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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Le Monde Diplo, Haïti le profit contre la santé.

Publié par siel sur 31 Octobre 2010, 10:13am

Catégories : #AYITI ACTUALITES

Cet article du Monde Diplomatique date de 2003. link

Au moment où les vierges effarouchées poussent des cris d'orfraie

face au manque d'eau potable en Haïti,

 

Parenthèse

Pour éviter toute mécompréhension

en fransè pale/fransè konpran pousser des cris d'orfraie signifie crier fort. L'orfraie est un oiseau de proie appelé également aigle de mer

Fin de la parenthèse.

 

Il me semble important que les Haïtiens de l'intérieur  et ceux de l'étanger

se rappellent quelques faits

qu'ils auraient tendance à occulter

Ou bien qu'ils ignorent

tout  simplement par manque d'information.

Manque d'information qui touche toutes les strates de la société- 

conséquence du monopole de l'information par un groupe enclin

à présenter les faits sous un angle qui favorise leur idéologie et leurs intérêts propres.

 

Comme je l'ai dit et répété,

notamment à ceux de mes amis- qui ne le sont plus depuis et c'est aussi bien ainsi

puisque c'est au moment des crises

que l'on peut  prendre la mesure du fossé qui sépare les discours affichés

de la sincérité des convictions.


Donc,  quand  en 2001/2002/2003

ils voulaient me convaincre que le  coup d'Etat qui se fera en 2004

était une nécessité absolue pour sortir Haïti de son état misérable,

je leur opposais ma conviction que ce n'est pas en faisant du kraze brize

en abattant un homme et pas un système

que miraculeusement, un pays  depuis 1957

sous la botte de réactionnaires militaro/macoutes/duvaliéristes

pouvait se transformer.

 

Je leur disais que ma conviction personnelle,

c'était  que nous avions l'obligation

de nous confronter au challenge de la démocratie

fortement malmenée dans notre histoire

qu'il nous fallait absolument

éviter de répéter exactement le même fonctionnement

qui, en toute logique, ne peut que conduire aux mêmes résultats

de ne pas nous laisser enfermer et piégé par l'international

en nous lançant tête baissée dans un comportement irrationnel et enfantin

sans réfléchir aux lendemains,

un comportement

tel que les "étrangers " attendent de nous

qui sommes considérés depuis notre indépendance

au mieux comme des irresponsables au pire comme des bouffons.

Détruire c'est toujours hyper facile

Construire demande du sang froid, de l'abnégation et une visiion à long terme.


L'opposition se devait comme dans n'importe quel autre pays au monde

de se donner les moyens de convaincre la population que ses choix politiques

étaient  meilleurs pour le pays que ceux de Lavalas.


Mais à peine avait-t-on dit ça ,que l'on était traité de "chimère"

diabolisé et envoyé à la confesse

et autres inepties obscurantistes

dignes de l'époque de l'inquisition

venant de personnes qui n'hésiteront pas

par la suite à serrer dans leurs bras

des mercenaires connus pour leurs crimes

rebaptisés pour l'occasion de "combattants de la liberté"`

ou de "Don Quichotte".


Or, les événements nous ont montré que si le petit peuple

des grenn-nanbounda (GNbistes)

avaient des c... au derrière, ce n'était sans doute pas les leurs.

 

Or, il se trouve, que pendant toute cette période de "voye monte"

de désordre émotionnel et social orchestré par les comédiens de 1957,

les prêts  indispensables au fonctionnement du pays étaient bloqués.

Et notamment, ceux qui étaient dévoués à l'assainissement de l'eau.

 

Ceux qui ont souffert de cette situation

n'étaient pas les VIP du Collectif Non

à la célébration du bicentennaire de l'indépendance

d'Haïti qui, depuis au contraire, jouent aux étranges globe trotters

dans les 4 coins du monde

ni ceux du G184 dont les piscines sont régulièrement remplies.

Ceux qui ont souffert de cette situation sont ceux

qui aujourd'hui meurent du choléra.

