
M. Martelly,
-et auquel Mayard-Paul devrait être reconnaissant
puisque sans Dorsinvil , il n'eut jamais été ministre-
devrait faire attention.
Un accident est vite arrivé.
Lettre de démission du Commissaire du Gouvernement :
Monsieur Pierre Michel Brunache
Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique
En ses bureaux
Monsieur le Ministre,
J’ai le regret de vous présenter ma démission en tant que Commissaire du Gouvernement près le Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince. Depuis ma prise de fonction le lundi 5 décembre dernier, je n’ai cessé d’agir au nom de la société que pour veiller à la bonne application de la loi et au respect de l’ordre public, ce, pour une action publique efficace et respectueuse des libertés individuelles.
En raison de mes profondes convictions et pleinement conscient de la mesure de mes missions, je ne saurais être le bras armé d’un quelconque pouvoir d’inspiration autoritaire soucieux d’établir son ordre.
Comptant sur votre compréhension, je vous prie, Monsieur le Ministre, de bien vouloir accepter ma démission.
Patriotiquement vôtre,
Lionel Constant Bourgoin
Commissaire du Gouvernement
Près le Tribunal de première Instance de Port-au-Prince
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