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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Les Irresponsables

Publié par siel sur 29 Novembre 2010, 10:30am

Catégories : #E. HAAS chronique


Jacques Roumain, tout jeune, il avait à peine vingt ans, a écrit un petit livre que j’aime beaucoup ,

Les Fantoches link
qui offre un aperçu des milieux bourgeois de Port-au-Prince.
Dans ce petit livre , dans lequel il met en scène une rencontre entre deux candidats,

peut-être à la députation, -je ne m'en rappelle pas exactement-.

Roumain montre en touches rapides le grotesque de cette démarche

face à un public qui vit la confrontation comme un divertissement,.

dont il n 'espère, quelle qu'en soit l'issue, aucun changement de sa condition,

sinon les quelques piastres distribuées et le clairin.

 

Une mauvaise pièce de théâtre c'est ce qu'ont été.
les élections qui viennent de se dérouler en Haïti,

organisé par un CEP( conseil électoral provisoire)

décrié depuis des mois par ceux-là mêmes

qui ne se sont pas gênés pour se porter candidats.


A ces élections organisées par le gouvernement sous la haute protection de l’ONU

et avec l’argent de la dite communauté internationale,

les acteurs se sont précipités pour faire leur prestation : affiches, débats, meetings

rien ne manquait à la comédie

pendant que le choléra, lui dansait sa danse macabre en faisant quelques 2000 victimes..

 
12 candidats ont demandé l’annulation du scrutin, a-t-on appris hier.
Or, ces candidats savaient parfaitement que des suspicions de fraudes planaient

sur l’organisation du scrutin.
Ces candidats savaient parfaitement qu’entre les 200 000 morts du séisme,

les déplacés, les pertes de papiers d’identité, il était quasiment impossible
d’avoir un scrutin démocratique.
Ces candidats le savaient bien.

 

Pourtant, jusqu’à la dernière minute ils ont insisté,

Mme Manigat et Baker notamment, pour que les élections se déroulent.

dans ces conditions désastreuses.


Maneuvrés par les sondages qui les positionnaient comme favoris,

ils n’avaient  plus qu’une  seule idée en tête : aller aux élections .

Et advienne que pourra.
Baker, par exemple eut à dire que, de toutes les façons

comme le choléra était là pour durer, il fallait faire les élections maintenant.

.
L’ensemble de ces candidats ont montré leur mépris pour le peuple 

qu’ils prétendent gouverner en aceptant de jouer un jeu

qu’ils savaient dès le départ vicié

mais dont ils espéraient, selon les sondages, en sortir gagnants.

Au moins l’un d’entre eux.

 

C'était faire preuve de manque de moralité et d'intelligence.

Le président Préval a dans cette affaire, 

comme dans toutes ces joutes  précédentes avec l’opposition,

remporté une victoire.

Il a mené  les candidats où il voulait qu'ils aillent.

Il a montré à ceux qui pensent qu’il est un mauvais président,

que tous ceux-là qui souhaitent le remplacer à la tête de l’Etat, ma foi, ne valent guère mieux.


En effet, peut-t-on penser que des personnes capables,

lors d’un enjeu aussi déterminant pour le futur d’Haïti,

de faire leurs les devises :« la fin justifie les moyens » ou alors

"qu’importe l’odeur pourvu qu’il y ait du fric » ou encore

«  qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse »

seront-  plus honnêtes, compétentes une fois assisses

dans le fauteuil présidentiel que Préval ?

 

Le président a fait la démonstration que, si cet aéropage de candidats

acceptait de concourir dans des conditions qu'ils trouvaient

eux-mêmes injustes, que ne feraient-ils pas une fois présidents ?

 

Peut-être même pire que lui.

J’avais déjà noté le fait que, à plusieurs occasions-

élections législatives de 2009, dossier du salaire minimum,

le Président Préval  acculait

dans les cordes ces adversaires et parvenait à mette à nu

leurs véritables intentions.

Il les deshabillait sur la place publique.

Après cela, chacun reprenait sa place sur le banc, penaud.

