A la sortie nord de la ville de l’Estère, un batiment scolaire érigé sur un terrain de près d’un demi-carreau, ceinturé par des murs en blocs de ciment porte l’inscription peinte en bleu sur une enseigne métallique peinte en blanc, mais partiellement détériorée par la rouille: Lycée Jean Léopold Dominique. Cela date d’environ 11 ans que ces travaux ont été entamés et ce local n’est toujours pas complètement achevé. Pourtant, si le cas le nécessitait, des élèves occuperaient déjà les salles inachevées. Des professeurs seraient embauchés pour diffuser les cours. Non. Ce n’est pas cela. Depuis quelques mois, la cour du Lycée-en-construction est converti en aire de stationnement pour des gros transporteurs et surtout d’entrepôt pour matériels utilisés sur les chantiers de la Nationale No.1.
J’ai bien dit Lycée, ou école secondaire toujours pas opérationnelle depuis 11 ans. La faute à qui? De 1995 à 2004, il a existé un programme du ministère de ,l’Education Nationale visant à augmenter le nombre d’enfants scolarisés dans le pays. L’objectif de 135 écoles primiares pour 135 communes était atteint. En même temps, plusieurs lycées ou Ecoles secondaires publiques ont été installées dans la plupart des zones peuplées et dans les nouvelles agglomérations
semi-urbaines.
Il faut dire que la plupart de ces institutions ont fonctionné dans un état de quasi-dysfonctionnement. En Haiti, pour qu’il y ait école, il faut: a) un programme, b) un local, c) des bancs, d) un tableau, e) des professeurs. Et dans le cas des écoles secondaires, il faut un nombre plus élevés d’enseignants et par voie de conséquence, disposer d’un budget plus élévé afin de faire face à l’augmentation de la masse salariale. Alors, les gouvernements qui se sont succédés au pouvoir pendant la période sus-mentionnée, ont dû, épisodiquement, faire face à la fronde des enseignants de ces lycées qui se mettaient régulièrement en grève, révendiquant des salaires impayés pendant 12, 15, 18mois. L’activisme de l’UNO (Union des Normaliens Haitiens), avait de quoi alimenter une machine qui semblait destabilisatrice par moment.
Sans programme, sans budget, et surtout sans un projet, le projet de scolarisation gratuite de Michel Martelly est déjà un grand bluff: un bluff parmi d’autres bluffs qui ont déjà fait sa fortune politicienne. La bonne logique traditionnelle veut qu’on attende les 100 premiers jours d’un nouveau président pour se projeter les premières images de faisabilité de ses réalisations. Mais, devant ce qui se dessine, il faut commencer par pousser des cris d’orfraie.
Pour maintenir un bluff, il faut un plus grand bluff. Or le bluff ne saurait tenir trop longtemps. Surtout quand il s’agit du destin d’un peuple. Michel Martelly est bien conscient qu’il est le seul à croire dans son bluff.
Lorsqu’il lui avait été demandé d’expliquer la provenance des fonds devant alimenter son projet de scolarisation gratuite, avec l’audace du jouer de poker, ne lâcha-t-il pas qu’il allait inventer de nouvelles taxes dont celles sur la Borlette. Cette terrible bourde passa sans que personne n’ait désiré scruter plus loin son horizon. Borlette, il avait dit. Dans ce milieu-là, précisément, on commençait à rire de ce monsieur qui, s’il s'était trouvé face à un adversaire coriace, lui aurait balancé la fameuse réponse des politiciens américains: ce monsieur dit n’importe quoi pour se faire accepter comme président.
La Borlette est une structure informelle, bien implantée dans notre milieu. La dictature de Duvalier avait tenté dans les années 60 de la contrôler, mais avait dû battre en retraite jusqu’à avaler le systême duvaliérien. Michel Martelly semblait prendre appui sur les billboards publicitaires de la Lotto de Floride (50 billions de doallars de contribution à l’Education). Mais, la Lotto est une structure d’Etat. La Borlette est et restera une structure informelle.