 

Cette impossibilité totale/capitale qu'ont les intellectuels haïtiens

de ne pas voir  plus loin que leur nez,

qu'ils ont d'ailleurs fort court;

cette impossibilité qu'ils ont, en dépit des enseignements de leur histoire

dont ils sont pourtant imbus

d'admettre que les pays n'ont pas d'amis mais des intérêts;

cette absence totale de prise de conscience de l'importance

du bien commun;

cette  certitude provinciale dans leurs capacités supérieures

de détenir la vérité

- comme s'ils étaient des envoyés de Dieu en personne-

cet égoisme arrogant,

cette fatuité qui ne les quitte jamais,

leur analphabétisme économique comme dit Castro

sont, à côté de la politique de l'international,

ce qui explique la stagnation

voire la régression du pays.

 

Ces gens-là, tous plus ou moins issus du  formatage

de l'homme de la "pate est mauvaise" (Duvalier Frnçois)

qui poursuivent dans le déni

et dans la recherche de  boucs émissaires

les coupables

d'une situation dramatique

générée par  leur propre stupidité et vénalité

sont en grande partie responsables,

plus que l'Etat dont ils se servent comme d'un instrument,

des vicissitudes d'Haïti.

 

Ce sont ceux-là même, qui par leurs actions immatures

ont bloqué

pendant plus de sept ans  les prêts à Haïti

qui, aujourd'hui, ont l'indécence de s'ériger en donneurs de leçons.

 

"Mais,  c'était pour le bien du peuple"

vous diront-ils.

Ah bon ! Bloquer l'aide à un pays

c'est pour le bien de sa population ?

 

"Oui, mais l'aide aurait été détournée"

Ah bon ! Ce qui signifierait que la BID et autres organismes

n'exercent aucun contrôle sur les l'usage des sommes qu'ils allouent ?

Ces institutions seraient donc complices de la corruption.

 

A d'autres !

Le blocage des fonds n'avait qu'un seul but : faire tomber Aristide.

Tout le reste n'est que balivernes.

De même que les larmes de crocodiles

versées

sur les victimes du séisme et du choléra

et les fausses indignations de ces mêmes gens-là.

Qui, hélas,  quand on les entend,

avec leur promesse de reconstruire l'armée

s'apprêtent à poursuivre la même politique de

non respect des besoins fondamentaux du peuple

et de conservation de leurs privilèges.

 

Et que "La Madone des zen"

et ses potes de Lakouzen

une succursale haïtienne des "Tea parties" des US

ne vienne pas avec ses insinuations sur

les liens entre l'auteur de l'article , M. Farmer

et M. Aristide.

Ici il ne s'agit pas de "marbre" dans leur "parti génitale"

 Ici il s'agit de faits et de chiffres documentés.


L'article :

 

 

Haïti, l’embargo et la typhoïde

Le régime de François Duvalier (« Papa Doc »), auquel succéda son fils Jean-Claude (« Baby Doc ») en avril 1971, fut qualifié, fort à propos, de « kleptocratie ». Leur gestion de l’aide étrangère, dont une bonne part provenait des Etats-Unis, n’échappait pas à cette définition  (1). Après vingt-neuf années de duvaliérisme, Haïti passa en février 1986 sous administration militaire puis, rapidement, connut la dictature. Durant tout ce temps, l’aide étrangère continua d’affluer, quand bien même seule une infime proportion semblait atteindre sa destination supposée.

En 1990, une série d’élections démocratiques et l’arrivée au pouvoir d’un prêtre catholique, le père Jean-Bertrand Aristide, dirigeant du mouvement Fanmi Lavalas (famille L’Avalanche), apportèrent un nouvel espoir à ceux qui se battaient pour améliorer les conditions sanitaires dans le pays. Le coup d’Etat militaire de 1991 y mit un terme abrupt. Dans le centre du pays, où nous dirigeons un hôpital communautaire, les conditions économiques et sociales se dégradèrent rapidement. A la même période, paradoxalement, le nombre de patients suivis dans notre clinique chuta. Il faut dire que celle-ci était la cible d’opération de répression et de menaces  (2).

