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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Haiti Liberté.Témoignage de Jocelerme Privert contre Bernard Gousse !

Publié par siel sur 14 Juillet 2011, 10:31am

Catégories : #AYITI ACTUALITES


Par Mona Péralte

...

Le vendredi 8 juillet dernier, une pétition issue de la chambre du sénat, signée par 16 sénateurs allait au président Martelly pour l’avertir  que la candidature de l’ex-ministre de la justice, le cruel Bernard Gousse, Premier Ministre désigné par le Président Sweet Micky Michel Martelly, ne serait pas agrée.           

Les16 sénateurs  reprochent à Bernard Gousse d’être un bourreau directement impliqué dans des cas d’arrestations illégales et arbitraires, de répression, d’assassinat et de persécutions politiques, lors de son règne ministériel sous le gouvernement de facto, inconstitutionnel de Boniface Latortue (2004-2006).           

L’une des victimes, l’ancien ministre de l’Intérieur sous le gouvernement de Jean Bertrand Aristide, Jocelerme  Privert, signataire de la pétition, a reçu de son bourreau un appel téléphonique, le week-end dernier,  implorant son pardon et essayant de l’amadouer.           

Les raisons qui ont poussé Privert à mettre Goussse nu sur la place publique  tient du fait que ce dernier sans aucune gêne avait fait savoir sur les ondes que c’est Jocelerme  Privert lui-même qui avait sollicité son arrestation pour raison de protection.

... 

Pour l’histoire voici le récit de l’arrestation tel que raconté par le sénateur de l ’Inite lui-même, Jocelerme  Privert: « Dans l’après-midi du 5 avril 2004, aux environs de 4 heures, des hommes vêtus de noir, cagoulés ont violé ma demeure. Ils ont saccagé la maison, battu, torturé les occupants de la maison. Même ma mère, une vieille dame âgée de 80 ans, n’avait pas échappé aux tortures des voyous. Moi, j’avais dû me mettre à couvert, chez un de mes amis près de l’aéroport. 

Le président Martelly a désigné Maitre Bernard Gousse qui voulait mon intervention dans cette situation. D’abord, officiellement, je n’étais pas au courant de la désignation. Deuxièmement, s’agissant de mes contentieux personnels avec Bernard Gousse, je n’ai jamais raté une occasion d’y penser. Ainsi, quel que soit le sens de mon intervention, elle aurait une relance de règlement de compte. Donc, je préférais quand même garder un profil bas, par rapport à toute saga qui tourne autour de ce personnage très controversé, désigné comme premier ministre.

 

J’ai été arrêté le 6 avril 2004 à 2 heures du matin par Maitre Bernard Gousse en personne. J’ai été conduit au Pénitencier à bord d’un véhicule de l’ambassade de France avec Bernard Gousse en personne. 

Ma question maintenant, c’est quoi cette vérité ? Alors Maitre Bernard Gousse, dans certaines de ses interventions cette semaine, a dit que les circonstances de cette arrestation sont connues de lui-même et de Jocelerme Privert. 

Effectivement, les circonstances sont connues de nous deux, maitre Gousse et moi. Mais, là où Maître Gousse a péché, c’est que nous ne sommes pas les deux à savoir cette vérité. 

Nous devons rappeler pour l’opinion publique : mon chauffeur, Albert Fabien, a été kidnappé, séquestré et torturé dès 4hers de l’après-midi du 5 avril 2004 par un escadron de la mort, avec objectif de les diriger dans ma demeure. Après tant de bastonnades et de sévices physiques, il a finalement cédé. A 10 heures du soir, il était obligé de conduire les assaillants chez moi. A ce moment, j’ai dû laisser ma maison pour me réfugier quelque part d’autre. Alors, je m’étais mis à appeler quelques amis de façon à pouvoir définir la nature de cette opération macabre chez moi en pleine nuit. Ce qui m’inspirait à appeler certaines personnalités, parmi lesquelles je cite : Pierre Espérance, Calixte Delatour, Me Camille Leblanc, et le président de la Chambre Franco haïtienne de l’Industrie et du Commerce, Lyonel Etienne. Celui-ci a appelé l’ambassade de France. Deux agents diplomatiques de l’Ambassade m’ont proposé de venir me chercher où j’étais de façon à éviter des ennuis à mes hôtes. Et je suis sorti les rencontrer. Ils ont appelé Me Bernard Gousse. On était au Champ de Mars. Bernard Gousse leur a demandé d’aller l’attendre à l’aéroport International. C’était une façon d’amadouer l’opinion publique pour lui faire croire que j’allais laisser le pays et qu’on m’a arrêté à l’aéroport.


 Nous sommes restés à l’aéroport jusqu’à 1 :30 du matin. Ce qui revient à dire que Me Gousse a pris 2 heures de temps pour nous rejoindre. Il m’a dit « j’ai tenu à vous rencontrer. J’ai un mandat d’arrêt pour vous».

 Je lui ai demandé à quel motif ? Il m’a répondu que c’est en ce qui concerne le massacre de la Scierie. Je lui dis que je n’ai rien à voir à ce prétendu massacre. Puis j’ai ajouté : vous avez un mandat pour moi, il est maintenant 2hres du matin. De quoi s’agit-il, de cet escadron de la mort qui saccage mon domicile ? Il m’a répondu que : c’est la police.

 Je lui ai demandé comment expliquez-vous que des policiers vêtus de noir et cagoulés peuvent-ils s’adonner à torturer ma famille et piller ma maison ? Il m’a répondu que les policiers étaient en possession d’une copie du mandat.

 Disant tout ceci, maitre, suis-je en état d’arrestation ? Il m’a répondu : en principe, oui.  Je lui ai demandé, si je suis obligé de vous accompagner ce soir ? Il m’a répondu positivement. Et c’était ma dernière conversation avec Bernard Gousse. Comment pouvons-nous expliquer qu’un mandat d’arrêt, émis par un juge d’instruction, se trouvant à 100km de Port-au-Prince (Saint Marc) puisse  être entre les mains d’un ministre de la justice à 2hres du matin, pour exécution ? 


Ce que je veux dire à Gousse, c’est que tout ce témoignage fait l’objet d’un document de 20 pages que j’ai distribué en avril 2006 à l’ensemble des ambassades et agences accréditées en Haiti. Ce document a été envoyé au conseil de Sécurité de l’ONU, au secrétaire général de l’Onu Kofi Anan etc.

 Donc, en résumé, nous ne sommes pas seulement deux à être en connaissance de cette vérité, mais bien le monde entier».


 Dans quel pays peut-on voir une telle scène, autre qu’en Haiti, que des diplomates accrédités dans un pays procèdent à l’arrestation d’un citoyen puis le conduisent en prison dans leur propre véhicule de service ?

 Et malgré tout, Jocelerme Privert, en dépit de ces abus concoctés contre sa vie et qui auraient pu causer sa mort  par un ancien ministre et deux diplomates étrangers, a trouvé assez de courage pour ne pas les citer en justice.

 Malgré ce témoignage accablant d’un pair,  le sénateur Youri Latortue et un groupe de ses collègues, issu des formations politiques Ayiti Annaksyon,  l’Alternative et autres seraient prêts à voter en faveur de Me Gousse si ses pièces sont conformes aux exigences constitutionnelles estimant que la démarche des sénateurs du groupe majoritaire « n'a aucune valeur légale ». D’ailleurs, à quoi s’attendre d’autre de Youri Latortue, puisqu’au règne illégal de Gérard Latortue, lui et l’ancien ministre tortionnaire Bernard Honorat Gousse travaillaient pour le même maître.

SOURCES

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