Mais, le bluff ne peut continuer. La perception des $1.50 sur les transferts et les 0.05 cents US sur les appels téléphoniques prouvent une fuite en avant.
C’est la sortie d’un grand bluff pour masquer un bluff électoraliste.Actuellement, on nage dans le flou conceptuel entre une nouvelle taxe ou contribution volontaire sur les transferts et les appels téléphoniques.
L’imposition de ces coûts forfaitaires est déjà perçue comme une démarche un tantinet démagogique, à la limite, dictatoriale. Un projet de scolarisation gratuite pour 500.000 enfants devrait être préparé, présenté, détaillé et surtout budgétisé. L’argent du contribuable ne doit alimenter un projet “lamayòt”, ventillé seulement au bon soin d’un élan messianique d’un nouveau genre.
Période de grâce de 100 jours moins 16, j’ai eu l’opportunité d’échanger sur ma page Facebook avec un supporter de Sweet Micky qui pourfendait les parlementaires de INITE, parce que ces derniers voulaient un deal de partage de postes ministériels avec la nouvelle administration. Jack P Richemond, c’est delui qu’il s’agit, a insisnué que la population avait voté pour un Changement. Je lui ai fait comprendre que la Démocratie dite libérale ou Républicaine prend une définition toute autre que celle idéalisée dans les discours scholastique. En plus d’être: Le jeu de l’Argent et de l’hypocrisie, la démocratie veut tout aussi bien dire (Préval nous l’avait bien démontré) que Chodyè a monte sou do Pèp la, li separe nan mitan yon ti group de petits copains et de coquins. Le Changement dont il brandit comme la nouvelle évangile? Pèp la te vote pou CHANJMAN! J’ai fait comprendre à mon interlocuteur que les financiers de la campagne de Michel Martelly, dont le principal, un Laurent Lamothe n’ont surtout pas agi pour changer le sort de la majorité des Haitiens qui sont rendus plus misérables après le 1 Janvier 2010.
Grâce à la popularité de son nom dans le business des divertissements, Sweet Micky a toujours été considéré comme un cheval gagnant pour Laurent Lamothe.Celui-ci a rentabilisé l’image du chanteur iconoclaste dans le business des appels longue distance entre les Usa, Canada et Haiti (Carte Rose Sweet Micky et Nopin Direct) depuis plus de 10 ans. Son poulain étant devenu président, Laurent Lamothe doit commencer par récolter ses bénéfices. Voilà pourquoi, se trouvedéjà sur le bureau du directeur général de la CONATEL, le contrat qui doit permettre à Global Voice S.A, la compagnie de Laurent Lamothe, de comptabiliser le nombre d’appels internationaux passant par les companies Haitel, Voila, Digicel et Natcom afin de “contrôler” les montants devant alimenter le Fonds National d’Education dont a parlé Martelly. 1.5 millions l’an, est la somme prévue pour verser à Gloval Voice rien que pour ce contrat. Ah! Ah! Voilà le CHANGEMENT!
Bluffs et bluffs supplémentaires. Haiti est, après Cuba, le seul pays de la région qui fait payer à un prix élevé ses appels internationaux. Actuellement, la compagnie Vonage offre un prix forfait d’abonnement qui permet de placer les appels gratuitement vers nos voisins de la République Dominicaine à partir des USA et du Canada. De plus en plus, les compagnies réduisent les prix des appels internationaux. Or, sous couvert de vouloir scolariser un nombre plus élevéd’écoliers Haitiens, le président Tèt Kalé est en train de maintenir, sinon augmenter le coût élevé des appels téléphoniques des Haïtiens de la diaspora (Eh! J’en fais partie, moi aussi) vers leurs parenst et proches en Haiti. Les Haitiens de la diaspora devenus subitement, La Poule aux Oeufs d’Or. Il faut le dire. Ce sont des mesures indignes d’un Etat responsable. Alors, autant élever la voix et dire que Michel “Sweet Micky” Martelly, c’est encore et présentement: un grand Bluff!
Norluck DORANGE
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