J’ai lu ça sur le net dans un article élogieux sur Lula da Silva :
« un peu à contrario des gesticulations chavistes, »
Je suis toujours estomaquée par le « talent »
d’imitateur des journalistes haïtiens.
Quand ils parlent français
il leur faut parler français avec les mots et la pensée même du Français.
Le mot « gesticulation » attribué au président Chavez
n'est pas anodin
il est un copié/collé de ce qu’on peut lire dans
la presse dominante occidentale.
qui va même parfois jusqu'à le comparer à un singe.
Je suis toujours écoeurée de leur absence de distance.
Comme je le dis souvent : après plus de 200 ans de tribulations,
dues en grande partie à une incapacité
d’avoir une politique étrangère indépendante
et orientée vers le bien de la population,
les Haïtiens n’ont encore pas compris
que les gouvernements n’ont pas d’amis
mais des intérêts.
C'est le genre de choses qui ne rentrent pas plus
dans leur tête que d'écrire les Haïtiens avec un H majuscule
ou de dire la ville de Dessalines
au lieu de ce Marchand-Dessalines.
Il leur est tout bonnement impossible
+ de 200 ans après l'indépendance de
se séparer du nom du colon de la zone.
Ca me dépasse littérallement, cette impossibilité à évoluer,
cette façon de ne jamais remettre en question ces acquis et croyances
dans tous les domaines : créole, vodou, et tout le pataquès.
Ca me choque cette tendance sado/masochiste
à creuser un trou de plus en plus profond
jusqu'au moment où ils ne peuvent pas en sortir,
n'ayant pas prévu d'échelle pour remonter.
Ce journaliste ne sait pas que Chavez et Lula
font des affaires entre eux pour le bien de leurs pays respectifs.
Ce journaliste, comme tous ceux d’Haïti
croit se faire bien voir en épousant les jugements
des classes possédantes occidentales sur Chavez.
Il ne comprend pas que ces occidentaux défendent
leurs intérêts qui ne sont pas forcément ceux d’Haïti.
Quand Chavez permet à la ville du Cap Haïtien d’être électrifiée,
Est-ce qu’il gesticule ?
Quand il offre au gouvernement haïtien de lui vendre
Du pétrole à des conditions favorables
Est-ce qu’il gesticule ?
Quand Chavez annule la dette haïtienne au lendemain du séisme,
Est-ce qu’il gesticule ?
Quand il équipe totalement le bloc opératoire d’un hôpital,
comme celui de Miragoâne- ceci je l’ai vu de mes yeux-
Est-ce qu’il gesticule ?
Les Haïtiens ne comprennent même pas
que ce que l’Occident voit en
Chavez, c’est un métis de Noir et d’Indien qui est arrivé à la tête
d’un pays qui possède l’une des plus importantes réserves de pétrole.
et que cette situation les emm...
Ceci Lula le sait. D’ailleurs il avait même dit qu’heureusement
que le Brésil n’avait pas de pétrole, sinon il aurait risqué un coup d’Etat.
Le journaliste haïtien ne comprend pas ce
que sont que la géopolitique, l'économie.
Il ne comprend pas qu’il en va de l’intérêt de son pays
d’avoir des relations indépendantes avec les autres nations;
surtout quand celles-ci
ne vous ont jamais occupé,
ne vous ont jamais maltraité et de plus vous font du bien.
Le journaliste haïtien, s’il était un citoyen responsable,
-ce que à l'évidence, il n'est pas-
aurait dans l’esprit
avant de faire le jaquotrépète,
les centaines d’Haïtiens qui vivent au Venezuela ,
qui ont obtenu des bouses d'études
qui y gagnent leur vie -pas dans les conditions de ceux qui vivent en RD-
envoient régulièrement de l’argent à leurs familles en Haïti
et pour lesquels cela pourrait être inconfortable de lire sous la plume
d’un quidam journaliste de leur pays : « les gesticulations chavistes »
Certains "analystes politiques" haïtiens disent que l’aide de Chavez
ou de Cuba en Haïti n’est pas désintéréssée mais politique.
A-t-on déjà vu une aide désintéressée ?
Ils ajoutent aussi que les gouvernements cubains et venézuéliens
ne mènent aucune action contre le gouvernement de Préval.
Est-ce que ces pays qui refusent toute ingérence dans leurs affaires internes
seraient crédibles en allant se mêler de celles des Haïtiens ?
Ne serait-ce pas plutôt aux Haïtiens de perdre l’habitude
pour un oui ou pour un non,
d’aller comme des gamins
en culotte courte
se plaindre aux gouvernements occidentaux
et de rechercher leurs directives pour résoudre leurs problèmes internes ?
Imaginez ce qu’aurait été la réaction de l’Occident si Chavez ou Castro
se seraient autorisés une quelconque critique à l’endroit de Préval ?
Les Haïtiens et principalement les journalistes haïtiens doivent faire
le difficile apprentissage de penser par eux-mêmes,
de penser pour le bien du pays, pour le bien de la population.
Fort souvent, ils sont persuadés qu'ils vont s'attirer les sympathies
des Occidentaux en entonnant leurs discours.
Ils se trompent. On ne respecte pas celui qui vous imite.
On le paye peut-être. Mais on ne l'en estime pas pour autant.
On respecte celui qui sert les intérêts de son pays.
D'ailleurs l'histoire récente d'Haïti depuis 2004,
le montre bien.
Jamais, même dans la presse de droite,
on n’aurait vu un journaliste de la RD,
utilser ce terme à l’endoit de Chavez dans un article.
C’est un truc qui pourrait se retrouver
à la rigueur dans les commentaires des lecteurs.
Ces journalistes ont ce que ceux d’Haïti n’ont pas : la conscience des intérêts nationaux.
Mais sa ou vle fè ! Que dire ?
Quand on sait que ces journalistes ont appuyé pendant
7 longues années le gel des prêts de la BID à Haïti, au détriment de la santé des Haïtiens,
on ne saurait être surpris par cette absence de maturité.
La population d'Haïti paie très cher le prix de cet infantilisme.
Il ne faut pas simplement à Haïti d’autres leaders et d’autres cadres,
mais aussi d’autres journalistes moins frivoles.
Plus conscients du poids des mots et de leur implication.
VOIR Le Monde Diplo, Haïti le profit contre la santé.
VOIR Sources du Choléra en Haïti, un article de "Axis of Logic"
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