Loin de moi, l’idée de faire une quelconque apologie

de la méthode de démonstration par l’absurde de Préval,

de l'absence de convictions et de principes du personnel politique haïtien.


Oui, bien sûr, cette méthode aurait pu être intéressante

si elle était mise au service d’une politique sociale et économique favorable à la population.

Paralyser les cons pour avancer.
Malheureusement, ce n’est pas le cas.


Ici, on assiste à un rapport de force  pervers à la Duvalier

- comme de faire des officiers abattre leurs propres cousins

pouvait montrer le niveau de soumission auquel  des hommes acceptaient de s'abaisser-

l'humiliation des candidats consiste à les convaincre d’aller se présenter à des élections

dont ils claironnent eux-même bien des jours avant, craindre des fraudes.

Chapeau l'artiste !

 

De toutes les façons ces élections étaient exigées par la communauté

internationale et Préval ne faisait que suivre les consignes.


Et comme ils n’ont rien compris à la leçon

ni celle de 2004, de 2006 ou de 2009

ils crient  aujourd'hui victoirrrre ! ‘’ Préval pisse dans son pantalon !

«  Révolution Rose au Cap "  (tiens, j’ignorais que Soros était mêlé à cette affaire d’élections haïtiennes)

et autres fadaises puériles.

Candidats joués mais qui le méritent bien.

pour avoir acepté l'innaceptable- selon eux.
Peuple méprisé  comme d’habitude

appelé à jouer les figurants.
Et, encore une fois, l’image d’Haïti à l’extérieur ridiculisée.


Le mot de la fin  de cette triste histoire est celui de l'internaute qui dit :
"REZILTA GAGOT NOU YO KIKOTE SA AP RIVE?"Où croyez-vous que votre tambouille  va vous mener ?


Sinon, dans le portrait  dessiné ci-dessous des 4 candidats favoris,
quelles sont les qualités, les compétences et les expériences
pour faire un meilleur président que Préval ?
Si vous en voyez dites-le moi.
Parce que moi, je n’en vois pas.

Ceci dit, posséder des qualités

est d'une importance somme toute relative,

puisqu'il lui suffira  à l' heureux élu de suivre le plan tracé par

la communauté internationale.

The Four Front-Runners

Michel "Sweet Mickey" Martelly

The kompa jazz singer hopes to pick up the youth vote gathered by US-based hip-hop star Wycliffe Jean, who was disqualified from running because he has not been a resident of Haiti for the last five years.

Mr Martelly says he is leading a "peasants' revolt" against the moneyed elite of Haiti, but his cross-dressing stage act, in which he dropped his trousers in the finale, has led to disapproval from some of the older people among the electorate.

Jude Celestin

The successor picked by outgoing President Rene Preval who cannot run for a third term under the constitution.

Mr Celestin was a little-known technocrat before being picked and is perceived by critics to be a puppet of Mr Preval. His campaign theme of "continuity" does not appear to fit the mood in the country but millions of dollars has been spent on his campaign and he has a powerful party machine behind him.

In the last stage of the campaign he has been projecting himself as "the quiet man".

Mirlande Manigat

The septuagenarian Sorbonne-educated academic, and wife of a former president overthrown in a military coup more than two decades ago, presents herself as a calming older influence in a volatile political scene.

"Mom", as she is known to her followers, has run an unexpectedly successful campaign and is in the lead in several opinion polls but a relative lack of vote-buying capability may count against her chances. Mrs Manigat, an avid reader of Agatha Christie thrillers, has promised a "surprise ending" in the election results.

Charles Henri Baker

A wealthy industrialist who has the backing of the entrepreneurs and promises to create jobs for the masses. His opponents accuse him of massive vote buying in the slums of Haiti and he has been involved in acrimonious exchanges with Mr Celestin. Mr Henri Baker also has to cope with unpopularity from his actions in the past when he was involved in bitter pay disputes with his workforce. The candidate says he has changed his hardline stance on industrial relations and will promote good employer-employee relations if elected.
http://www.commondreams.org/headline/2010/11/27-3


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