L’impact immédiat du coup d’Etat fut sévère, avec des milliers de tués et des centaines de milliers de personnes déplacées. Les trois années suivantes furent catastrophiques sur le plan sanitaire : résurgence d’épidémies de rougeole et d’autres maladies pour lesquelles il existe des vaccins ; flambées épidémiques de dengue. La mortalité infantile et juvénile mais aussi la mortalité en couches sont les plus élevées de l’hémisphère Nord. Le VIH-sida et la tuberculose devinrent les premières causes infectieuses de mortalité chez les jeunes adultes - les viols commis par les militaires et les « attachés »  (3) alourdissant encore ce fardeau. Beaucoup de ces maladies sont liées à la malnutrition. Au cours de ces années perdues, le réseau national de cliniques et d’hôpitaux publics fut laissé à l’abandon, et la plupart des professionnels de santé désertèrent alors Haïti.

Tout cela devait changer en 1994. Sous couvert de la résolution 940 du Conseil de sécurité des Nations unies, les troupes américaines débarquèrent en Haïti en septembre, mettant fin au régime de facto. Le 15 octobre, le Père Aristide fut replacé à la présidence d’un « champ de ruines ». Une grande coalition internationale de bailleurs de fonds annonça un plan de 500 millions de dollars d’aide pour Haïti. Sans une injection massive de capitaux, tout le monde en convenait, il serait impossible de reconstruire une infrastructure de santé et des services sociaux dévastés. La Banque interaméricaine de développement (BID) et d’autres agences de financement mirent en route et approuvèrent un certain nombre de projets destinés à réhabiliter le système éducatif et de santé, ainsi que les transports (la plupart des routes étaient détruites). Mais, pour toute une série de raisons liées à la crise politique haïtienne  (4) - et dont aucune ne correspondait à un intérêt vital sur le continent -, cette aide ne s’est jamais matérialisée. L’assistance qui, pour atteindre les Haïtiens pauvres, aurait dû affluer vers le secteur public fut au contraire distribuée via des organisations non gouvernementales. Huit années plus tard, les maladies infectieuses ravagent le pays, l’espérance de vie a décliné comme nulle part ailleurs dans l’hémisphère - elle est passée, en 2002, à moins de 50 ans -, et le personnel médical est totalement démoralisé.


Avec 100 lits et douze médecins haïtiens, l’hôpital de Zanmi Lasanté est l’un des plus grands hôpitaux privés (à but non lucratif) d’Haïti. N’ayant reçu d’aide significative ni de la part du gouvernement haïtien, ni de la BID, ni même de l’Usaid (l’organisme d’assistance internationale des Etats-Unis), nous sommes, a priori, des observateurs neutres de ces événements. Nous sommes toutefois directement victimes de l’effondrement du système de santé publique. Les fermetures de cliniques et d’hôpitaux se multiplient dans la région, ainsi que les refus de prise en charge des patients trop pauvres pour payer. Ces derniers se tournent donc vers notre hôpital. La commune de Thomonde, par exemple, et ses 40 000 habitants, dans le département du Centre, n’ont disposé, durant toute l’année 2000, d’aucun docteur ni d’infirmière.


Après les élections législatives contestées du 21 mai 2000, les Etats-Unis, l’Union européenne et les organismes financiers internationaux ont gelé l’aide prévue pour Haïti  (5). Ce véritable embargo atteint la population la plus vulnérable de tout le continent, le peuple le plus pauvre, celui dont l’économie, l’environnement, le tissu social sont les plus fragiles. Son impact, selon les bailleurs eux-mêmes, est dévastateur : « Au total, la principale raison de la stagnation économique est la suppression des subventions et des prêts de l’étranger qui a accompagné la réponse de la communauté internationale à l’impasse de la situation politique, signale un rapport de la Banque interaméricaine de développement. Ces fonds sont estimés à plus de 500 millions de dollars  (6. »

Pression politique

Si la BID elle-même peut en venir à une telle conclusion, pourquoi fait-elle partie des institutions qui punissent Haïti ? La congressiste américaine Barbara Lee a répondu à cette question au printemps 2002 : « Les Etats-Unis ont usé de leur pouvoir de veto sur le conseil d’administration de la BID pour bloquer tous les emprunts destinés à Haïti et ont gelé toute possibilité de trouver des fonds auprès d’autres institutions financières (...), les suspendant à une résolution de la situation politique en Haïti. C’est une situation unique, car ces emprunts avaient été approuvés par le conseil de direction de la banque et le gouvernement haïtien avait ratifié l’accord sur la dette et signé les documents contractuels. [Pourtant,] la charte de la BID stipule spécifiquement que la Banque s’interdit d’intervenir dans les affaires politiques des Etats membres. L’administration Bush a décidé d’exercer une pression politique sur un Etat membre en mettant l’embargo sur des emprunts que la Banque a l’obligation contractuelle de délivrer  (7). »


Prenons par exemple le prêt n°1009/SF-HA de la BID, destiné à la « réorganisation du système national de santé ». Il porte sur 22,5 millions de dollars, destinés à la première phase d’un projet de « décentralisation et réorganisation » du système de santé haïtien. Il y a urgence, car celui-ci ne compte que 1,2 docteur, 1,3 infirmière et 0,4 dentiste pour 10 000 habitants ; 40 % de la population n’ont aucun accès aux soins de base ; les taux d’infection par le VIH et de tuberculose sont de loin les plus élevés d’Amérique latine.

Le projet de la BID, exprimé dans son jargon, visait à un accès aux soins de base pour 80 % de la population, grâce à la construction de cliniques rudimentaires et de dispensaires de soins locaux, et à l’acquisition d’équipement médical et de médicaments essentiels. Pour atteindre son but, selon ses propres critères, le projet devait conduire à une diminution du taux de mortalité infantile de 74 à 50 décès pour mille naissances d’enfants vivants ; à une diminution de la mortalité juvénile de 131 à 110 décès pour mille naissances ; à une diminution du taux de natalité de 4,6 enfants par femme à 4 ; et à une diminution de la mortalité attribuable au manque de soins médicaux de 10,7 à 9,7 pour mille. Des objectifs qu’on ne peut qualifier d’exagérément ambitieux. Ceux qui évaluèrent le projet le trouvèrent généralement praticable et bien construit. Et la nécessité parlait d’elle-même.


Un autre des prêts bloqués est destiné à améliorer l’accès à l’eau potable. Il n’est pas besoin d’être diplômé en santé publique pour savoir que la consommation d’eau contaminée est probablement le tueur numéro un des enfants haïtiens ; la typhoïde tue également un nombre important d’adultes et d’adolescents. Les experts du Centre pour l’écologie et l’hydrologie du Conseil pour la recherche sur l’environnement naturel, au Royaume-Uni, ont développé un nouvel « indicateur de pauvreté en eau » (water poverty index) qu’ils ont pu évaluer, l’an dernier, pour 147 pays. Haïti occupait la 147e place. Quand nous arrivent encore de nouveaux enfants atteints de typhoïde ou d’autres maladies dues à la contamination des eaux, le personnel médical les surnomme « enfants de la BID » - ce qu’il n’a pas hésité à signaler au directeur local de la Banque, venu visiter notre hôpital l’an dernier.

 

Pourtant, ces prêts n’ont pas été débloqués. Pourquoi ? Pour que les fonds puissent être délivrés par la BID, il fallait que l’accord d’emprunt soit ratifié par le Parlement haïtien. Or, à partir de juin 1997, le poste de premier ministre demeura vacant. En octobre 1998, le ministère haïtien de la santé présenta le projet à la 46e législature - chambre dite « obstructionniste » du fait de son opposition au gouvernement. Pendant plusieurs semaines, le Parlement ne réussit tout simplement pas à se réunir. Quand, finalement, il le fit, il échoua à obtenir le quorum. La crise perdura avec la dissolution de la Chambre des députés et l’incapacité du pouvoir d’organiser de nouvelles élections législatives. Prévues en septembre 1999, elles auront finalement lieu le 21 mai 2000, dans une ambiance confuse, donnant la victoire aux partisans de M. Aristide, qui gagnera lui-même le scrutin présidentiel du mois de novembre suivant.

Port-au-Prince doit payer !

En octobre 2000, dès l’ouverture de la 47e législature, plus représentative des aspirations populaires, le nouveau Parlement vota immédiatement la ratification de l’emprunt concernant le projet sur la santé ainsi que l’accord pour trois autres emprunts vitaux - soit un total de 146 millions de dollars, pour l’éducation, l’eau potable et le réseau routier. L’argent n’est toujours pas là, mais les choses étaient en route, disaient les banquiers aux Haïtiens. L’annonce en fut faite par un décret officiel publié par le journal gouvernemental le 8 janvier 2001. Trois mois plus tard, la BID, qui n’avait pas encore délivré les emprunts, annonçait cependant son intention de travailler avec le nouveau gouvernement et de financer les projets déjà en cours. Elle demandait cependant qu’un certain nombre de conditions soient réunies. Le gouvernement devait notamment lui payer 5 millions de dollars d’arriérés. Le 15 mai 2001, nonobstant le fait qu’elle n’avait pas encore versé un sou, la BID avisa le gouvernement haïtien qu’on exigerait qu’il paye une commission de 0,5 % du montant total des crédits (pas encore délivrés) à échéance de douze mois à partir de la date d’acceptation des emprunts.

Ainsi à la date du 31 mars 2001, Haïti devait déjà à la BID 185 239,75 dollars d’honoraires sur un emprunt jamais reçu. Le montant total des commissions correspondant aux cinq emprunts de développement contractés auprès de la BID dans les précédentes décennies s’élevait à 2 311 422 dollars. La Banque avisa le gouvernement que le paiement devrait commencer le 15 septembre 2001 et qu’il viendrait à échéance le 5 octobre. A la mi-mai, alors que le bruit courait que la BID allait fermer ses bureaux en Haïti, la Banque annonça que ses représentants dans le pays et les principaux membres du staff local étaient rappelés à Washington « pour consultations ».

A en juger par les suites, ces « consultations » n’apportèrent guère de lumières. L’agence Associated Press devait même titrer sur « le déblocage de prêts dont la mise à disposition peut prendre plusieurs années ». Le chef du bureau de la BID en Haïti demanda le paiement de 20 millions de dollars d’arriérés sur les dettes antérieures et une réforme des pratiques économiques du gouvernement avant qu’Haïti puisse avoir accès aux crédits déjà approuvés. La plupart des emprunts sur lesquels des arriérés étaient « dus » dataient évidemment de l’époque des dictatures et de la junte militaire. A supposer même que l’emprunt pour l’éducation réussisse à passer, le chef de la BID reconnut que, « si on n’y ajoute pas les autres prêts, Haïti paiera sans doute plus qu’elle ne recevra (8 ».


Ce ne sera pas la première fois qu’Haïti devra payer plus qu’elle ne reçoit. En 1825, Charles X exigea des anciens esclaves de la France une indemnité de 150 millions de francs avant que la République d’Haïti, la plus vieille d’Amérique latine, obtienne la reconnaissance diplomatique de son existence. Un diplomate français nous confiait récemment, sans ironie aucune, que, sous la présidence de François Mitterrand, « Haïti devait encore une part de cette dette ».


Revenir sur l’histoire coloniale peut sembler inutilement polémique. Détailler les dispositions d’un emprunt pourrait paraître tatillon. Secteur par secteur, l’embargo sur les prêts frappe les pauvres : l’infrastructure publique du pays est réduite à néant ; il n’y a d’argent ni pour l’approvisionnement en eau potable ni pour l’éducation primaire... Alors que l’embargo sur l’aide internationale frappe toute une population, celle-ci ne peut pas, comme le disent les Haïtiens, « faire jaillir le sang d’un rocher ».

Paul Farmer.

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